Après l'Opep, le pétrole chute et entraîne les cours agricoles

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Le président de l'Opep, le Saoudien Khalid al-Falih, à l'ouverture de la réunion des 24 pays producteurs à Vienne, le 25 mai.
Le président de l'Opep, le Saoudien Khalid al-Falih, à l'ouverture de la réunion des 24 pays producteurs à Vienne, le 25 mai. (Crédits : REUTERS/Leonhard Foeger)
Lors d'une réunion de 24 pays producteurs au siège de l'Opep à Vienne, jeudi, les quotas de production de pétrole ont été maintenus jusqu'en mars 2018. Pas assez ambitieux, selon les marchés, qui ont vu le baril de brut passer sous la barre des 50 dollars.

Les cours du pétrole ont terminé sur une chute jeudi après la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses partenaires au siège, à Vienne. Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI), référence américaine du brut a perdu 2,46 dollars à 48,90 dollars sur le contrat pour livraison en juillet au New York Mercantile Exchange (Nymex). A Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 2,50 dollars à 51,46 dollars sur le contrat pour livraison en juillet à l'Intercontinental Exchange (ICE).

En cause, la décision de l'Opep et d'autres pays, dont la Russie, de maintenir leurs quotas de production de pétrole jusqu'en mars 2018 dans le but de réduire les stocks mondiaux et de soutenir les prix. Les cours, déjà mal orientés depuis le début de la séance, ont brusquement décroché au moment de la confirmation de l'accord.

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Les marchés s'attendaient à davantage

"Ce que le marché nous dit maintenant c'est qu'il attendait une réduction soit plus longue soit plus marquée de la production", a commenté Gene McGillian de Tradition Energy. Même si l'hypothèse d'une prolongation de neuf mois tenait la corde, alimentée par des déclarations russe et saoudienne, les spéculations sont allées bon train au cours des dernières semaines sur les suites que l'Opep allait donner à son accord.

"Nous avons envisagé différents scénarios de six à neuf et 12 mois et nous avons même envisagé l'option de réductions plus importantes", a d'ailleurs reconnu jeudi le ministre saoudien de l'Énergie Khaled al-Faleh. L'accord est reconduit sous sa forme actuelle d'une baisse globale de 1,8 million de barils par jour. La Guinée équatoriale, qui participait aux réductions en tant que partenaire de l'Opep, a officiellement rejoint le cartel.

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Pour mémoire, les membres d'Opep s'étaient engagés en novembre 2016 à limiter leur production pendant les six premiers mois de l'année 2017 entraînant dans ce mouvement 11 pays producteurs extérieurs à l'organisation, dont la Russie. Ce premier pacte valable jusqu'au 30 juin n'a pas véritablement rempli son objectif de soutenir durablement les prix du brut et d'éliminer l'excédent d'offre, les stocks mondiaux restant bien au delà de leur moyenne des cinq dernières années, objectif affiché du cartel.

Les cours agricoles affectés

Dans le sillage du pétrole, les cours du soja, du maïs et, dans une moindre mesure, du blé ont reculé jeudi à Chicago. Les produits agricoles "sont pris en otage par la forte chute du pétrole brut", a mis en avant Mike Zuzolo, de Global Commodity Analytics and Consulting.

Le maïs et le soja peuvent entrer dans la fabrication de biocarburants et sont donc en partie substituables avec des dérivés de l'or noir. Leur cours est donc en partie influencé par les évolutions du pétrole. Par ailleurs certains investisseurs tendent à se détourner des produits financiers comportant un panier de matières premières quand les cours du pétrole reculent trop fortement.

Le blé a mieux résisté que les autres produits, essayant de garder "une prime de risque météorologique concernant la région productrice de blé aux Etats-Unis avec d'éventuelles précipitations qui pourraient endommager les cultures dans les semaines à venir", a estimé Mike Zuzolo. La météo capricieuse ces derniers temps a également été une préoccupation pour les semis de soja et de maïs, sans que cela ne se traduise par des retards, à en croire les dernières estimations hebdomadaires sur l'avancée des semis du département américain de l'Agriculture (USDA).

(Avec AFP)

