Nucléaire : l'heure de vérité ?

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(Crédits : Reuters)
Alors que le débat public sur la révision de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), dont le gouvernement doit publier une première mouture d'ici à la mi-juillet, vient de s'achever, le calendrier de fermeture de certaines centrales nucléaires continue de faire débat entre l'État et EDF, qui entend même en construire de nouvelles.

Quelles énergies pour la France demain ? Le débat public sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui a connu son apogée avec le vote de 400 Français tirés au sort le 9 juin dernier à l'Assemblée nationale, s'est achevé le 29 juin.

Un rapport, synthétisant les avis, souhaits, craintes, étonnements, oppositions des quelque 10.000 citoyens qui se seront exprimés lors des dizaines de réunions organisées dans la France entière depuis le 19 mars, sera remis au gouvernement d'ici au mois de septembre. Ce dernier a, quant à lui, promis pour le 10 juillet une première mouture de la PPE, qui doit définir la trajectoire énergétique française pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028.

Jacques Archimbaud, président de la Commission particulière du débat public (CPDP), aux manettes de ce débat, affirme ainsi :

« La loi sur la transition énergétique était un compromis acceptable qui accroissait la liberté et la capacité d'agir en abaissant la part du nucléaire à 50 % du mix électrique. Et le fait de ne pas l'appliquer ne passe pas comme une lettre à la poste. »

La loi comporte de nombreux objectifs : diviser par deux la consommation énergétique d'ici à 2050 et celle d'énergies fossiles de 30 % d'ici à 2030 par rapport à 2012, ou encore porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d'énergie en 2020 et à 32 % en 2030. Mais c'est une autre mesure phare de cette loi, votée en août 2015 à l'unanimité, qui cristallise le débat : faire passer la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 % d'ici à 2025. Or, Nicolas Hulot l'a lui-même annoncé le 7 novembre dernier, le gouvernement a renoncé à atteindre cet objectif à la date prévue. Se fondant sur certains scenarii élaborés par RTE, l'opérateur du réseau de transport d'électricité à haute tension, il affirme que cela ne pourrait se faire sans en passer par des moyens supplémentaires de production thermique et un accroissement des émissions de gaz à effet de serre.

Cette affirmation est contredite par plusieurs études, dont celle d'Energy Union Choices (EUC), collectif européen d'universitaires, de consultants et d'associatifs, publiée le 21 juin, qui montre qu'il est possible d'accélérer le déploiement des énergies renouvelables électriques et de réduire sensiblement les capacités nucléaires françaises, tout en s'abstenant du back-up [soutien, ndlr] fourni par les centrales au charbon d'EDF. Par ailleurs, étant donné le faible poids de la production électrique dans les émissions nationales, une légère hausse pourrait sans doute être compensée par des efforts plus importants consentis dans d'autres secteurs. Mais, au pays de la COP21 et du « Make our planet great again », on ne plaisante pas avec le climat.

Les destins liés de Fessenheim et de Flamanville

Il faut reconnaître que depuis son annonce par François Hollande lors de la première conférence environnementale à l'automne 2012, rien n'avait été fait pour transformer en réalité cet objectif pourtant gravé dans le marbre de la loi en août 2015. Mais l'absence de nouvelle échéance annoncée par l'exécutif prolonge le flou. Arnaud Leroy, nouveau président de l'Ademe, a beau rappeler régulièrement que ce débat (qui s'est déroulé en 2012) est derrière nous et qu'il n'est pas question de le rouvrir, force est de constater que les protagonistes poursuivent leurs controverses.

Dans tous ses calculs, l'opérateur historique (dont l'État détient 83,5 %) prend pour plancher la puissance de 63,2 GW du parc nucléaire, qui a pourtant été fixée comme plafond par le législateur. D'où le principe désormais acquis de ne fermer la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) qu'à l'entrée en service de l'EPR de Flamanville (Manche). Le secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, ayant été chargé d'une mission déminage en Moselle, la fermeture de Fessenheim semble enfin sur les rails.

