Énergies renouvelables : l'exécutif à la recherche de l'impossible consensus
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[Article mis à jour le 03/11/2022 à 9h56 avec les réactions de Ronan Dantec et de l'AMRF]
Privé de majorité absolue, le gouvernement avait tout prévu pour dérouler sans accroc sa feuille de route énergétique. Le maître-mot : échelonner les combats, en embarquant une partie de l'opposition sur chacun de ses deux grands chantiers, l'un après l'autre. Au recto, l'exécutif devait ainsi faire passer un projet de loi sur l'accélération des énergies renouvelables, grâce à l'appui des parlementaires de gauche, généralement favorables au déploiement rapide des éoliennes et autres panneaux solaires plutôt qu'à une relance de l'atome. Au verso, un texte équivalent sur les réacteurs nucléaires, censé booster leur construction sur leur territoire, devait quant à lui obtenir l'aval de la droite et se frayer un chemin jusqu'à l'accord entre les deux assemblées. De quoi permettre d'assouplir « en même temps » le cadre administratif pour ces deux sources d'énergie bas carbone, sans devoir recourir au 49.3, lequel semble pour l'heure écarté.
Seulement voilà : le premier texte sur l'accélération des renouvelables, dont l'examen commence ce mercredi soir au Sénat, a déjà été dynamité par la droite. En effet, une partie des sénateurs rassemblés la semaine dernière en commission, en amont de la séance publique, ont largement diminué la portée du texte. Certains changements substantiels promettent même d'entraver l'obtention d'une majorité qui se construirait sur la gauche, si les nouvelles dispositions n'étaient pas supprimées avant leur passage par l'Assemblée nationale. Pour le gouvernement, la tâche paraît d'autant plus ardue que le président Emmanuel Macron a tendu la main, fin octobre, aux parlementaires LR, en leur proposant sur France 2 une « alliance » - laquelle reste donc, pour l'heure, introuvable sur ce dossier.
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A première vue, le sujet semble pourtant assez consensuel, puisqu'il s'agit de permettre à la France de décarboner son futur mix électrique, en ligne avec les scénarios du gestionnaire national du réseau d'électricité RTE. Et ce, en assouplissant les procédures administratives pour l'éolien offshore et le solaire photovoltaïque notamment, dont les parcs mettent respectivement dix ans et cinq ans avant de voir le jour. « Je veux qu'on aille deux fois plus vite pour développer un projet d'énergie renouvelable », avait ainsi souligné Emmanuel Macron le 22 septembre dernier, lors de l'inauguration du parc éolien en mer de Saint-Nazaire, le premier à fournir du courant dans l'Hexagone.