Engie promet le rebond grâce à un nouveau plan stratégique

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Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie, présente le nouveau plan stratégique du groupe à la communauté financière le 28 février 2019
Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie, présente le nouveau plan stratégique du groupe à la communauté financière le 28 février 2019 (Crédits : BENOIT TESSIER)
L’ex GDF Suez, qui présente ses résultats aux analystes ce 28 février à Londres, promet un rebond pour les prochaines années, après un exercice 2018 entaché par les difficultés de sa filiale belge Electrabel dans le nucléaire. Engie, qui annonce 800 millions d’économies supplémentaires, mise sur les renouvelables et les services aux collectivités et aux entreprises.

C'est un groupe bien différent de ce qu'il était il y a trois ans, que présente sa directrice générale Isabelle Kocher aux analystes ce 28 février à Londres. A l'issue du précédent plan stratégique déployé de 2016 à 2018, le portefeuille d'activités a déjà été transformé en profondeur à l'issue d'un vaste programme de cessions (16,15 Mds€, notamment dans le charbon) et d'investissements (14,3 Mds€) concentrés dans les énergies renouvelables, les solutions clients et les infrastructures. Une évolution destinée à réduire l'exposition aux prix de marché et à décarboner le portefeuille.

Les résultats de l'année 2018 ont été entachés par la faible disponibilité (52%) du parc nucléaire de la filiale belge Electrabel en raison d'opérations de maintenance non programmées, dont l'impact négatif se chiffre à 700 M€. En raison de ces pertes de valeur comptable, le résultat net s'établit à 1,3 Md€, en baisse de 22%.

Le chiffre d'affaires atteint 60,6 Mds€ (+1,7%). Le résultat net récurrent, qui exclut les éléments exceptionnels, s'est inscrit à 2,5 milliards d'euros, soit une variation brute de 10,1% et une croissance organique de 17,3%. La dette nette financière a atteint 22,1Mds€, en baisse de 1,4 milliard d'euros par rapport à fin décembre 2017.

En revanche,  comme annoncé depuis septembre 2018 et conformément aux attentes des analystes, l'Ebitda est stable à 9,2 Mds€, A 2,3, le ratio dette nette/Ebitda est conforme à l'objectif (inférieur ou égal à 2,5).

Priorité aux services aux entreprises et collectivités

Le nouveau plan stratégique annoncé aujourd'hui pour la période 2019-2021 comprend un programme d'économies supplémentaires de 800 M€, la sortie d'une vingtaine de pays (sur 70) et 6 milliards d'euros de cessions d'actifs.

Sur le plan géographique, le groupe va se concentrer sur les 20 pays dans lesquels il est déjà bien implanté, ainsi que dans une trentaine de métropoles, notamment en Asie du sud est et en Afrique. Ce sont désormais les collectivités et les entreprises qu'Engie veut cibler en priorité, et non plus les Etats comme auparavant.

C'est pourquoi les 11 à 12 Mds€ d'investissements annoncés sur les trois prochaines années porteront essentiellement sur les énergies renouvelables (avec une capacité installée supplémentaire de 9 GW dans trois ans), les réseaux et les solutions clients, qui concernent ces deux catégories de clients.

Une croissance annuelle de 7 à 9%

Engie va également poursuivre son désengagement du charbon, déjà largement entamé, à hauteur de 6 Mds€ de cessions supplémentaires.

Le plan d'économies de 800 M€ annoncé fait suite au programme Lean qui avait déjà permis d'économiser 1,3 Mds€ entre 2016 et 2018. Il concernera notamment les achats, la numérisation et les centres de services partagés.

En 2019, l'excédent brut d'exploitation est prévu entre 9,9 et 10,3 milliards, et le groupe promet pour la période 2019-2021 un résultat net récurrent en hausse de 7 % à 9 % par an.

Conformément à ses objectifs, le groupe proposera à son assemblée générale le paiement, en numéraire, d'un dividende de 0,75 euro par action au titre de l'exercice 2018, après un dividende de 0,70 euro au titre de l'exercice 2017.

Le titre cédait plus de 2% à l'ouverture de la Bourse de Paris.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2019 à 11:08 :
Le nucléaire plombe les bénéfices apportés par les renouvelables et à l'avenir l'hydrogène et le Power to Gas. Il faut abandonner le pétrole et le gaz importé qui vont être de plus en plus concurrencés par l'hydrogène et le Power to Gas. L'Espagne par exemple aura près de 8 GW de solaire CSP d'ici 2030, et comme beaucoup d'autres pays de quoi produire de l'hydrogène et dérivés à bas prix sans les problèmes d'exploration, d'exploitation, de raffinage, de transport éloignés etc.
a écrit le 01/03/2019 à 7:48 :
Engie comme d'autres démarchent beaucoup et ont tendance à confondre les tarifs. Après la belle époque des démarchages gris pour ne pas dire noir pour certains opérateurs de téléphonie, les électriciens gaziers sont rentrés dans la danse. J'invite à une extrême vigilance les personnes qui écoutent les alouettes des démarcheurs. Des sites de défense des consommateurs sont à notre disposition, ces sites ont une neutralité que n'auront jamais un fournisseur d'énergie. Dans notre pays nous manquons de sites de défense ou de conseil des consommateurs, pourtant la défense du consommateur est un des éléments d'un meilleur pouvoir d'achat mais également une obligation aux industriels d'avoir une vision plus respectueuse du client et non comme aujourd'hui dans de nombreux cas juste un "porte monnaie"
a écrit le 01/03/2019 à 1:56 :
Désormais engie fait du porte a porte (sous traité) , c'est pour dire a quel point ou ils en sont..
a écrit le 28/02/2019 à 11:01 :
L'idéologie va rencontrer le mur de la physique. Je parie que ce groupe va gentiment retourner à la production de gaz

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