On ne peut pas en dire autant de la mise en service de Flamanville. Déjà repoussé de sept ans (avec un budget passé de 3 à 10,5 milliards d'euros), le chantier de l'EPR français n'en finit pas de connaître des incidents. Le dernier en date, la découverte de défauts sur certaines soudures du circuit secondaire, pourrait entraîner plusieurs mois, voire un an, de retard.

Or, si quelques mois supplémentaires pour mener à bien la fermeture de Fessenheim pourraient arranger les affaires du gouvernement, il ne faudrait pas non plus que la situation s'éternise. Certes, le champion français de l'atome ne manque pas de saluer comme une excellente nouvelle pour la technologie EPR l'autorisation de l'autorité de sûreté d'engager la première réaction nucléaire de l'EPR de Taishan construit par EDF et ses partenaires chinois. Mais on peut douter que cela suffise à calmer les interrogations du gouvernement français à propos de ce modèle, qui connaît également des déboires à Olkiluoto, en Finlande, où la mise en service vient d'être à nouveau repoussée de plusieurs mois.

Un calendrier de fermeture promis pour cet été

Plusieurs rapports, produits par des ONG ou par la Cour des comptes, et repris par Nicolas Hulot lui-même, évoquent la fermeture de 17 à 20 réacteurs sur 58 pour atteindre une part de 50 % dans le mix électrique. Quant au calendrier de fermeture, le gouvernement, comme le précédent, s'abrite derrière l'avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Mais, alors que celle-ci aurait dû rendre un avis générique en 2018 avant d'évaluer centrale par centrale la faisabilité et les conditions d'une prolongation, notamment les travaux nécessaires, ces échéances ont été reportées à 2020 et à 2021.

« Nous avons demandé plus de choses à l'exploitant, ce qui lui a pris plus de temps pour nous les fournir et ce qui nous prend plus de temps à instruire », justifie Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire. Si l'ASN se prononce sur la nature des travaux à effectuer, c'est EDF qui en chiffre le coût, et c'est sur cette base que le gouvernement établira une liste de centrales à fermer pour atteindre les 50%.

« À l'issue du débat public en cours sur la PPE, entre cet été et septembre, nous allons déterminer un nombre de réacteurs, une pente de décroissance du nucléaire et une date à laquelle nous atteindrons 50%, affirme Sébastien Lecornu. Mais probablement pas la liste des réacteurs, car il n'est pas pertinent de fragiliser les territoires avec des annonces politiques. »

Une filière pas simple à reconvertir

Pas simple en effet d'organiser la reconversion d'une filière qui emploie quelque 220.000 personnes.

Qu'en dit EDF ? Comme elle le rappelle dans son cahier d'acteurs (sa contribution au débat sur la PPE), l'entreprise n'entend pas fermer d'autres réacteurs que ceux de la centrale de Fessenheim avant 2029, début des cinquièmes visites décennales correspondant aux cinquante ans des centrales les plus anciennes. Xavier Ursat, directeur exécutif du groupe chargé de la direction Ingénierie et Projets nouveau nucléaire, le reconnaît :

« Certes nous allons faire beaucoup d'économies d'énergie et l'efficacité énergétique va fortement augmenter. Mais en prenant en compte la hausse de la population et le développement des nouveaux usages de l'électricité, nous prévoyons une augmentation de la consommation d'électricité. »

Aussi, alors que le parc nucléaire produit aujourd'hui quelque 400 TWh [1 térawattheure = 1 milliard de kilowattheures], EDF se voit bien en produire encore 300 sur une consommation totale de 600 TWh en 2030.

« Il nous paraît sain de travailler sur l'hypothèse que les 50 % de production stable dont le réseau aura besoin pour compenser l'intermittence des énergies renouvelables restent du nucléaire, justifie Xavier Ursat. Dans le cas contraire, cela nous conduirait à des investissements gaziers qui seraient négatifs à la fois pour le climat, pour notre indépendance énergétique et pour la balance commerciale du pays. »

D'ici là, l'opérateur entend prolonger la totalité de son parc (initialement conçu pour fonctionner quarante ans) jusqu'à cinquante ans, et une partie jusqu'à soixante ans. Dans le même temps, il souhaite que l'État l'autorise rapidement à engager la construction d'une paire puis jusqu'à six tranches d'un EPR optimisé, dont il espère abaisser le coût de 30%, opérationnelles dès 2030.

