Nucléaire : l"EPR de Flamanville "n'est pas condamné", assure Royal

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L'anomalie de fabrication détectée sur la cuve de l'EPR de Flamanville est sérieuse, a estimé mercredi 15 avril Pierre-Franck Chevet, président de l'ASN.
L'anomalie de fabrication détectée sur la cuve de l'EPR de Flamanville est "sérieuse", a estimé mercredi 15 avril Pierre-Franck Chevet, président de l'ASN. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
Une anomalie de fabrication a été détectée sur la cuve du réacteur nucléaire de troisième génération construit par EDF et Areva. La ministre de l'Ecologie assure que des "ajustements de travaux" sont en cours.

Interrogée dimanche 19 avril sur la chaîne France 5 sur l'avenir de l'EPR de Flamanville après l'anomalie de fabrication révélée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la ministre de l'Ecologie et de l'Energie a affirmé: "Non, il n'est pas condamné". "EDF a communiqué pour dire que l'ouverture serait sans doute retardée d'une année", a-t-elle souligné.

"Les Français peuvent être rassurés au sens où l'ASN dit les choses", a estimé la ministre, vantant un "système français transparent (...) et ça, c'est quand même un progrès extraordinaire. [...] Cela permet au parlement de faire des auditions, au gouvernement d'exiger des évaluations, des tests complémentaires, ce qu'Areva s'est engagé à faire"

"Ce sont des travaux extrêmement complexes (..) et comme dans tous les travaux industriels, même ceux menés en dehors de la filière nucléaire, il y a des ajustements en cours de travaux", a plaidé Ségolène Royal.

EDF assure que le "chantier de l'EPR de Flamanville se poursuit"

Selon la ministre de l'Ecologie, "la clarification est faite, les choses sont dites, il y a un complément d'examens, de tests qui vont avoir lieu, dont les résultats seront rendus publics à l'automne prochain, et ensuite les travaux reprendront".

De son côté, EDF a rappelé dans un communiqué diffusé dans la soirée que "dans l'état actuel des informations disponibles", le "chantier de l'EPR de Flamanville se poursuit".

Une anomalie "sérieuse", juge l'Autorité de sûreté nucléaire

L'anomalie de fabrication détectée sur la cuve de l'EPR de Flamanville est "sérieuse", a estimé mercredi 15 avril Pierre-Franck Chevet, président de l'ASN, soulignant que cette autorité administrative indépendante entend se forger une "conviction très forte" avant de trancher sur le dossier.

L'anomalie concerne la composition de l'acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur.

Areva, qui a fabriqué la cuve, doit proposer des essais complémentaires visant à cerner "l'importance de l'anomalie, essayer de la qualifier et de voir quels impacts elle a potentiellement sur la sûreté", selon le président de l'ASN. Cela représente "un très gros travail de plusieurs mois".

Rapprochement Areva-EDF: Royal promet une décision rapide

Par ailleurs, dimanche, Ségolène Royal a promis dimanche que le choix des modalités du rapprochement entre le groupe nucléaire Areva, en grande difficulté financière, et l'énergéticien EDF, sera fait "assez vite".

"Mon objectif en tant que ministre chargée de l'Energie, c'est qu'on soit les meilleurs dans toutes les formes de production d'énergie et donc il faut un rapprochement entre EDF et Areva", a-t-elle ajouté.

(Avec AFP)

