Biogaz : une plateforme d'innovation bientôt ouverte aux entreprises

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C'est en tant qu'initiative susceptible de renforcer la compétitivité de filières stratégiques françaises que CertiMétha a obtenu le soutien de la BPI au titre de Programme des investissements d'avenir (PIA), à hauteur de 2,2 millions d'euros.
C'est en tant qu'initiative susceptible de renforcer la compétitivité de filières stratégiques françaises que CertiMétha a obtenu le soutien de la BPI au titre de Programme des investissements d'avenir (PIA), à hauteur de 2,2 millions d'euros. (Crédits : DR)
Située dans l'Aube, CertiMétha doit permettre de tester à l'échelle industrielle matériels et procédés innovants développés à une échelle plus réduite. L'objectif est d'aider la filière de la méthanisation française à "s'exonérer à terme des subventions, en transformant les tarifs d'achat garantis en valeur".

Il s'agit d'un pas de plus pour accélérer l'essor du biogaz en France, dans le sillage des conclusions, rendues fin mars, du premier groupe de travail jamais lancé par le gouvernement sur le sujet. Mercredi 30 mai, Biogaz Vallée, association qui fédère l'ensemble des acteurs de la filière de la méthanisation, a présenté officiellement à la presse CertiMétha, plateforme de recherche et développement située dans l'Aube (Grand Est) dont les travaux d'ingénierie viennent de débuter, et qui devrait être complétée en 2019.

Située sur une surface de 8.000 mètres carrés dans l'Aube, à Chaumesnil, l'infrastructure comprendra un laboratoire d'analyses et un démonstrateur de hautes technologies. Dans une logique de "pont" entre recherche fondamentale et appliquée, elle doit permettre de tester à l'échelle industrielle matériels et procédés.

Un potentiel de réduction des coûts de 30%

L'objectif est surtout d'aider la filière de la méthanisation française à "prendre en charge son destin", pour notamment "s'exonérer à terme des subventions, en transformant les tarifs d'achat garantis en valeur", explique Frédéric Flipo, fondateur et directeur général d'Evergaz, entreprise qui installe des unités de production de biogaz et qui figure parmi les actionnaires de CertiMétha. Depuis 2006, date à laquelle un arrêté a fixé les conditions d'achat de l'électricité produite par la valorisation de biogaz, quelque 600 unités de production ont vu le jour, dont 44 de biométhane, y compris grâce à un cadre législatif de plus en plus favorable. Mais, malgré l'existence d'une "véritable dynamique", "dans la filière, qui demande une association de savoirs très disparates (industriels, agricoles, etc.), tout est encore à construire", estime Xavier Joly, président de Biogaz Vallée.

Les coûts de production pourraient par exemple être réduits de 30%, pointe une récente étude, pour laquelle innover et optimiser les pratiques permettrait une telle performance en 5-10 ans. L'une des 15 mesures de Sébastien Lecornu est d'ailleurs consacrée à cet enjeu. De plus, seulement 27% de la valeur ajoutée des projets est française ou produite en France, calcule Biogaz Vallée, qui voudrait atteindre plus de 50% en 5 ans -afin, entre autres, de ne pas répéter l'"erreur" de la filière éolienne où "tout a été importé".

Valoriser le savoir-faire de la "méthanisation à la française"

CertiMétha, où pourront être validées en conditions réelles les performances des innovations développées à une échelle plus réduite, et qui jouera aussi un rôle de certification et professionnalisation (autre enjeu stratégique selon les conclusions du gouvernement), est censé faciliter le saut. Il doit notamment permettre de perfectionner et valoriser le savoir-faire spécifique de la "méthanisation à la française", caractérisée, par rapport au modèle allemand, par la diversité des intrants (cultures et  effluents d'élevage, mais aussi déchets et eaux usées), qui demandent une préparation particulière. C'est d'ailleurs en tant qu'initiative susceptible de renforcer la compétitivité de filières stratégiques françaises que CertiMétha a obtenu le soutien de la BPI au titre de Programme des investissements d'avenir (PIA), à hauteur de 2,2 millions d'euros.

 Le projet, d'un budget global de 4,98 millions d'euros, est également soutenu par huit investisseurs privés qui ont participé à une levée de fonds de 620.000 euros, ainsi que par des partenariats. Une fois opérationnelle, la plateforme produira d'ailleurs ses propres recettes, grâce à la production d'électricité, mais surtout à la location de ses espaces et à la vente des services de ses 4,5 équivalents temps plein aux entreprises souhaitant mener des tests. Pas prévu au départ, un épurateur y pourrait à terme aussi être installé. Les élus locaux soutiendraient à un raccordement de CertiMétha au réseau de gaz.

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Commentaires
a écrit le 31/05/2018 à 9:19 :
La méthanisation à la française serait aussi de graver dans le marbre "zéro rejet dans l'environnement" car les terres n'en peuvent plus de recevoir tous les sous-produits.
a écrit le 31/05/2018 à 8:45 :
L'agro-industrie a énormément de nouveaux domaines vers lesquels elle pourrait se tourner (culture biologique, carburant vert, énergie verte et-c... ) tout en arrêtant de nous empoisonner mais faut rembourser BAYER qui est endetté de 65 milliards d'euros à cause de l'achat de monsanto et aussi mauvais soit il, pire destructeur et nihiliste, l'actionnaire milliardaire agro-industriel n'est jamais inquiété.

Dommage qu'il n'y ai plus ni neurone ni vie dans ce domaine économique, vraiment...

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