Une facture post-Fukushima de 10 milliards d'euros pour EDF

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Au terme de son rapport post-Fukushima, l'Autorité de sûreté nucléaire exige de nouveaux équipements sur le parc français. Elle réclame en outre à EDF la création d'une "force d'action rapide" dès 2012.

C'est l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. Les conclusions rendues mardi par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au terme de son examen du parc nucléaire français à la lumière des premiers enseignements de la catastrophe nucléaire de Fukushima sont doubles. D'abord un satisfecit général puisque que le gendarme du nucléaire affirme que le "niveau de sûreté des installations est suffisant pour ne pas exiger l'arrêt immédiat d'aucune d'entre elles". Ce qui était attendu. Mais l'ASN ajoute que "la poursuite de leur exploitation nécessite d'augmenter dans les meilleurs délais, au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà, leur robustesse face à des situations extrêmes".

Pour améliorer la résistance du parc français aux risques mis en lumière à Fukushima (séisme, inondations, perte d'alimentation électrique et d'apport en eau), l'ASN exige d'EDF de nouvelles dispositions pour les 59 réacteurs français (y compris l'EPR en construction), qui nécessitera d'investir des "milliards d'euros", selon le président de l'ASN, André-Claude Lacoste. Principalement, il s'agit de mettre en place un centre de gestion de crise "bunkerisé", à la fois centre de commande et de communication pour chacune des 20 centrales nucléaires ; un diesel « d'ultime secours » par réacteur qui puisse fonctionner quelques soient les conditions extérieures, y compris en cas d'accident grave ; et, selon le même principe, une alimentation en eau.

EDF, qui a jusqu'au 30 juin 2012 pour définir ces éléments, chiffrer leurs coûts et proposer un calendrier de déploiement, a fait savoir dès mardi que le "surcoût" serait de 10 milliards d'euros maximum par rapport aux investissements déjà programmés. "Pour pouvoir exploiter notre parc de 58 réacteurs jusqu'à 60 ans, nous avions quantifié les dépenses nécessaires à environ 40 milliards d'euros" sur une trentaine d'années et "nos premières estimations montrent qu'on devrait rester dans une fourchette de 40 à 50 milliards d'euros", a déclaré à l'AFP le directeur de l'ingeniérie du parc nucléaire d'EDF, Jean-Marc Miraucourt.

Le ministre de l'Énergie, Éric Besson, a prévu de réunir lundi 9 janvier les exploitants nucléaires (EDF, CEA, Areva) afin de définir le calendrier de ce programme. L'ASN a prévenu qu'elle comptait sur "des délais raisonnables et normaux" et à défaut, imposerait des "mesures intermédiaires et provisoires". Par exemple, si le déploiement d'un diesel par réacteur prend trop de temps, il s'agirait d'en installer un par site ou un équipement sans protection externe, a précisé André-Claude Lacoste. "Quels risques prend-on tant que ces travaux n'ont pas été faits ?", s'interroge Bernard Laponche, de l'association de scientifiques et d'experts Global Chance.

"dispositions renforcées"

L'ASN exige en outre qu'EDF déploie à partir de 2012 la "force d'action rapide nucléaire" proposée par l'électricien qui permettra des interventions en moins de 24 heures dans les centrales. Le gendarme du nucléaire demande également la mise en place de "dispositions renforcées" afin de réduire les risques de "dénoyage" (mise à sec) des piscines d'entreposage des combustibles dans les centrales et à La Hague. Enfin, l'ASN impose la réalisation d'études de faisabilité pour des dispositifs permettant de protéger les eaux souterraines en cas d'accident grave.

