Alors que le Conférence des Nations-unies sur les changements climatiques approche, la filière forêt-bois française fait savoir qu'elle a besoin d'argent. Elle profite de l'imminence de l'évènement mondial qui se tiendra à Paris pour mettre en avant la finalité environnementale, et donc d'intérêt général, de son activité.
A un moment où la France met en avant sa stratégie nationale « bas carbone » (SNBC) et son objectif de réduire par quatre les émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050, la filière surfe sur l'avantage compétitif environnemental du bois par rapport à d'autres matériaux comme le béton, l'acier ou l'aluminium.
Problème : pour assumer ses objectifs, la filière forêt-bois - qui représente 440.000 emplois en France - a besoin de moyens financiers afin d'entretenir les forêts et de les renouveler dans le temps, soit « au minimum 150 millions d'euros par an », explique Luc Charmasson, le président de France bois industries entreprises. « En effet, une forêt non gérée captera quatre fois moins de C02 qu'une forêt gérée de façon dynamique », ajoute-t-il.
Les pouvoirs publics aussi l'ont compris : le fonds chaleur de l'Ademe, les fonds d'investissements dédiés de la BPI ou le plan industries du bois sont autant de dispositifs censés soutenir le développement de la filière forêt-bois, qui représente aujourd'hui 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Ce mardi, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll en a même rajouté une couche : comme cela a été fait pour la filière agricole, un grand plan Innovation à horizon 2025-2030 va être déployé par l'Etat pour la filière forêt-bois.
Mais les efforts de l'Etat, qui reste empêtré dans un cadre budgétaire contraint, ne suffiraient apparemment pas, à entendre les professionnels, pour que la filière prenne une place de choix dans l'économie Française. Il faut dire que la taille totale des forêts françaises -17 millions d'hectares- est telle que les moyens financiers à mobiliser pour en développer l'exploitation sont importants.
Pour prendre une autre dimension, les professionnels et les pouvoirs publics s'accordent donc à dire qu'il faut solliciter les investissements privés. Plusieurs mécanismes existent déjà, notamment ceux qui utilisent l'épargne solidaire. « Ces investissements visent à abonder le fonds de la filière forêt-bois française dédié à la reconstitution ou à la transformation de peuplements », indiquent les professionnels du bois.
Mais désormais, la filière travaille surtout à faire venir davantage de capitaux d'investisseurs institutionnels, principalement les assureurs-vie, les premiers collecteurs d'épargne en France.
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De quoi certainement attirer des montants significatifs. Mais les exploitants ne risquent-ils pas à terme de subir les exigences de rentabilité des institutionnels, que l'on sait très durs en négociation, ce qui pourrait nuire à la mission d'intérêt général de la filière, c'est-à-dire la préservation des forêts et de l'environnement ? Autrement dit, la qualité de la gestion des forêts résistera-t-elle aux exigences de rentabilité des investisseurs privés?
Et si les professionnels de la filière avouent que la rentabilité d'une exploitation forestière « peut-être considérée comme faible », ils assurent en revanche que les exigences de qualité de gestion qu'ils s'imposeront pour convaincre les investisseurs privés rapporteront de meilleurs revenus.
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Pierre Achard rappelle enfin que l'investissement forestier joue un rôle contracylcique lors des crises, car il apporte une stabilité sur le long terme. « Les mécanismes de financement s'inscrivent sur du long terme : la croissance de l'arbre s'effectue sur 25 ans au minimum », arguent les présidents des filières bois. De quoi, en partie, répondre aux problématiques de diversification du patrimoine des grands investisseurs.
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