Eolien offshore : la filière française poursuit sa réorganisation

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Pour 282 millions de dollars canadiens (191 millions d'euros), le canadien Enbridge Inc. prend 50% d'Eolien Maritime France, la société qui contrôle trois parcs éoliens en France.
Pour 282 millions de dollars canadiens (191 millions d'euros), le canadien Enbridge Inc. prend 50% d'Eolien Maritime France, la société qui contrôle trois parcs éoliens en France. (Crédits : © Toby Melville / Reuters)
EDF EN annonce un nouveau partenariat avec l’opérateur d’oléoducs et gazoducs canadien Enbridge, qui se diversifie dans les renouvelables.

Alors que la consolidation est en marche côté équipementiers, EDF EN change de partenaire pour construire les trois parcs éoliens en mer remportés lors de l'appel d'offres de 2012.

Le principal développeur français d'éolien offshore s'associe à Enbridge Inc., une entreprise canadienne reconnue comme opérateur d'oléoducs et gazoducs (notamment sous-marins), désireuse d'accélérer son développement dans les renouvelables. Les deux entreprises sont déjà partenaires depuis 2012 puisqu'elles exploitent ensemble quatre parcs dans l'éolien terrestre au Canada d'une capacité installée cumulée de 830 MW. Cette alliance permet à Enbridge de poursuivre son développement sur le marché européen de l'éolien  en mer.

Divorce avec DONG

Pour 282 millions de dollars canadiens (191 millions d'euros), le canadien prend 50% d'Eolien Maritime France, la société qui contrôle les parcs de Fécamp (Seine-Maritime, 498 MW), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, 480 MW) et Courseulles-sur-Mer (Calvados, 450 MW).

Cette alliance, qui porte sur « le développement, la construction et l'exploitation » des parcs,  se noue alors que le partenaire initial de EDF EN, le danois DONG, leader mondial de l'éolien maritime, reprend sa liberté après avoir réclamé en vain d'être seul maître à bord sur au moins l'un des parcs.  WPD Offshore conserve 30% des parts pour le parc de Fécamp et 15% pour celui de Courseulles-sur-Mer. Le total des investissements se monte en moyenne à 2 milliards d'euros par parc, à partager entre les deux entreprises.

Décisions d'investissement début 2017

Lors d'un point presse ce mardi, Antoine Cahuzac, directeur général de EDF EN, et Béatrice Buffon, directrice générale adjointe en charge des activités maritimes, se sont voulus rassurants quant au calendrier des trois parcs. « Nous avons respecté notre feuille de route initiale à la lettre, et nous sommes les seuls », a souligné A.Cahuzac.

Les enquêtes publiques menées au second semestre 2015 ont recueilli des avis favorables, l'ensemble des autorisations devrait être obtenu d'ici fin 2016, et les décisions d'investissements être prises début 2017, pour une entrée en service des parcs en 2020 ou 2021. A condition qu'il n'y ait pas de recours, ce qui, malgré le soutien local dont EDF EN dit bénéficier, et le décret publié en début d'année limitant la portée des recours, c'est la grande inconnue.

Un partenaire inexpérimenté dans l'éolien offshore

« Cette puissance ajoutée de 1,4 GW (gigawatt), à comparer avec la puissance éolienne aujourd'hui installée en France (à terre), de 1 GW environ, est significative », rappelle encore A. Cahuzac, qui se dit fier d'avoir suscité l'intérêt de nombreux partenaires étrangers. A l'issue d'un tour de marché qui s'est conclu par une due diligence poussée auprès d'une short-list au second semestre dernier, c'est donc Enbridge qui a été élu.

Un choix qui pourrait étonner étant donné son absence d'expérience dans cette activité. Mais Enbridge compte à son actif quelque 2GW d'éolien à terre et des milliers de kilomètres de pipeline en mer qui en font un spécialiste de l'offshore. Il développe par ailleurs actuellement un parc éolien offshore de 400 MW au large de l'Angleterre. Et EDF EN d'énumérer les parcs dont elle est actionnaire : Teeside au Royaume-Uni (détenu à 100%), C-Power au large de la Belgique...

Engagements tenus

 En résumé, ni la reprise de son fournisseur de turbines Alstom par l'américain General Electric, ni ce changement de partenaire « ne modifie aucun des engagements pris (par EDF EN) lors de l'appel d'offres ». A l'inverse de ce qui se passe sur le parc de Saint-Brieuc remporté par Iberdrola avec des turbines Areva ...

Antoine Cahuzac et Béatrice Buffon ont confirmé à l'occasion de ce point presse que EFF EN était sur les rangs pour le troisième appel d'offres récemment lancé par Ségolène Royal (uniquement sur une zone au large de Dunkerque, pour le moment), et espérer une ou deux zones supplémentaires.

Cependant, même si EDF EN tient le calendrier annoncé, la France restera très en retard sur ses voisins britanniques, allemands ou danois, et en-deça des objectifs fixés par le Grenelle de l'Environnement (6 GW en mer en 2020...)

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Commentaires
a écrit le 11/05/2016 à 10:26 :
rappelons juste que l'Etat dans sa feuille de route avait prévu 6 000 MW d'éolien offshore en 2020. Dommage qu'en France on soit toujours en retard sur le renouvelable.
Dommage que les procédures soient si longues et les oppositions systématiques ...

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