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a écrit le 27/05/2017 à 16:21 :
La croissance, c'est comme une citerne pleine d'eau. Tout le monde pompe en croyant que le plein de la citerne sera éternel. Puis subitement, il ne reste que quelques gouttes,cela ne fait rien au nom de la croissance, il faut continuer de pomper.
La planète Terre serait peuplé d'individus dits intelligents, j'ai un grand doute.
a écrit le 27/05/2017 à 10:13 :
Problème conjoncturel issu du fonctionnement de la mondialisation. La globalisation joue autant dans le positif que dans le négatif. Résultat d'une perception qui ne tient pas compte de la valeur du travail, ni des aléas favorables lorsqu'ils se produisent. Seuls les critères de gestion économique prédominent. les cours agricoles risquent l'effondrement, tant pis pour les agriculteurs, du moment que les négociants y trouvent leur compte. Certes les défenseurs du système trouveront à dire que cela permet de prévoir et de lisser une consommation, sans provoquer de tensions excessives. Mais ce système ne sert que les profits, car en cas de pénuries ou de rajustement des prix pour une survivance de l'outil d' exploitation, ce sont bien les contribuables qui mettent la main à la poche pour financer les aides au soutien. Voilà un équilibre à trouver à travers des fonds de placement qui devraient être obligatoires pour les négociants. Une spéculation encadrée dont tout le monde pourrait trouver profit, sans controverse. Naturellement ceci n'est pas une vision d'un capitalisme débridé. Où plutôt, dont la bride ne s'exerce que sur les producteurs et les états.
a écrit le 26/05/2017 à 23:45 :
Les producteurs de pétrole ont moins d'argent pour acheter de la nourriture, d'où une baisse des produits agricoles.
Réponse de le 27/05/2017 à 20:56 :
Ben c'est malheureusement pas faux, certains pays comme l'Algérie ne sont pas autosuffisants pour se nourrir (pourtant c'était positif vers 1960), et sont obligés de se servir de la manne pétrolière .
a écrit le 26/05/2017 à 13:59 :
Il n'est pas logique, ni souhaitable pour des questions environnementales, que le baril de pétrole soit en dessous des 50 dollars. Même si pour la France et les consommateurs, le passage du baril à 50 Dls engendrerait un surcout de 7 Milliards (connaissancedesenergies.org).

Par contre ce qui parait irrationnel c'est que cela affecte les cours agricoles à la baisse. Ce devrait logiquement être le contraire. Ne serais qu'en raison de la consommation de gaz pour la production des engrais et en règle générale les cours du gaz suivent plus ou moins les mêmes tendances que les cours du pétrole.

S'il y a baisse de production, il y a mécaniquement une augmentation des prix, sauf que personne ne semble croire aux restrictions durables de la production. Les pays producteurs ayant aussi besoin d'argent.
De la stratégie au moyen orient ou aux USA ?
L’Arabie Saoudite devrait obéir au nouveau président US, vu les contrats et accords signés.
Le retour de l'Iran sur le marché semble contrarier.
Il est vrai que le président Trump base sa politique économique de croissance et de création d’emplois sur l’exploitation du gaz de schiste.
Et comme la rentabilité se situe aux alentours de 50 Dollars, il a tout intérêt à voir remonter les cours du pétrole. Il parait que le seuil de rentabilité poudrait être à moins de 30 Dollars, mais à confirmer. (article http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/dans-quelle-direction-va-le-petrole-586084.html).

Pour le moment, plus les USA et le Canada produisent, plus l’OPEP est obligée de résorber les excédents.
L'autre solution pour les USA, serait de surtaxer l'importation. C'était aussi au programme me semble-t-il.
Sinon il y a aussi la solution d'obliger les constructeurs de véhicules à fabriquer des voitures qui consomment plus de carburant, non je plaisante.

A terme il faudra de toute façon s’habituer à des restrictions, puisque la tendance globale est à l’augmentation de la consommation mondiale d’énergie primaire et que le pétrole et le gaz sont des énergies fossiles restreintes. Les shadoks auront beau pomper, il n’y aura plus rien à extraire. Alors autant trouver d’autres solutions le plus rapidement possible, en développant massivement les énergies renouvelables par exemple.
Réponse de le 27/05/2017 à 21:04 :
Ben il y a une chose positive: une bouffée d'oxygène pour passer aux énergies renouvelables car ça nous laisse quelques années de plus, le temps d'y arriver.
Reste les pays pauvres n'ayant pas su prendre le train en marche resteront à la traîne.
a écrit le 26/05/2017 à 11:19 :
Le pacte de l'OPEP est de la pure com: les objectifs de production ne sont pas tenus et les acteurs hors OPEP ne sont pas des quantités négligeables.
Le marché l'a bien compris.
Moi aussi: je vais faire le plein de ma cuve de fuel cet été.
a écrit le 26/05/2017 à 9:47 :
Il faudra bien un jour comprendre qu'il existe une relation entre le prix de l'énergie et le cout du travail, ce qui détermine le taux de chomage. Il faut répartir les charges sociales sur le travail ET sur l'énergie. Ceux qui l'on compris en retirent un avantage, comme les Allemands et les Suédois, mais pas les Français. Il suffirait d'appliquer la note n°6 du CAE. Nos économistes sont incapables de le comprendre. Pourquoi?
Réponse de le 27/05/2017 à 21:15 :
Ben notre énergie (électricité, dérivée du pétrole) est hypertaxée, c'est l'usage qui est fait de cet argent qui est peut être à revoir.
C'est vrai que si toute notre électricité d'origine nucléaire arrivait à prix coûtant à nos entreprises on frôlerait le plein emploi et Goodyear recruterait.
(dans ma boîte spécialisée dans le caoutchouc dont 3 usines ont fermé l'énergie électrique c'était 60% des dépenses (salaires 11,5%).
Merci l'Europe.

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