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Où va le prix du pétrole ?

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Robert Jules

Publié le 13 mars 2017 à 17:00 - Mis à jour le 13 mars 2017 à 17:18

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Les prix du baril de pétrole ont baissé de 8% en quelques jours jetant le doute sur l'efficacité de la stratégie de réduction de l'offre de l'Opep. Une production américaine qui ne cesse de monter contrarie les efforts des autres pays producteurs et rend moins lisible l'évolution future des cours.

Le prix du baril de pétrole Brent a perdu en cinq séances plus de 8% de sa valeur, revenant évoluer lundi autour des 51,5 dollars. C'est son plus faible niveau depuis la mi-décembre quant il cotait 46 dollars juste avant la décision de l'Opep de réduire volontairement son offre pour soutenir les cours.

Ce brusque décrochage inquiète le marché nourrissant les doutes sur l'orientation des cours. Il a été provoqué par la publication des chiffres hebdomadaires des stocks de pétrole (et des produits pétroliers) américains qui affichaient une nouvelle hausse, la cinquième consécutive, maintenant ces stocks à leur plus haut niveau historique, à plus de 2 milliards de barils.

Des inventaires qui gonflent régulièrement signifient que l'offre est plus abondante que la demande. Le ministre de l'Énergie de l'Arabie Saoudite, Khaled Al Faleh, qui participait la semaine dernière à la grand-messe annuelle sur l'énergie à Houston (Texas), la CERAweek, s'est d'ailleurs publiquement demandé s'il ne sera pas nécessaire de réduire à nouveau la production.

Un accord de réduction partiellement respecté

Car même si l'accord de décembre de réduire de 1,2 million de barils par jour (mbj) a production de l'Opep pour la ramener à 32,5 mbj semble respecté (à 85%), grâce notamment à l'Arabie Saoudite qui compense l'indiscipline de certains membres, comme l'Irak et l'Iran, cela ne suffit visiblement pas.

Il est vrai que les non membres de l'Opep qui avaient accepté de réduire de leur côté l'offre de 560.000 b/j se sont montrés plutôt mauvais élèves (50% de réduction), notamment le premier d'entre eux la Russie.

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Certes, la décision de décembre avait permis de faire remonter les prix du baril de la fourchette des 45-50 dollars à celle de 50-55 dollars, mais sans jamais véritablement pouvoir s'installer dans l'objectif des 55-60 dollars.

Cela devrait calmer les ardeurs des investisseurs qui sur le marché à terme continuent à parier sur une hausse des cours en prenant des positions « longues » acheteuses qui atteignent des volumes records. Un pari qui pourrait se traduire au second semestre par une correction à la baisse.

Car le ministre du Pétrole saoudien en reconnaissant que les pays producteurs vont devoir à nouveau consentir des réductions de l'offre admet que l'engagement de décembre sera loin de suffire comme il l'affirmait le mois dernier.

L'Arabie saoudite ne veut pas supporter seule l'effort de réduction

Surtout, il ne veut pas supporter seul le poids de plus en plus lourd de la baisse de la production, tandis que la plupart des autres pays producteurs profitent de l'effort, comme par exemple la Russie, deuxième producteur mondial derrière l'Arabie saoudite.

Si jusqu'à décembre, Ryad avait fait la sourde oreille à l'Opep pour soutenir les prix alors même que plusieurs membres de l'organisation comme le Venezuela réclamaient une action devant la chute des recettes vitales pour leurs budgets publics, sa stratégie a atteint ses limites.

Celle-ci consistait à réduire la profitabilité des puits américains voire l'arrêt pour certains qui avaient bénéficié de la révolution du fracking et de taux bas pour financer les investissements, et à renforcer ses parts de marché, notamment en Asie où le Royaume expédie quelque 70% de ses exportations pétrolières.

Or l'année dernière, le royaume a accusé le coup des prix bas du pétrole, non seulement ses revenus ne suffisent plus à boucler son budget national mais il se retrouve aussi attaqué sur ses parts de marchés.

Le nombre de puits en activité aux Etats-Unis augmente régulièrement

Quant aux Etats-Unis, le nombre de puits en activité s'élevait à 617 la semaine dernière, c'est encore loin du pic de 1.609 atteint auparavant, mais ce nombre augmente régulièrement tout comme le volume de la production.

Ainsi, la production américaine a touché un pic historique avec ses plus de 9mbj revenant à ses niveaux des années 1970. Et selon les projections du département de l'Énergie américain (DoE), elle devrait s'établir à 9,21 mbj en 2017 et 9,73 mbj en 2018, des estimations révisées à la hausse par rapport à celles de février. Et même franchir la barre inédite des 10mbj à la fin de l'année prochaine.

Le risque du sous-investissement

Tous ces éléments plaident en faveur de cours du baril évoluant sous les 50 dollars. Mais lors de la CERAWeek, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) a indiqué que la demande mondiale dépassera les 100 mbj en 2019 mettant en garde contre le risque d'un sous-investissement dans de futurs projets qui conduirait à une offre limitée avec pour corollaire une forte envolée des cours.

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Khaled Al Faleh ne disait pas autre chose, ajoutant que l'investissement dépend d'un niveau suffisamment élevé des cours pour attirer du capital. C'est ce qu'il devrait répéter à la prochaine réunion de l'Opep prévue le 27 mai.

Robert Jules

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