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Commentaires
a écrit le 17/01/2012 à 17:54 :
Dormez tranquille, nos centrales sont les plus sûres du Monde. Et c'est vrai que nos centrales sont correctement construites. On ne peut pas en dire autant de la maintenance ou le recours à la sous-traitance de la sous-traitance de la sous-traitance est devenu problème majeur.Et puis il y a le cas extrême, l'impondérable, le truc qui n'arrive jamais... Sauf qu'il arrive. Le bateau de Costa Croisière ne devrait pas se trouver là où il est, IM-PEN-SA-BLE, IN-CON-CE-VA-BLE, et pour pourtant 1/2 Milliard d'Euros de ferraille sur les cailloux...en Méditérannée et par beau temps encore! Bilan, certainement 30 morts à cause d'un caillou que la capitaine à pas vu...ou pas sur les cartes.Un grosse connerie surtout. Un grain de sable dans une Centrale Nucléaire qu'aurait pas été vu, une grosse connerie ça donne quoi?
a écrit le 08/01/2012 à 0:11 :
Le nucléaire va perdre son avantage sur le plan économique par ce que ses coûts sont en hausse constante (et avec Fukushima c'est pas près de s'arranger !) contrairement aux ENR dont les prix baissent continuellement. Fatalement les ENR deviendront compétitives fasse à toutes les autres énergies, c'est juste une question de temps. En Allemagne c'est en ce moment que ça se passe. En France, grâce à 30 ans de truandage sur les couts et une propagande honteuse pour nous gaver d'électricité, ça se produira au plus tard en 2020. Le petit hic c'est que ça nous fait complétement louper la révolution industrielle et culturelle des ENR, contrairement à nos amis Allemands ou...Chinois. Notre gouvernement et nos brillants membres du Corps des Mines, aveuglé par leur "scientisme Nucléaire", ont-ils sérieusement analysé les raisons du dynamisme des entreprises Allemandes, en particulier dans les ENR, principal pourvoyeur d'emplois non délocalisables ?
a écrit le 06/01/2012 à 12:28 :
C'est ce qu'on appelle l'électricité nucléaire, pas cher et ce n'est qu'un devis dont le montant peut doubler voire tripler en fonction des difficultés d'une opération de remise à neuf comme par exemple, celui du vieux site de Fesseheim dont les structures du coeur nucléaire sont très fortement irradiés et usées. Le bon sens qui manque tant à nos hommes politiques voudrait que l'on ferme ce site qui met en danger toute l'Europe car situé sur une faille sismique et à 15 m sous le niveau du grand canal d'Alsace ce qui pourrait faire en cas de bris de la digue par un tremblement de terre, une vague pire qu'à Fukushima puisque le Rhin a un débit moyen de 600 mètres cubes par seconde.
a écrit le 05/01/2012 à 14:17 :
Etonné par la véhémence de certain commentaires antinucléaire, cependant merci à photoscope pour nous éclairer sur la finalité des écolos : utiliser tous les moyens pour faire peser auprès du grand public la perception qu?ils doivent avoir du prix du KWH nucléaire.
Désolé du peu, c?est plus que mensonge, et ne croyez pas que le mixt énergétique, notamment photovoltaïque et éolien sont innocent, et vierge de toute contrainte sur l?environnement ou sur le prix du KWH.
Bien au contraire regardez votre facture et notamment la CSPE qui paye les énormes subventions du photovoltaïque et de l?éolien.(qui profite surtout aux investisseurs étrangers)
Et ce n?est pas fini, la loi NOME pour détruire EDF (pour une fois une entreprise nationale dont le produit fini est le moins cher d? Europe se voit obligé de vendre 25 % de sa production la moins chère à la concurrence et payer l?organisme indépendant au pourcentage due la transaction pour définir le prix?.Voilà le vrai gâchis, le détournement de bien social mandaté par le gouvernement , 10milliards par an à la concurrence et à terme le prix sera fixé pour que l?état et l?Europe soient gagnants et le clients Français ponctionné.
Dans le même temps EDF a vendu bon marché ses 50% de la CNR (toute la production hydraulique du Rhône payée par 50 de facturation aux Français?.
Ce qui est certain est que le risque nucléaire est bien présent, comme celui des accidents de la route ou d?avion ou de pollution chimique ou de pollution de CO2, on nous rétorque ici que les risque sont limités, nous avons des morts propres.
Par Millions depuis quelques décennies, et des malformations sur les êtres humains de la pollution chimiques, bien plus prégnante que le nucléaire civil, par million la aussi.
Les radiations elles se mesurent très facilement à des degrés les plus infinitésimaux et c?est tant mieux.

Constat, depuis trente ans le nucléaire Français et notamment EDF a prouvé sa capacité de maîtrise de cette technologie et grâce au retour d?expérience interne qui se chiffre en un millénaire d?exploitation cumulée, mais aussi externe, provenant de l?étranger.
Chaque incident mineur ou accident majeur fait l?objet d?une analyse complète et de milliers de modifications tant sur l?aspect technique (notamment après THree Miles Island) que sur le volet comportement et gestion des scénarios de crises que sur la communication ;ont fait l?objet de multitudes adaptations et le sont quotidiennement, dont le cout a été bien plus élevé que ceux annoncés aujourd?hui.

