Climat : les ambitions sous condition des entreprises

 |   |  503  mots
Evalué à 3,7 milliards de tonnes d'équivalent CO2 par an, le volume global d'émissions évitées correspond à l'arrêt définitif de 1.000 centrales à charbon, soit les trois-quarts du parc mondial.
Evalué à 3,7 milliards de tonnes d'équivalent CO2 par an, le volume global d'émissions évitées correspond à l'arrêt définitif de 1.000 centrales à charbon, soit les trois-quarts du parc mondial. (Crédits : REUTERS/Peter Andrews/Files)
Une étude publiée à l’ouverture du « Business & Climate summit » à Londres révèle le potentiel de réduction d’émissions de gaz à effet de serre dont disposent les entreprises… à condition que les pouvoirs publics les y aident.

Cette année, le Business & Climate Summit, qui s'était tenu à Paris en mai 2015 en amont de la COP21, s'est déplacé à Londres. Comme l'an dernier, cet événement vise à souligner à la fois le rôle, les engagements et les revendications du secteur privé en matière de climat.

Concernant leur rôle, le rapport rendu public ce mardi en ouverture du Sommet par CDP et "We mean business" enfonce le clou : les engagements d'ores et déjà pris par les entreprises à l'horizon 2030 représentent 60% des efforts consentis lors de la COP21. C'est ce que les auteurs du rapport baptisent « Business Determined contribution », par analogie avec les Nationally Determined Contributions des Etats. Evalué à 3,7 milliards de tonnes d'équivalent CO2 par an, ce volume global d'émissions évitées correspond à l'arrêt définitif de 1.000 centrales à charbon, soit les trois-quarts du parc mondial.

Peut faire (trois fois) mieux

Le rapport s'emploie surtout à montrer que ce volume pourrait tripler à 10 milliards de tonnes par an, l'équivalent des émissions de la Chine, et plus de la moitié du chemin à parcourir vers le Graal des 2°C maximum de hausse des températures. Pour ce faire, le nombre d'entreprises ayant pris des engagements forts en matière de climat passerait de 300 aujourd'hui à 3.500 en 2030. Elles sont déjà 174 à avoir rejoint les cinq initiatives sélectionnées par l'étude pour leur efficacité au cours des 12 derniers mois, contre seulement 49 au cours des mois précédents.

C'est l'effet COP21. En plus des nombreux engagements du secteur privé publiquement annoncés lors de la Conférence, plus de 11.000 initiatives ont été déposées par les acteurs non étatiques sur le portail Nazca (non state actor zone for climate action). Les réseaux d'entreprises pris en compte dans le rapport se distinguent par les ambitions climatiques de leurs adhérents : stratégies compatibles avec le plafond des 2°C de hausse pour Science Based Targets ; doublement de l'efficacité énergétique pour EP100 ; approvisionnement 100% renouvelable pour l'électricité pour RE100 ; Zero Deforestation (à l'horizon 2020) ou encore Low Carbon Technology Partnership initiative (LCTPi).

Les énergéticiens en première ligne

Mais pour motiver les entreprises déjà engagées à ré-hausser encore leurs objectifs et inciter les autres à leur emboîter le pas, insistent les auteurs, c'est aux pouvoirs publics de mettre en place les politiques appropriées, en levant les éventuelles barrières et en créent des incitations aux comportements vertueux. Parmi les pistes évoquées, plusieurs concernent aussi les producteurs d'énergie, qui doivent notamment encourager les contrats d'énergies renouvelables pour leurs clients "corporate" et même les inciter à acquérir leur propres capacités de production d'énergies vertes... Quant aux politiques publiques stricto sensu, elles doivent permettre d'encourager la R&D, de créer les conditions financières pour rendre les investissements bas-carbone plus attractifs, de proposer des incitations à les acheter et à les utiliser, de faciliter la certification des produits, etc.

Autrement dit, comme certains pays en développement, le secteur privé prend des engagements « conditionnels »...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/06/2016 à 0:36 :
Il est clair que les entreprises ont tout intérêt à exploiter la planète : ça leur rapporte.
a écrit le 28/06/2016 à 15:15 :
Quelles entreprises, les PME ? Oui bien entendu.

Les multinationales ? Non elles sont largement assez subventionnées par les états au détriment de l'intérêt de tous, il serait temps que les milliards des actionnaires arrêtent de s'entasser inutilement dans les paradis fiscaux et autres comptes offshore afin de servir enfin l'économie.

Il y en a marre de demander toujours des sacrifices aux plus fragiles et de continuer de voir s'engraisser les mêmes parasites.

Merci.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :