Iran : un pas de plus vers la sortie de l'accord sur le nucléaire

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La mise en route des centrifugeuses avancées devrait accélérer la production d'uranium enrichi par l'Iran et augmenter les stocks du pays, qui depuis juillet dépassent la limite fixée par cet accord (300 kg) conclu entre l'Iran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne)
La mise en route des centrifugeuses avancées devrait accélérer la production d'uranium enrichi par l'Iran et augmenter les stocks du pays, qui depuis juillet dépassent la limite fixée par cet accord (300 kg) conclu entre l'Iran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) (Crédits : Handout .)
L'Iran a mis en route des centrifugeuses avancées dont la production augmentera le stock d'uranium enrichi produit par le pays.

Les tensions sont au plus haut entre Washington et Téhéran depuis que Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, les Etats-Unis fixant de lourdes sanctions économiques contre la République islamique. En réaction, l'Iran s'est dit samedi capable d'enrichir l'uranium à un degré supérieur à 20%, même si la République islamique n'a pas l'intention de franchir ce pas dans l'immédiat. "Nous avons commencé à nous défaire des limites qui pesaient sur nos activités de recherche et développement (...) Cela passe par le développement de centrifugeuses plus rapides et plus sophistiquées", a annoncé samedi le porte-parole de l'agence nucléaire iranienne, Behrouz Kamalvandi.

La politique de pression maximale des Etats-Unis appliquée dans l'espoir d'obliger l'Iran à renégocier est pour le moment vaine. A Paris, le secrétaire américain à la Défense Mark Esper a déclaré qu'il n'était pas surpris de voir Téhéran s'éloigner des termes de l'accord. De son côté, la France par la voix de la ministre des Armées Florence Parly, a rappelé de son côté en outre "l'objectif" de la France "de ramener l'Iran au respect de l'accord de Vienne" de 2015. Behrouz Kamalvandi a précisé sur le fait que les engagements pris par l'Iran sur la "transparence" de ses activités nucléaires seraient "honorés comme avant". Dans un discours télévisé mercredi, le président iranien Hassan Rohani avait prévenu que son pays allait reprendre le développement de centrifugeuses, en vue d'un enrichissement de l'uranium plus rapide. Il a précisé que son pays enrichissait l'uranium uniquement à destination des centrales nucléaires.

"Les parties européennes à l'accord (signé à Vienne en 2015) doivent savoir qu'il ne reste plus beaucoup de temps et que si quelque chose doit être fait, il faut que ça soit fait rapidement", a averti le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) dans une allocution télévisée.

Augmentation du stock d'uranium enrichi

L'Iran a donc mis en route des centrifugeuses avancées dont la production augmentera le stock d'uranium enrichi produit par le pays, a souligné Behrouz Kamalvandi. Cette mesure, si elle se confirmait, serait une nouvelle étape du désengagement progressif de Téhéran de l'accord de 2015 en riposte au retrait des Etats-Unis, en mai 2018, et au rétablissement des sanctions américaines qui avaient été levées après la négociation du Plan d'action global commun (PAGC ou JCPOA en anglais), le nom officiel de l'accord de 2015.

Behrouz Kamalvandi a détaillé devant la presse les mesures de la nouvelles phase du plan de réduction des engagements pris par l'Iran devant la communauté internationale à propos de ses activités nucléaires. Des mesures concernent en particulier "la surveillance et l'accès" des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Parmi les mesures constituant une réduction des engagements de l'Iran, il a indiqué que l'OIEA avait mis en route 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6, alors que l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 ne l'autorise à ce stade à produire de l'uranium enrichi qu'avec des centrifugeuses de première génération (IR-1).

La mise en route de ces centrifugeuses devrait accélérer la production d'uranium enrichi par l'Iran et augmenter les stocks du pays, qui depuis juillet dépassent la limite fixée par cet accord (300 kg) conclu entre la République islamique et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne). L'Iran a commencé en mai à réduire les engagements qu'il a consentis au titre de cet accord en représailles à la décision pris un an plus tôt par les Etats-Unis de dénoncer ce texte et de réimposer des sanctions économiques contre Téhéran. Le président iranien avait lancé mercredi soir la troisième phase du plan de réduction des engagements de l'Iran en ordonnant à l'OIEA de faire sauter toute limite à la recherche et au développement dans le domaine nucléaire.

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Commentaires
a écrit le 08/09/2019 à 10:29 :
C'était rapide à croire qu'ils l'avaient déjà sous la main...

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