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a écrit le 21/04/2015 à 12:05 :
La Sté qui a produit l'alliage mis en cause dans la fabrication de la cuve peut se mettre en faillite tout de suite. Retarderer par sa faute un chantier de plus d'un an, les indemnités réclamées vont être énormes.
L'affaiblissement du tissu industriel français produit malheureusement ce genre de "dysfonctionnement".
On se souvient dans le même genre des hélices du PA Charles de Gaulle fabriquées par une société française montée en hâte dans ce but et qui n'avait manifestement pas les capacités techniques pour mouler ces pièces aux formes complexes.
Réponse de le 21/04/2015 à 12:52 :
Nous avons des écoles de renommée internationale d'où sortent des ingénieurs très qualifiés, parmi les meilleurs au monde, mais malheureusement, faute de débouchés financièrement et techniquement intéressants, ils s'expatrient.
Il vaudrait mieux fermer ces écoles, si au bout du compte elles servent à former les élites de nos principaux concurrents.
Le jour où un gouvernement aura compris que c'est l'industrie et pas le social qui tirent un pays nous aurons fait un grand pas.
a écrit le 21/04/2015 à 9:38 :
Vous voulez connaître le vrai fond du problème ? Le voilà, il relève de l'"exception française", une tendance lourde à créer des réglementations de plus en plus contraignantes sans réfléchir aux conséquences : "trop de réglementation tue l'objet de la réglementation" ou "vouloir faire trop de sûreté peut conduire à ne plus faire de sûreté du tout".
En 2005, une nouvelle réglementation a été imposée par l'ASN pour les nouveaux équipements nucléaires ; aucun pays au monde n'a un tel mille-feuilles de critères à respecter, de tests à réaliser... et EDF a résisté mais a dû s'incliner : le gendarme a toujours raison.
Résultat : il n'est quasiment plus possible de fabriquer des matériels sous pression (cuve, générateurs de vapeurs) suivant les spécifications du nouvel arrêté dit "ESPN" de 2005. Avec comme conséquence des GV neufs à Blayais 3 qui ne peut redémarrer depuis 1 an, et la cuve de l'EPR qui n'est pas totalement conforme à ces spécifications pondues par des fonctionnaires qui n'ont jamais exploité aucun outil industriel.
En revanche, les Chinois qui n'ont pas cette pratique de complexification, ont une réglementation différente qui permet de mettre en service sans problème les cuves de leurs 2 EPR sans aucun souci.
Certains pourraient croire que davantage de contraintes protège les populations : il faut savoir que les réacteurs actuels fabriqués dans les années 1970 avec les mêmes procédures que l'EPR sont probablement affectés des mêmes "anomalies", et pourtant n'ont jamais posé de problème.
Que faire maintenant : eh bien faire ce que l'ASN aurait dû faire si elle avait écouté les industriels avant de pondre ses spécifications "haut de gamme" : laisser les industriels faire des essais qui montrent que les contraintes administratives de l'arrêté ne sont liées à aucun risque réel, donc ne sont pas justifiées.
Elle peut aussi s'entêter, dans ce cas il faudra arrêter toutes les centrales, il n'y aura plus de nucléaire... et plus d'ASN évidemment. Et nous payerons notre électricité beaucoup beaucoup plus cher, en devant nous rationner quand nous manquerons de vent et de soleil.
a écrit le 20/04/2015 à 15:54 :
Il n'est pas condamné ...il va seulement couter encore plus d'argent.......
a écrit le 20/04/2015 à 15:46 :
Ils pourront la rebaptiser Centrale de Flamanbyl :)
a écrit le 20/04/2015 à 14:55 :
Elle parle encore "Même si je voulais partir, on me demanderait de rester" aussi incompétente je vois pas , Hollande Valls surement :).
Petit rappel pour sa condamnation "Affaire Prud'hommes Ségolène Royal, Arrêts N°723 et 724 F-D du 08.04.09, Cour de Cassation, Chambre Social"
Réponse de le 20/04/2015 à 22:41 :
Eh ben si on devez faire la liste de toutes les condamnations de tous les politiques, une encyclopédie ne suffirait pas. Tiens faites nous la liste pour marine le pen, ça serait interessant non ?
a écrit le 20/04/2015 à 14:53 :
Alors que l'on ne sait pas démonter des centrales nucléaires et de l'on ne sait quoi faire de tous ces déchets radio-actif à long terme , l'on construit un nouveau monstre avec des déchets encore beaucoup plus dangereux . Tout l'argent de l'innovation énergétique qui pourrait aider la recherche pour un avenir moins dangereux est placé dans cette mauvaise réalisation. Faut se réveiller un jour !
a écrit le 20/04/2015 à 10:19 :
C'est brumeux comme communication, donc inquiétant.
Le fond du problème est de savoir si la centrale va produire un jour, ce qui n’est pas garanti et surtout, combien ça va coûter ? Déjà au départ, le projet ne semblait pas viable, mais il faut bien occuper l’ego de nos élites.
Côté technologie, maitrise d’œuvre et d’ouvrage, je pense que l’on pourrait commencer à parler d’incompétence. Comme quoi on peut tout calculer, modéliser et promettre, mais seule la science empirique permet d’évaluer les résultats (cela permet également accessoirement de mesurer le niveau de bêtise).
En tous cas, politiquement c'est une erreur pour le PS, car cela revient à endosser les erreurs des gouvernements précédents, tout de même à l’origine de ces projets aussi pharaoniques que déraisonnables.
C’est le même problème que pour la crise financière et la dette, au lieu de faire un état des lieux et de prendre les bonnes décisions, ils n’ont fait que tergiverser et bidouiller. Ce qui revient à être complice, sinon même responsable de l’échec.
Mais quelle étrange stratégie ? si stratégie il y a.
Réponse de le 20/04/2015 à 14:00 :
Ce n'est pas brumeux, mais synthétique, et certainement trop synthétique dans cet article. D'autres médias vous donneront plus d'informations. Par exemple, que le couvercle a été réalisé en 2009, que la réglementation de l'ASN change, et qu'il a fallut au moins 2 ans pour définir les tests de résiliences du fait du changement de réglementation. On a connu aussi le durcissement de la réglementation sur les micro-fissures du béton.
Si la volonté est la recherche du zéro risque, c'est inutile de naître, puisque votre mort est assurée.
Si la volonté est d'augmenter les coûts de réalisation pour démontrer a postériori un non sens économique, c'est bien parti.
Mais le plus incompétent, c'est probablement vous, sauf en matière de communication : détruire gratuitement avec des simplifications et affirmations faciles.
Si les concernés étaient aussi incompétents que vous le supposé, notre espérance de vie serait de l'ordre de 30 ans, comme il y a à peine quelques siècles.
Réponse de le 20/04/2015 à 18:46 :
Une drôle de façon de refaire l'histoire. Vous confondez le renforcement de la réglementation concernant les éléments de sûreté (radiés, enceintes béton, procédures de surveillance, normalisation de la sous-traitance, etc.) et un vice de fabrication sur 2 éléments de la cuve acier (fond et couvercles) - seuls éléments français. Ce problème est connu depuis 2 ans par EDF et Areva qui n'ont pas tenu compte des recommandations de l'ASN (document interne publié ce jour).
Nous verrons bien si les Chinois, les Finlandais, et les Anglais accepteront de jouer à la roulette Russe...
J'admire votre confiance dans les grands corps d'Etat qui pilotent le destin de la France.
Bien à vous
a écrit le 20/04/2015 à 9:58 :
Si l'embryon n'est pas encore condamné son avenir est quand même sombre. Ça commence à faire très cher de le maintenir en vie, l'avortement thérapeutique s'impose, d'autant qu'il pourrait finir psychopathe et nous assassiner.