Pierre-Franck Chevet confirme le raisonnement concernant l'effet de série sur le coût des équipements.

« Mais la question demeure de savoir combien coûtera in fine le premier EPR et combien on gagnera avec les suivants. »

Xavier Ursat, de son côté, estime que « du fait de la puissance de l'EPR (entre 1.650 MW et 1.750 MW) dans sa version optimisée, il sera l'un des réacteurs les plus compétitifs au monde ».

L'État cèdera-t-il sur ce point ? Nicolas Hulot, qui y est opposé, pourrait lier à l'arbitrage final son avenir au gouvernement.

Pédaler pour ne pas tomber

Pour espérer une place dans le mix énergétique au-delà du parc existant, le nouveau nucléaire va devoir démontrer sa compétitivité face aux autres sources d'énergie, notamment les renouvelables, dont le coût ne cesse de chuter. Celui du solaire a déjà été divisé par dix en dix ans, et ce n'est qu'un début. Quant à celui du stockage, qui pourrait changer radicalement la donne en effaçant les inconvénients liés à l'intermittence des énergies renouvelables, il est déjà sur une pente comparable. En comparaison, l'Angleterre s'est engagée à acheter pendant 35 ans l'électricité produite par le futur EPR de Hinkley Point au prix de 110 €/MWh.

Longtemps opposés, énergies renouvelables et nucléaire sont aujourd'hui présentés (à commencer par EDF) comme les deux piliers d'une énergie décarbonée. Mais les avis divergent sur la façon de les articuler.

Pour Sébastien Lecornu, « il faut déjà évaluer ce qu'on est capables de faire en matière d'énergies renouvelables pour savoir comment réduire la trajectoire du nucléaire ».

Mais pour d'autres experts, dans une situation de consommation plate et de surcapacité, seule une volonté clairement affichée de réduire la production nucléaire permettrait de susciter les investissements nécessaires au développement des renouvelables. Yves Marignac, directeur du cabinet Wise-Paris, observe pour sa part :

« EDF s'estime confrontée à la nécessité de maintenir les compétences afin de continuer à attirer les meilleurs, alors que la gestion de l'héritage - démantèlement des réacteurs en fin de vie, gestion des déchets, etc. - devrait être au coeur du projet industriel. Le nucléaire est une industrie qui ne sait pas penser sa fin. »

Une analyse que semble en effet valider la récente déclaration de Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, devant la commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur la sûreté et la sécurité nucléaire : la filière nucléaire française doit continuer à construire de nouvelles centrales, « un peu comme un cycliste qui pédale pour ne pas tomber ».

Des dissensions existent jusqu'au sein même d'EDF entre les tenants du « nouveau nucléaire », prêts pour lui faire de la place à fermer de nombreuses centrales actuelles, ceux qui poussent le « grand carénage » et préconisent de réserver le nouveau nucléaire à l'export, et même ceux qui, face à la stratégie ambitieuse affichée par d'autres, tels que l'éternel rival Engie, seraient prêts à abandonner le nucléaire pour tout miser sur les renouvelables.

Au-delà de la stratégie de l'entreprise stricto sensu et des choix politiques, la question se pose également sous un angle financier. « Fermer les centrales de façon brutale et unilatérale coûte cher », rappelle Sébastien Lecornu. À l'inverse des décisions prises pour raisons de sûreté sur demande de l'ASN, toute fermeture purement politique entraîne le versement par l'État de compensations pour le manque à gagner subi par l'opérateur. Pour Fessenheim, sur la base de ce que l'État a négocié avec EDF sous la pression du Conseil constitutionnel, l'indemnisation de l'opérateur et des autres actionnaires revient à quelque 500 millions d'euros (plus une part variable) pour deux réacteurs.