L?état actuel du parc Nucléaire est maintenu à haut niveau, quelque soit le site, car sans cesse réajusté en fonction des évolutions de la technologie et du vieillissement contrôlé des installations et malgré tout l? europe nous ponctionne car trop compétitif et sans CO2 avec l?acquiescement des écolos.
L?audit gouvernementale de fin d?année, n?a rien de désastreux pour la France, bien au contraire, mais l?appartenance à une entreprise nationale d?ampleur, qui est rodée a la résolution collective de scénarios catastrophes est un gage à préserver.
Rien d?étonnant à donner de l?investissement ou le retour d?expérience montre les lacunes.
(Le Hasard :FUKUSHIMA vient d?être nationalisé au Japon)
Ce qui est certain aussi, c?est EDF qui va investir, pas les spéculateurs qui ont fait baissé l?action en 5ans de 88 à 18 euros, ramenant la valeur de toute l?entreprise à 70Milliards d?euros : une honte ,une miette pour un Chinois appétissant à qui on doit bien plus.
Toujours d?accord pour passer au vent !
Réponse de le 05/01/2012 à 14:57 :
Rien à ajouter.... merci.
a écrit le 04/01/2012 à 11:32 :
le titre est un peu trompeur!
la facture en fin de compte, ce n'est pas edf qui va la payer, mais les consommateurs, et avec les intérêts en plus!
que devient le coût de l'électricité nucléaire, avec ces 10 milliards en plus?
cela rapproche de plus en plus de la parité réseau toutes les autres sources d'énergie renouvelables!
Réponse de le 04/01/2012 à 12:33 :
D'autant que si on se fie à de précédents grands travaux (tunnel sous la Manche, EPR, etc ...), il faut d'ors et déjà multiplier par 2 ou par 3 la note. Sans compter qu'au prochain incident majeur dans une centrale, où qu'il soit dans le monde, il faudra rajouter des systèmes de sécurités, donc remettre la main à la poche !!
Réponse de le 04/01/2012 à 16:29 :
EDF doit plancher sur le coût depuis quelques mois. 10 milliards, celà ne fait que 170 millions par réacteur grosso modo le coût d'une maintenance décennale...
a écrit le 04/01/2012 à 10:59 :
Une autre interprétation est possible : l?ASN reconnaît que les mesures actuelles sont nettement insuffisantes (sinon pourquoi prévoir plusieurs milliards) donc QUI prend la responsabilité de continuer face à des risques connus et non couverts : M. LACOSTE ou M. POGLIO ?
Réponse de le 05/01/2012 à 14:59 :
Seul l'exploitant, donc EDF est rezsponsable: si vosu vosu plantez sur la route parceque vous rouliez bien trop vite, votre famile poursuivra t-elle la police routière pour ne pas avoir mis un radar sur place???
a écrit le 04/01/2012 à 9:58 :
Le référentiel retenu à la conception prend en compte les évènements historiques connus en les majorant très légèrement pour dimensionner les installations. De plus il postule que ces évènements ne peuvent affecter simultanément deux systèmes de sauvegarde selon le concept de défaillance unique. Les autres évènements, certes de faible probabilité, sont classés "hors dimensionnement". Pour ces évènements on se satisfait donc de l'inconnu concernant la maîtrise des installations quelles qu'en soit les conséquences. L'analyse "post Fukushima" vise à garantir la maîtrise des fonctions essentielles et limiter sinon empêcher les rejets dans l'environnement quelle que soit l'intensité et la nature des évènements pouvant survenir. Cette évolution du référentiel est un élément majeur contribuant à assurer, avec une sûreté renforcée, la poursuite de l'utilisation de l'énergie nucléaire qui a par ailleurs des avantages certains.
a écrit le 04/01/2012 à 7:56 :
Nous ne savons toujours pas quel financement est nécessaire pour en démanteler une seule, la fuite en avant continue de plus belle !!!
Réponse de le 04/01/2012 à 10:22 :
c'est impossible à démenteler tout simplement et autant consacrer autant d'argent sur cette voie vu que^personne ne veut voir au delà du vent et du charbon ou gaz..
Réponse de le 05/01/2012 à 15:11 :
De multiples installations nucléaires ont été démantelées de par le monde: par exemple, le réacteur de 900 MW de Maine Yankee, dont le site est totalement démonté. En France, l'expérience acquise avec la centrale de Chooz de type équivalent aux réacteurs REP actuels est gage d'expertise pour l'industrie farnçaise.
Voir le rapport complet (les photos de démontage du Bâtiment réacteur sont intéressantes!!!) ici, c'est en anglais mais les images sont parlantes!
Réponse de le 05/01/2012 à 17:29 :
Pardon, lien oublié!

http://www.maineyankee.com/public/MaineYankee.pdf

ou vraiment détaillé:

http://www.maineyankee.com/public/pdfs/epri/my%20epri%20report-2005.pdf

Bonne journée!

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