L'acharnement thérapeutique aux frais du contribuable peut se comprendre pour une vie humaine, sacrée, c'est plus difficile dans le cas d'un pétard géant.
a écrit le 20/04/2015 à 9:09 :
Y a quand même un truc effarant dans cette histoire, ils n'auraient pas pu faire ces contrôles là AVANT de refermer la boîte ???
Parce que maintenant, effectivement, cela va être très difficile, voire impossible à réaliser.
N'en déplaise à Mme la ministre !
Ou alors on fait l'impasse, et ça nous pète à la gueule ...
Réponse de le 20/04/2015 à 9:21 :
Mais Ségo elle, devrait l'être, et rapidement (notamment pour incompétence notoire)...
Réponse de le 20/04/2015 à 9:42 :
normalement le département qualité du constructeur de la cuve aurait du voir ces défauts et ne pas la présenter à la réception finale avant son montage.
Qui a fait la réception. Quelles mesures prises pour que ce travail soit fait fait dorénavant comme il faut? Qui et responsable? Y-en a t'il un ou se complet -on dans un système ou les responsabilités son diluées à l'extrême.
Réponse de le 20/04/2015 à 11:08 :
La cuve a bien évidemment passé une batterie de tests chez Areva avant d'arriver à Flamanville et les a réussi puisqu'elle a été implantée dans la machine.

