La solvabilité d'EDF menacée par les EPR britanniques

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Le soleil se couche derrière les transformateurs de la centrale nucléaire Hinkley Point B d'EDF Energy à Bridgwater.
Le soleil se couche derrière les transformateurs de la centrale nucléaire Hinkley Point B d'EDF Energy à Bridgwater. (Crédits : REUTERS/Suzanne Plunkett)
Le projet d'Hinkley Point, un énorme complexe nucléaire à 33 milliards d'euros, va peser sur les comptes d'EDF et de ses partenaires chinois, a souligné Moody's dans une note. Le groupe français a annoncé qu'il allait procéder à des cessions afin de compenser l'impact de cet investissement conséquent.

L'envergure et la complexité du projet de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR en Grande-Bretagne par EDF, China General Nuclear Power Corporation et China National Nuclear Corp aura un effet négatif sur la solvabilité de ces entreprises, selon l'agence Moody's.

"EDF (...) dont il est prévu que la participation soit majoritaire dans le projet, verra une pression s'exercer sur ses ratios de solvabilité", estime l'agence de notation dans un communiqué publié lundi 28 septembre.

Cessions en vue

Elle ajoute cependant s'attendre à ce qu'EDF prenne des mesures pour en atténuer les effets financiers. Le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, a récemment indiqué qu'EDF consoliderait par intégration globale son investissement dans le projet de construire deux EPR à Hinkley Point et que le groupe devrait en conséquence procéder à des cessions.

Il a ajouté qu'EDF était en discussion avec S&P et Moody's pour limiter à un cran la baisse de sa notation en tant qu'émetteur mais qu'il maintenait l'objectif d'un cash-flow après dividende positif en 2018.

Un projet à 33 milliards d'euros

Le coût total du projet d'Hinkley Point est estimé à 24,5 milliards de livres (33 milliards d'euros environ) par la Commission européenne alors qu'EDF chiffrait sa construction à quelque 16 milliards de livres en 2013. Cela équivaut à environ 12% du total des actifs du groupe français, représentant 271 milliards d'euros, a souligné Moody's.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 29/09/2015 à 21:55 :
Pas grave les Français paieront ils sont si gentils ces Français
a écrit le 29/09/2015 à 15:15 :
Plutôt par son personnel et ses retraités qu'on nous fait lâchement payé sur nos factures !
a écrit le 29/09/2015 à 12:53 :
Besoin d'argent , comme d'habitude les augmentations d'électricité seront sollicités ou l'impôt , mais au final tout le temps les mêmes.
a écrit le 29/09/2015 à 9:16 :
EDF devrait plutot continuer à etre un service public que de s'engager dans des opérations hasardeuses comme celle-là pour laquelle le retour sur investissement est si lointain que personne n'a voulu u s'y engager .On voit ce qui va se passer; c'est que les Chinois vont nous sauver des éventuelles suites difficilles qui pourraient mettre en péril l'entreprise
Réponse de le 29/09/2015 à 11:14 :
C'est justement le rôle d'un Service Public de s'engager sur un horizon que le marché ne sait pas valoriser. Heureusement qu'en 1960 nos dirigeants ont cru au nucléaire (mais ils ne l'ont pas financé et laissé EDF s'endetter). Peut-être e^tes-vous gêné par les service du public anglais ?
a écrit le 29/09/2015 à 7:26 :
Comparaison : La totalité des dépassements d' honoraires pour les médecins et chirurgiens français c' est environ 2 milliards d' euros.

Le chiffre d affaires des mutuelles (ce sont avant tout des organismes financiers) est d' environ 34 milliards d' euros .
On s' habitue : Le "Toujours plus pour le fonctionnement de la finance", que l' on déduit en philigranne de cet article, c' est le "toujours moins pour les personnes qui travaillent au quotidien"

Les politiciens sont là pour faire ce qui convient : la loi santé actuellement en débat au sénat va priver les français de leur médecine libérale (fonctionarisation avant privatisation pour de vrai) et ouvrir les données médicales aux organismes financiers . Tout cela pour le bien des malades évidemment.
a écrit le 28/09/2015 à 22:49 :
Je suis contre le nucléaire et il n'y a plus rien à dire aujourd'hui tant les faits parlent d'eux mêmes. Il y avait le fiasco d'Areva, il y aura le fiasco EDF ! De plus les énergies renouvelables étant de plus en plus compétitives, dépenser des dizaines de milliard pour produire de l'électricité nucléaire sera un gouffre financier.
Réponse de le 29/09/2015 à 9:51 :
Sauf que le faite qu'elle soit de plus en plus compétitive ne fait pas tout, un pays à besoin d'avoir une certaine sureté dans l'approvisionnement électrique, vous faites quoi si vos énergies renouvelables ne peuvent suivre à l'instant T ou la demande explose ? Tout le réseau s'effondre et ?

Le nucléaire est à l'heure actuelle, indispensable dans le mix énergétique des pays Européens, c'est ça ou en revenir, comme les Allemands, massivement au gaz et au charbon, gros émetteur de CO², à l'heure ou tout le monde s'accorde sur sa nécessaire réduction pour le réchauffement climatique.

