Eolien offshore : le consortium EDF/Alstom/Dong va-t-il tout rafler ?

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) aurait recommandé au gouvernement d'attribuer quatre des cinq sites en course à EDF EN et ses partenaires Dong et Alstom. L'appel d'offres serait déclaré infructueux sur le site du Tréport, GDF Suez et Areva sortiraient bredouilles de cette première tranche, tout comme Siemens et Iberdrola.

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Copyright Reuters (Crédits : Areva Multibrid/Jan Oelker)

Bien sûr, nul ne souhaite commenter une information qui n'a rien d'officiel et ne constitue qu'une étape. Mais c'est en principe sur les recommandations de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) que le gouvernement se fonde, partiellement du moins, pour choisir les lauréats de l'appel d'offres éolien en mer. Ces résultats, qui désigneront les consortiums auxquels seront attribués les cinq sites sélectionnés en Bretagne et en Normandie, doivent être annoncés d'ici la mi-avril.

Or, « Les Echos » croient savoir que la CRE recommanderait d'attribuer quatre projets au consortium EDF EN/Alstom, et de déclarer infructueux l'appel d'offres sur le cinquième (sur le site du Tréport, où GDF Suez et son partenaire Areva sont seuls en lice, et où l'opposition locale reste plus forte qu'ailleurs).
Mais rien n'oblige le gouvernement à suivre cette recommandation à la lettre et les « perdants », ou annoncés comme tels, ne s'avouent pas vaincus. Plutôt étonnés d'une position aussi tranchée sur le site du Tréport ou de l'absence de sessions d'oral ou de rattrapage pour lever les éventuelles zones d'ombre.

EDF et Alstom mieux-disants sur les tarifs

C'est sur le plan des tarifs que l'offre EDF/Alstom se serait avérée la plus séduisante. Une différence qui peut s'expliquer par l'effet de masse, puisque les deux entreprises sont partenaires sur les quatre sites, tandis que GDF-Suez et Areva, alliés sur trois sites, ont également noué des partenariats avec d'autres (Siemens et Iberdrola respectivement) sur le quatrième.  Mais ils soulignent que les caractéristiques des sites n'ont pu être validées précisément et pointent la difficulté de chiffrer le coût final de la turbine Alstom (40 % environ du coût total d'un projet), actuellement en test à terre...
Comme l'avaient martelé au Havre il y a une semaine le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, et le DG de sa filiale Energie France, Henri Ducré, eux sont  certains de pouvoir mener les projets à leur terme au tarif indiqué. Quitte, peut-être, à proposer un prix en dehors de la fourchette indiquée par le gouvernement pour le Tréport, ce qui expliquerait son caractère infructueux. Car GDF Suez n'entend pas s'éloigner de ses critères de rentabilité habituels, pour lesquels il existe pléthore de projets aujourd'hui à sa portée. A moins qu'il s'agisse seulement de faire baisser la facture de l'Etat pour la première tranche...

8 milliards d'investissements à supporter par EDF

Les partenaires malheureux (GDF Suez et Areva, mais aussi Iberdrola et Siemens si la recommandation de la CRE était avérée et suivie par le gouvernement) insistent tous sur leur expérience, qu'ils jugent indispensable pour mener les projets à leur terme « dans les délais et les tarifs prévus ». Pour EDF, la présence de du danois Dong, expérimenté dans l'éolien offshore, à ses côtés dans le consortium, prouve la fiabilité de la machine Alstom. « Attendons de voir si Dong en achète pour ses propres projets », répond-on en face.
Plus globalement, la décision de « mettre tous ses ?ufs dans le même panier », et de faire peser sur EDF la charge de financer quatre sites pour un montant de huit à dix milliards d'euros laisse ses concurrents perplexes. Quels que soient les vainqueurs, il est vrai qu'ils disposeront de 18 mois pour renoncer le cas échéant. Mais EDF EN, qui a dépensé plusieurs millions d'euros en études sur les différents sites de l'appel d'offres, dont 3 millions pour les seules campagnes géotechniques, et bénéficié des études réalisées auparavant par ses partenaires développeurs (WPD Offshore et Nass&Wind Offshore), semble sûr de lui. « Les conditions de vent et les fondations sont deux éléments essentiels du tarif », précise Béatrice Buffon, directeur du développement chez EDF EN.

Un autre choix créerait plus d'emplois

Côté emplois, là où GDF Suez et ses partenaires ont évoqué il y a une semaine 6.000 recrutements pour les trois sites normands, EDF EN et Alstom en annoncent 7.500, dont 5.000 pérennes, répartis en quatre usines de composants (Saint-Nazaire, Cherbourg, Le Havre) et quatre sites d'assemblage. Confier quatre sites à EDF/Alstom créérait donc 6.000 emplois de moins qu'en « coupant la poire en deux » en attribuant trois sites à Alstom et deux à Areva.
Quant à la capacité d'un industriel français à prendre des parts de marché à l'export (le marché européen devrait atteindre 40 gigawatts en 2020, dont 6 au maximum en France), la question reste entière.

Vaut-il mieux tout miser sur un seul industriel, Alstom en l'occurrence, qui pourrait servir le sud de l'Angleterre depuis Cherbourg ? Ou compter également avec Areva, qui pourrait faire de même depuis le Havre ? Présentée par ses partenaires comme son principal atout, l'expérience d'Areva, qui possède déjà des usines à Bremerhaven en Allemagne, peut-elle se retourner contre lui ? Le gouvernement peut-il considérer que l'appel d'offres français ne revêt  pas le même caractère indispensable pour les deux industriels ? La réponse, attendue au plus tard mi-avril, pourrait tomber dès cette semaine .

 

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Commentaires 2
à écrit le 03/04/2012 à 15:05
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Il est évident que les boites étrangère n'ont aucune chance de remporter des contrats public en France, sauf quelques miettes pour la forme. Après cela, les français sont étonnés si le pays se désindustrialise. Les autres pays l'ont déjà compris ou v...

à écrit le 03/04/2012 à 13:24
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dans des projets comme ceux-ci tout est régler d''avance en sous main. il n'y pas de concurrence possible. l'appel d'offres est là pour amuser la galerie

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