Il semblerait que le problème vienne de la réglementation ESPN, entrée en vigueur en 2011, et qui durcit considérablement les exigences.
Réponse de le 20/04/2015 à 12:42 :
Bonjour à tous,
Des commentaires intéressant particulièrement de Curieux 44 et de Bachoubouzouc: pour info complémentaire vécue, j'ai travaillé chez des équipementiers du nucléaire fournissant des pièces du circuit primaire telle que la cuve, les tubes ou le pressuriseur en techno Westinghouse REP/ PWR: les premières réceptions des pièces se font chez le fournisseur de la pièce avant expédition par des organismes indépendants type SGS/ TÜV/ Germaniser Lloyd ... en fonction de leur niveau d'accréditation. J'accueillais les certificateurs des pièces chez Manoir Industrie pour le client (MAN Allemagne notamment). A chaque fois les experts des agences de contrôles étaient d'un très haut niveau technique. 4 observations :
1- soit ces pièces ont été réceptionnées avant la réglementation ESPN: la traçabilité de la chaîne qualité aurait du faire revalider les pièces avant soudage définitif
2- soit les règles ESPN hors chantier sont moins contraignantes que les exigences de l'ASN sur chantier alors là c'est gravissime d'un point de vue technique/ qualité. Est ce que l'ASN est présente en phase réception sur les sites de fabrication aux côtés des organismes de réception?
3- soit les exigences de l'ASN ne se réalisent que sur le chantier pour la cuve: ce qui est encore plus gravissime d'un point de vue gestion de projet
4- et les cuves EPR finlandaises, chinoises? .... moins d'exigences techniques locales des équivalents locaux de ASN?
a écrit le 20/04/2015 à 8:05 :
C'est quand même dingue de vouloir s'entêter sur le nucléaire comme ça. Le nucléaire c'est mort !
Réponse de le 20/04/2015 à 8:57 :
@eolivier
L'énergie nucléairen'en déplaise à certains ... maintenant qu'il a été payé est encore pour 30 ans au moins ... NOTRE PETROLE sauf à faire comme les allemands et bruler de la tourbe non polluante bien sûr. L'éolien et le solaire (sauf air/air) ne sont pour l'instant pas des solutions pérennes et régulière et ne fonctionnent que par subventions à grands frais (argent des contribuables et consommateurs) car ne fonctionnant qe quand les éléments sont disponibles et doivent en plus bénéficier pour être utiles d'une solution de stockage.
Réponse de le 20/04/2015 à 12:28 :
@graton : manifestement vous ne connaissez rien au sujet :
1/ le nucléaire est amorti mais n'est plus financé d'ou les fortes hausses du tarif de l'électricité annoncé, et les milliards à débourser pour prolonger la vie des centrales et les sécuriser.
2/ "maintenant qu'il a été payé : l'addition pour l'EPR de Flamanville tourne actuellement aux alentours de 9.5Mds€ (contre 3 Mds€ prévus initialement), et on est très loin de la mise en service, si elle arrive un jour. Si c'est votre concept du "a été payé" vous ne devez pas être très copain avec votre banquier
3/ Avec l'interconnection des réseaux, les smart grid et la multiplicité des sources renouvelables, les opérateurs savent gérer l'intermitence. Notamment grace au turbinage, solution de stockage tampon de l'énergie produite par les centrales nucléaires lorsque la demande est inférieure à la production.

Bref la seule chose que je vous accorde, c'est que le nucléaire ont en a bien pour 30 ans au moins.
Réponse de le 20/04/2015 à 19:50 :
Je ne souhaite a personne 30 ans de plus de Fessenheim, et reacteurs equivalents.
Vu les finances du pays, nous ne nous releverons pas d'un Fukushima francais.

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