Toutes les centrales nucléaires françaises sont en état de marche, mais...

La sûreté des 58 réacteurs français est suffisante, a annoncé ce mardi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à l'issue d'un audit réalisé à la demande du gouvernement. Des investissements lourds sont toutefois nécessaires pour prévenir des situations "extrêmes", a précisé l'Autorité. EDF a déclaré que les demandes de l'ASN concernant son parc français devraient engendrer un surcoût d'environ 10 milliards d'euros.
Centrales nucléaires près de Lyon. Copyright Reuters
Centrales nucléaires près de Lyon. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Chargée par le gouvernement de réaliser un audit sur la sécurité du parc nucléaire français, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n'a pas exigé l'arrêt de la moindre centrale, y compris Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne du parc français, en fonction depuis 1978.

"A l'issue des évaluations complémentaires de sûreté des installations nucléaires proritaires, l'ASN considère que les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu'elle ne demande l'arrêt immédiat d'aucune d'entre elles", déclare l'Autorité dans un avis publié avant la présentation des conclusions de l'audit.

"Dans le même temps, l'ASN considère que la poursuite de leur exploitation nécessite d'augmenter dans les meilleurs délais, au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà, leur robustesse face à des situations extrêmes." L'Autorité donne six mois aux exploitants pour recenser les mesures nécessaires en cas de catastrophe.

Dans un communiqué, le Premier ministre François Fillon a assuré que le gouvernement veillerait à ce que "l'intégralité des demandes" formulées soit respectée et ce, dans "le calendrier qui est imposé".

Le rapport de l'ASN précise qu'EDF, l'exploitant des 58 réacteurs, devra présenter avant le 30 juin les dispositions permettant de mettre en place un "noyau dur" dans chaque centrale afin de "maîtriser les fonctions fondamentales de sûreté dans des situations extrêmes".

EDF, ajoute l'ASN dans son rapport, devra aussi mettre en place progressivement la "force d'action rapide nucléaire" qu'elle a proposée d'ici fin 2014, ce dispositif devant permettre d'assurer la relève des équipes d'un site accidenté et la mise en oeuvre de moyens d'intervention d'urgence en moins de 24 heures.

Plusieurs milliards d'euros

Pour le président de l'Autorité, André-Claude Lacoste, le coût des mesures imposées aux exploitants des centrales est "massif". "Un seul exemple : un diesel d'ultime secours coûte entre 30 et 50 millions d'euros. Il en faudra un pour chaque réacteur, soit un coût total de l'ordre de 2 milliards d'euros", déclare-t-il dans un entretien au quotidien Le Monde.

De son côté, EDF a déclaré que les demandes de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) concernant son parc français devraient engendrer un surcoût d'environ 10 milliards d'euros.

Le coût des mesures exigées représentera "moins de 2% d'augmentation des factures d'électricité" par an, a déclaré pour sa part le ministre de l'Industrie et de l'Energie, Eric Besson. "Cela n'est pas rien, mais ce n'est pas la catastrophe économique qu'un certain nombre d'observateurs évoquent", a souligné le ministre sur RTL.

Caractéristiques propres à chaque centrale

Plus tôt dans la matinée, la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, avait indiqué sur RMC que "si l'ASN recommandait la fermeture (de Fessenheim, ndr), "nous fermons bien sûr". "Pour moi la sûreté nucléaire ne fait pas l'objet d'un échange économique. Il n'y a pas de travaux trop cher en matière de sûreté nucléaire." a-t-elle ajouté tout en précisant que ce constat vaut "pour toutes les centrales françaises". Et de rappeler que chaque installation française avait des caractéristiques locales propres (risques de submersion pour celle du Blayais, en Gironde, ou le risque sismique au Tricastin, dans la Drôme).

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Commentaires 12
à écrit le 01/02/2012 à 4:19
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Fessenheim menace directement 3 pays et une conférence tripartite devrait décider de son sort. Dépenser des sommes folles pour un réacteur en fin de vie n'est pas économique mais politique, donc dangereux.

à écrit le 04/01/2012 à 13:31
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c'est clair sa fonctione mais vu les travaux de mise au minium des normes aplicable et vu le temps de mise oeuvre et etc sa peut peter puisque travaux loint d'etre fait . donc si j'ai un commerce classe j'ouvre fait du fric la comission securite pas...

à écrit le 04/01/2012 à 11:03
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Une autre interprétation est possible : l?ASN reconnaît que les mesures actuelles sont nettement insuffisantes (sinon pourquoi prévoir plusieurs milliards) donc QUI prend la responsabilité de continuer face à des risques connus et non couverts : ...

à écrit le 03/01/2012 à 17:24
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"en état de marche....sauf dans des situations extrèmes." J'ai l'impression qu'on cherche à nous berner, car ce rapport confirme en fait la dangerosité de nos centrales. C'est justement à ces situations extrèmes qu'elles doivent impérativement résis...

à écrit le 03/01/2012 à 17:20
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1 seconde avant l'accident de Fukushima, la centrale était parfaitement en ordre de marche...

à écrit le 03/01/2012 à 16:52
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Les conclusions de ce rapport sont elles disponibles ?

à écrit le 03/01/2012 à 16:41
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Oui, oui, croyons et attendons sagement notre tour...

à écrit le 03/01/2012 à 15:43
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Je croirai à tout ça quand on aura appris à éviter les erreurs humaines dans l'affolement d'une péripétie qui, en soi, n'est pas fatale. Il y a là les vraies causes des catastrophes de Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima, où, chaque fois, une ...

à écrit le 03/01/2012 à 13:42
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Je n'y croirai que quand on verra le tableau de bord des centrales sur le web

à écrit le 03/01/2012 à 13:30
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Le kWh nuke est deja annonce a la hausse sans tenir compte de ces exigences (reste a voire si il y aura sanction en cas de non respect), et on ne sait pas encore quel sera le vrai cout du demantellement des reacteurs les plus anciens. Le nucleaire o...

à écrit le 03/01/2012 à 13:01
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la construction,l'entretien,le démantèlement des centrales nucléaires ??. cette électricité est elle vraiment moins onéreuse que l'énergie verte ?. un des "avantages" est la quantité de production,à quel risque ?.

à écrit le 03/01/2012 à 12:39
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Et pan ! voilà pour ces égarés d' écolos et la Duflot grande gueule en tête !!! 3% pour la 1ère dauphine de l'arctique ce serait bien payé .

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