Gaspillage : un milliard d'euros d'économies en vue pour les PME françaises

Une expérimentation menée par l'Ademe avec 49 PME françaises, accompagnées dans l'optimisation de leurs flux de ressources et d'énergie, leur a permis d'économiser plus de trois millions d'euros en un an. Le retour sur investissement a été de 7 mois en moyenne.
Giulietta Gamberini
82% des économies de matières ont notamment été engendrées par des actions de réduction à la source des déchets: limitation des projections des machines, recyclage des chutes de matière en interne...
82% des économies de matières ont notamment été engendrées par des actions de réduction à la source des déchets: limitation des projections des machines, recyclage des chutes de matière en interne... (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)

60.000 euros par an d'économies par PME, au profit de la compétitivité comme de l'environnement : pour une fois ce chiffre, révélé jeudi 20 octobre par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, n'est pas issu de simples projections. Il est le résultat d'un test mené par l'Ademe avec la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) sur 49 entreprises témoins.

En mettant en oeuvre des actions de réduction de leur consommation d'énergie et de matières, elles ont chacune économisé entre 2.000 et 375.000 euros en une année -soit 0,2% de leur chiffre d'affaires en moyenne -, pour un total de plus de trois millions d'euros. Et elles ont dans leur ensemble permis d'éviter l'émission de 9.000 tonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre... soit l'équivalent de 889 tours du monde en voiture ou de 7.700 allers-retours Paris-New-York en avion ! Selon de premières estimations de l'agence, en généralisant ces chiffres à l'ensemble des PME françaises, les économies potentielles à réaliser seraient d'au moins un milliard d'euros par an.

275 actions simples

Les PME témoins ont été sélectionnées par l'Ademe en partenariat avec 10 organismes professionnels. Toutes tailles (au-dessus des 20 salariés) et tous secteurs d'activité (agro-alimentaire, métallurgie, bâtiment, travaux publics, plasturgie, imprimerie, hôtellerie-restauration) étaient représentés. Les 275 actions menées ont porté sur l'optimisation des flux tant des ressources que de l'énergie, et ont été privilégies pour leur simplicité et leur reproductibilité. Le retour sur investissement a été de 7 mois en moyenne, mais 23% des gains ont été générés par des actions à retour immédiat.

82% des économies de matières ont notamment été engendrées par des actions de réduction à la source des déchets : limitation des projections des machines, recyclage des chutes de matière en interne... Ces démarches engendrent en effet une double économie : une réduction des achats de matières premières, mais aussi des coûts de gestion des déchets. L'Ademe cite notamment l'exemple de l'imprimerie Quo Vadis, qui a réduit ses pertes de papier en investissant dans une refonte des procédures qualité visant à ne jeter que les produits réellement non-conformes, mais aussi dans des bacs de couleur pour renforcer le tri des déchets et dans une campagne de communication afin de sensibiliser le personnel. Elle a ainsi pu réduire de 20% son taux de perte de papier, en économisant 357.000 euros en un an et avec un retour sur investissement inférieur à un mois.

Les utilités au centre des économies d'énergie

51% des gains en énergie sont en revanche réalisés via des actions sur les utilités - air comprimé, chauffage, climatisation au service du processus de production, alors que 21% des économies dépendent d'actions de gestion de la consommation, telles que couper les équipements inutiles la nuit et le week-end. L'entreprise de plasturgie Tecmaplast, par exemple, après avoir constaté que le refroidissement représentait 27% de sa consommation électrique, a mieux ajusté le niveau de température fourni par la centrale frigorifique aux besoins de la ligne de production. 85,9 MWh ont ainsi pu être économisés par an, avec un gain financier de 6.900 euros sans investissement et sans aucun effet négatif sur la production.

L'ensemble de ces exemples sont accessibles sur le site de l'Ademe, dont la démarche se veut surtout pédagogique. Les entreprises souhaitant s'en inspirer pourront même les sélectionner par type d'action, par région, par secteur d'activité, par taille du personnel et par typologie.

Giulietta Gamberini

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Commentaires 3
à écrit le 21/10/2016 à 20:44
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A continuer d'urgence. Le contrôle de dérives indique quoi..??

à écrit le 21/10/2016 à 14:36
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Merci pour cet article. L'industrie génère 14 tonnes de déchets par habitant par an il serait temps de s'attaquer à cette aberration couteuse et polluante.

à écrit le 21/10/2016 à 12:55
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Superbe travail a généraliser d'urgence.

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