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ClimatEnergie & Environnement

Avec Tera, la mesure de la qualité de l’air fait son entrée en Bourse

Dominique Pialot

Publié le 03 juillet 2019 à 16:09 - Mis à jour le 03 juillet 2019 à 16:17

Les capteurs de Tera équiperont bientôt des voitures vendues sur le marché chinois pour préserver la qualité de l'air dans l'habitacle

Les capteurs de Tera équiperont bientôt des voitures vendues sur le marché chinois pour préserver la qualité de l'air dans l'habitacle

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L’entreprise iséroise fondée en 2001 espère lever 6,9 millions d’euros pour poursuivre son développement sur un marché mondial en pleine expansion.

Avec son lourd tribut de décès prématurés (48.000 en France, 7 millions dans le monde entier, selon les études) et de coût économique (100 milliards pour la France), la qualité de l'air est un sujet qui monte dans l'opinion publique et à l'agenda des politiques, encadré par une réglementation qui se durcit un peu partout dans le monde. Le groupe Tera espère bien surfer cette vague qui n'est pas près de retomber, pour son introduction en Bourse annoncée le 28 juin dernier.

Fondée en 2001 par Pascal Kaluzny, scientifique de formation, le spécialiste de la mesure, l'analyse et la valorisation en temps réel de la qualité de l'air, Tera, affiche un positionnement original qui repose sur trois activités en synergie : un laboratoire spécialisé dans l'analyse de polluants chimiques ; la fabrication de capteurs intégrables à tous types d'objets, et une activité digitale bâtie sur la création d'un cloud regroupant les données collectées, et d'interfaces telles que celle développée pour l'application BtoBtoC Breathe Up. Des capteurs seront ainsi distribués par la Métropole Aix-Marseille-Provence aux populations les plus sensibles.

Bientôt sur les routes chinoises

L'entreprise implantée à Crolles à côté de Grenoble (Isère) pratique également la location de stations de mesure à des bureaux d'étude, installées par exemple pendant la durée de certains chantiers. En 2018, cette activité a représenté 1.000 semaines de location.

Une première levée de fonds en 2012 a permis de financer le développement de ces stations de mesure complète, dans lesquelles des systèmes de communication viennent compléter les capteurs.

C'est au départ pour les salles blanches des semi-conducteurs (avec STMicroelectronics pour principal client, qui ne représente plus aujourd'hui que 12% du chiffre d'affaires) que Tera a développé son expertise, avant de l'élargir aux marchés du spatial, des lasers de puissance et de l'environnement.

Le groupe a noué un accord avec un équipementier automobile français (qui ne souhaite pas voir le nom révélé) pour un constructeur européen à l'assaut du marché chinois. Dans un pays où la concentration de particules fines atteint régulièrement les 300 µgr/m3 (là où le plafond européen est fixé à 25), le capteur placé dans l'habitacle sera associé à un système de filtrage garantissant la qualité de l'air dans l'habitacle, quelle que soit celle de l'air extérieur. Une première série de 10.000 capteurs vient d'être fabriquée et les premiers véhicules équipés de ce système devraient circuler sur les routes chinoises d'ici à la fin de l'année 2020.

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Intégrés aux bâtiments neufs comme les détecteurs de fumée

Son premier marché ciblé se compose des fabricants de stations de mesure, qui viennent compléter le maillage des stations de référence. Tera vend aussi en direct à des industriels, et ses capteurs pourraient prochainement équiper des bâtiments neufs au même titre que les détecteurs de fumée.

L'entreprise qui se distingue par l'accent mis sur l'innovation (avec 17,5% de son chiffre d'affaires dédié à la R&D) et l'expérience de ses fondateurs en matière de qualité de l'air stricto sensu (à l'inverse de nombre de ses concurrents) affiche un chiffre d'affaires de 4,2 millions d'euros. Ses dirigeants, qui ont racheté les parts des fonds d'investissement en 2018, sont actionnaires à 100%. Ils ambitionnent de lever 6 millions en Bourse, jusqu'à 6,9 millions avec la clause d'extension. La fourchette de prix est fixée entre 4,35 et 5,05 euros par action.Ce montant doit servir à concevoir, développer et commercialiser des capteurs de dernière génération, accélérer le développement à l'international (en Chine, où ses produits sont déjà commercialisés, mais pas seulement), y compris via des acquisitions et intégrer la compétence de modélisation aujourd'hui sous-traitée. L'OPO (offre à prix ouvert) sera close le 12 juillet et les négociations sur les marchés débuteront le 18 juillet.

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Au-delà de l'aspect strictement financier, cette introduction en Bourse donnera à Tera une meilleure visibilité au-delà du cercle de spécialistes, ce qui lui permettra notamment d'attirer des talents.

Dominique Pialot

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