Le nucléaire est-il menacé par le réchauffement climatique ?
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PASCAL ROSSIGNOL
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Le sort s'acharne sur EDF, à l'heure où l'exécutif entend relancer le nucléaire dans l'Hexagone. Et pour cause, tandis qu'un défaut de corrosion identifié dans plusieurs de ses centrales a obligé l'opérateur historique à mettre neuf réacteurs à l'arrêt, un autre événement survenu dans la nuit de lundi à mardi a donné du grain à moudre à de nombreux détracteurs de l'atome, Jean-Luc Mélenchon en tête.
En effet, des prévisions de températures élevées de l'estuaire de la Gironde ont contraint l'énergéticien a réduire de 100 mégawatts (MW) la puissance mobilisée de la centrale du Blayais (Nouvelle-Aquitaine). Et plusieurs autres installations pourraient être concernées « jusqu'au dimanche 15 mai 2022 », a fait savoir EDF, au moment-même où la France souffre d'un manque de production du parc. De quoi pousser le chef de file de la France Insoumise à qualifier cette source d'énergie décarbonée d' « intermittente ».
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De fait, un tel ralentissement est inhabituel à cette période de l'année. Surtout, la fréquence de ces incidents a bien tendance à croître : en juillet 2019, pas moins de sept réacteurs avaient subi une réduction de puissance « pour causes externes liées aux conditions climatiques ». Y compris en dehors de l'été, puisque Chooz 2 et Cattenom 4 avaient été stoppés au mois de septembre du fait d'un débit insuffisant des cours d'eau.
Et ce risque d'indisponibilité pour les réacteurs sensibles au climat devrait encore augmenter « d'un facteur deux à trois », selon le gestionnaire du réseau électrique national RTE.