Il faut voir un peu plus loin que le bout de son nez, EDF par exemple ne peut pas claquer des doigts, en hiver, lorsque la demande explose, pour pouvoir fournir tout le monde, non ils savent déjà à l'avance ce qu'ils seront capable de fournir, et que cela suffira au vue des prévisions. Et bien entendu, on ne peut prévoir 6 mois à l'avance ce que fournirons les éoliennes par exemple, on ne peut donc se reposer exclusivement là-dessus, ça parait pourtant si logique !
Réponse de le 29/09/2015 à 14:39 :
@Lufo

Le modèle centralisé de production d'énergie est obsolète. La production d'énergie sera de plus en plus décentralisée dans un vaste réseau mondial.
Aujourd'hui c'est l'Europe qui s'interconnecte, demain ça sera le monde entier. L'argument d'intermittence sur les énergies renouvelables est fini car il fera toujours jour quelque part pour alimenter des panneaux photovoltaiques. Il existe aussi des solutions pour stocker l'énergie tels que le stockage en énergie potentielle de pesanteur, solution déjà adoptée sur l'île El Hierro. Il faut juste une volonté politique qui manque en France car beaucoup de X, Mines et autres gugus (des gens supposés instruits) défendent bec et ongles une énergie du passé, une énergie du passif (je pense notamment à la gestion des déchets où des gens comme vous vont évidemment refuser l'enfouissement à côté de chez eux, ou encore le démantelement des centrales). Evidemment on préfère dépenser des milliards pour des EPR qui ne fonctionneront jamais et qui feront le risée du monde entier.

Enfin, l'énergie nucléaire reste dangereuse dans le contexte actuel car : le risque industriel ne peut être exclu et le risque terroriste encore moins.
Réponse de le 29/09/2015 à 19:27 :
@eolivier

N’êtes-vous pas un doux rêveur? Croyez-vous qu’un réseau mondial sera capable de fournir l’énergie nécessaire et que les différents pays de la planète sont prêt à partager cette énergie ? Il suffit de regarder ce qui se passe dans le monde pour être convaincu du contraire.
L’énergie nucléaire n’est certainement pas le meilleur choix mais il y a peu de méthode pour fabriquer de l’électricité sans dommage pour l’environnement. On peut se féliciter que la France est dans le passé fait ce choix du nucléaire. Mais maintenant, il faudrait penser à en sortir. Mais cela ne pourra se faire que très lentement car actuellement je ne vois pas comment remplacer cette source d’énergie. Les éoliennes, hydroliennes et la production solaire sont certainement des solutions d’avenir mais il faudrait qu’on soit capable de stocker l’électricité. En attendant, cette production doit s’effectuer avec un autre mode de production plus dommageable pour l’environnement
Je trouve aussi que les EPR coutent vraiment trop cher et que l’engagement d’EDF dans d’autres pays sans avoir acquis en France l’expérience utile est très hasardeux. Il est vrai qu’on sera toujours là pour payer.
a écrit le 28/09/2015 à 22:47 :
Si les Anglais ne le font pas eux-mêmes c'est bien parce qu'il y a un gros risque qu'ils veulent faire payer par d'autres.
a écrit le 28/09/2015 à 22:29 :
L'actionnaire d'EDF a assez d'argent pour renflouer les caisses s'il le faut.
a écrit le 28/09/2015 à 21:17 :
EDF va se faire avoir. Du coup cela nous coutera une fortune. Je parie qu'une fois qu'il fonctionnera, les anglais rachèteront cela une bouchée de pain. Ce sera très facile, ils prendront prétexte du retard inévitable au vue du cas des précédents EPR. Vu que notre facture d'électricité risque d'augmenter à cause de cet investissement en Angleterre, autant dire que c'est le contribuable français qui paiera cela et que ce seront les financiers anglais qui récupéreront la mise. Une extension du principe nationalisation des pertes (pendant la construction de l'EPR, les contribuables français casqueront) et privatisation des profits (quand les anglais récupéreont l'EPR pour une bouchée de pain avec en prime des ingénieurs français qui le feront fonctionner tout en postant sur internet leur haine des français restant en France comme la majorités des expats en pays anglo-saxons). En fait, il s'agira d'une nouvelle version internationale du principe : on tond au maximum les moutons d'Europe continentale (ici français) en nationalisant les pertes et le anglo-saxons encaissent un max. (ici les anglais) en privatisant les bénéfices. En prime, on embauchera des moutons pour faire fonctionner la boite.
Brave new world.
a écrit le 28/09/2015 à 20:30 :
Nous, dirigeants énarques et polytechniciens, on s'en fout !
On sera payés au max...
Merci contribuables et usagers.
a écrit le 28/09/2015 à 20:21 :
ft se poser des questions sur les responsabilites! vendre de l'epr a tt le monde alors que le reacteur filandais d'areva n'en finit plus de generer des frais, ca laisse perplexe!
voila une bonne politique d'etat, comme le concorde et autres, decidee en haut lieu ' par des gens intelligents' ( oui bon on se comprend...) vu qu'en cas de faillite l'actionnaire principal remettra au pot via augmentations de tarifs, ' contributions exceptionnelles, et autres
c'est curieux que Santi, qui a fait un brillant expose sur VW n'en fasse pas un sur la vision ' a long terme' des projets d'etat !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 28/09/2015 à 18:08 :
Ouf bonjour les augmentations pour l'usager Français, après superphénix toujours en démantèlement nous avons l'EPR toujours en construction et maintenant les EPR en Angleterre.....le gaspillage de l'argent public reste une notion bien établie en France et jamais combattue par nos responsables politiques...
a écrit le 28/09/2015 à 18:07 :
Je sais que personne ne souhaite mon avis, mais je vais quand même le dire.
Bien qu'étant plutôt bienveillant envers l'énergie nucléaire, je trouve ce projet d'EDF assez dangereux. Tous les EPR vont plutôt mal, aucun n'est en exploitation et EDF s'engage dans des dizaines de milliards de plus. Je ne pense pas que j'oserais faire un paris aussi important avec les connaissances actuelles. J'espère sincèrement que ça va marcher pour eux, mais je comprends Moodys qui diminue la cotation de confiance.
Réponse de le 28/09/2015 à 19:56 :
Ce n'est pas cotation mais notation soit le risque de solvabilité financière d'une entreprise ou d'un état

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