Eolien offshore : les activités d’Areva bientôt dans l’escarcelle de General Electric ?

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Le futur développement du marché américain de l'éolien offshore (tout comme celui de la Chine) est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles GE a récemment affirmé son intérêt.
Le futur développement du marché américain de l'éolien offshore (tout comme celui de la Chine) est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles GE a récemment affirmé son intérêt. (Crédits : Décideurs en région)
Lors d’un échange informel avec des journalistes ce mardi, Jérôme Pécresse, responsable du pôle mondial "énergies renouvelables" de General Electric, a confirmé l’intérêt du groupe pour Adwen, la co-entreprise qu'Areva et Gamesa ont créée dans l’éolien en mer.

Après le rachat du pôle Energie d'Alstom, General Electric pourrait reprendre le second industriel français de l'éolien en mer. Quelques mois à peine après la création d'Adwen, une co-entreprise à 50/50 entre Areva et Gamesa, c'était au tour de Siemens et Gamesa d'annoncer leurs fiançailles en janvier dernier.

Mais si le mariage semble aujourd'hui prendre du retard, ce serait précisément en raison de cette alliance. Il est clair pour les observateurs du dossier que Siemens, en position très dominante sur le marché de l'éolien offshore avec son modèle de 6 MW et qui possède dans ses cartons une turbine de 7 MW, ne peut être intéressé par la reprise de la technologie Areva et de sa nouvelle turbine de 8 MW.

Construire une filière française durable

General Electric au contraire, qui a récupéré l'Haliade de 6 MW d'Alstom, n'a pas de modèle plus puissant en magasin.

Mais ça n'est pas, loin s'en faut, l'unique raison pour laquelle la reprise des activités d'Areva dans l'éolien offshore est intéressante pour General Electric. Si, comme le reconnaît Jérôme Pécresse, l'américain considère "avec intérêt" une possible "évolution du capital" d'Adwen, la co-entreprise entre Areva et Gamesa dans l'éolien offshore, il s'agit surtout de constituer un acteur français capable de rivaliser face à l'allemand Siemens (bientôt allié à Gamesa) et au danois Vestas (partenaire de Mitsubishi Heavy Industry), qui détiennent respectivement plus de 60% et près de 20% du marché européen.

"Nous avons toujours été partisans de construire une filière française durable dans l'éolien offshore" a rappelé l'ancien dirigeant de la branche « renouvelables » d'Alstom, ré-affirmant son ambition de devenir l'un des principaux acteurs de l'offshore. Une ambition qui devrait recevoir le soutien du gouvernement français, histoire de ne pas manquer à nouveau le train comme la France l'a fait avec l'éolien terrestre.

Deux usines à Saint-Nazaire, peut-être une troisième à Cherbourg

Sur le plan industriel, la division d'Alstom reprise par General Electric a déjà construit deux usines à Saint-Nazaire, où 150 personnes assemblent actuellement les cinq nacelles qui viendront équiper Block Island, le tout premier parc éolien offshore des Etats-Unis, situé au large de Rhode Island. Le futur développement du marché américain de l'éolien offshore (tout comme celui de la Chine) est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles GE, qui n'a certes pas racheté Alstom pour ces activités, a récemment affirmé son intérêt par la voix de son PDG Jeff Immelt lui-même.

Ces cinq éoliennes seront les premières Haliade commercialisées, après les trois prototypes testés près de Nantes, au large des côtés belges et bientôt au Danemark pour le compte de EDF.

Suivront 66 machines destinées au projet de l'allemand Merkur Offshore. Au total, avec 2000 MW, le carnet de commandes de GE dans l'éolien en mer est le troisième du marché.

Pour entreprendre la construction de sa troisième usine, prévue à Cherbourg pour la fabrication de pales, GE attend des précisions sur le calendrier de construction des parcs remportés par EDF. En effet, les autorisations n'ont pas encore été accordées, et les recours ne sont pas impossibles.

En 2012, c'est avec une technologie « direct drive » (à transmission directe) que le consortium EDF/Alstom avait remporté les trois parcs de Courseulles, Fécamp et Saint-Nazaire, Areva avait séduit Engie et Iberdrola avec sa turbine « gearbox » (à boîte de vitesse).

Les appels d'offres ayant été gagnés sur la base de ces deux technologies, dans le cas où il reprendrait Adwen, GE conserverait probablement les deux systèmes. En revanche, pas sûr que l'usine promise à l'époque au Havre par Areva voie le jour.

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