En outre, qui dit fermeture, dit démantèlement. Si le coût réel n'est pas connu, de nombreux observateurs estiment que le montant de 50 milliards d'euros affiché par EDF pour les 58 réacteurs actuels est sous-évalué (d'un facteur 2 à 3 selon certains). « Du rythme de fermeture du nucléaire dépend aussi le développement des énergies renouvelables », conclut Sébastien Lecornu. Car on a besoin d'argent pour soutenir les énergies vertes, 3 milliards d'euros par an pour le solaire par exemple. Mais ce serait également le cas du nouveau nucléaire. « Le marché donne un signal prix de court terme, à un horizon de maximum trois ans, rappelle Xavier Ursat. Mais dans une logique d'exploitation sur soixante ans, une garantie publique est indispensable, et cela vaut pour tout moyen de production significatif. »

La dérive de la filière nucléaire

D'où la tentative de parvenir à un compromis sur un calendrier de fermeture qui pourrait s'étaler de 2025 à 2035. Mais pour l'heure, aux yeux de l'opérateur, même passé les quarante ans initialement prévus, toute fermeture constitue un manque à gagner et ouvre donc droit à réparation financière.

Alix Mazounie, de Greenpeace, le rappelait il y a quelques semaines :

« La procédure prévue par la loic'est qu'EDF aurait dû attendre la publication de la PPE pour se prononcer sur les moyens qu'elle mettra en oeuvre pour la respecter. Elle a décidé de prendre les devants, au mépris de toutes les règles et on n'entend aucun recadrage de la part de Hulot ! »

Cela n'est plus tout à fait vrai. Le ministre de la Transition écologique, dans un entretien radiophonique le 21 juin, déclarait quant à lui :

« Une des raisons pour laquelle EDF se retrouve en difficulté, c'est que notamment la filière nucléaire, pardon de le dire, nous emmène dans une dérive. »

Nicolas Hulot ajoutait :

« Il faut sortir des dogmatismes [...]. Je pense que l'avenir d'EDF, et l'avenir notamment économique, est d'abord et principalement dans l'efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. »

Une chose au moins fait consensus :

« Si l'on veut continuer d'avoir un mix décarboné, il faut anticiper, aussi bien pour le nucléaire que pour les énergies renouvelables, souligne Xavier Ursat. C'est pourquoi il est essentiel que la PPE en cours de discussion fixe un cap. »

Réponse en principe d'ici à la mi-juillet...

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a écrit le 04/07/2018 à 17:39 :
Beaucoup d'idioties dans ce texte :
Archimbaud "La loi sur la transition énergétique était un compromis acceptable" : nommé animateur de la commission, qu'est-ce qui lui permet de porter un jugement ?
"plusieurs études, dont celle du collectif européen d'universitaires, de consultants et d'associatifs, qui montre qu'il est possible d'accélérer le déploiement des énergies renouvelables électriques et de réduire sensiblement les capacités nucléaires françaises," ce n'est pas ce que démontrent les ingénieurs de la R&D d'EDF, qui connaissent un peu mieux le sujet, et ne sont même pas cités dans l'article !
PF Chevet (ASN) "confirme le raisonnement concernant l'effet de série sur le coût des équipements" : en qui est-il soudainement compétent en matière économique ?
Lecornu : "nous allons déterminer un nombre de réacteurs (à fermer) une pente de décroissance du nucléaire et une date à laquelle nous atteindrons 50 %" oui, mais ce sera payant. A 4 Md€ par paire de réacteurs, avons-nous le moyen de satisfaire l'idéologie de ce monsieur ?
Concernant le démantèlement futur des réacteurs " de nombreux observateurs estiment que le montant de 50 milliards d'euros affiché par EDF pour les 58 réacteurs actuels est sous-évalué (d'un facteur 2 à 3 selon certains)" Quels observateurs ? Ce n'est pas l'avis de l'industriel ni même de la Cour des Comptes qui a analysé l'expérience étrangère. Pourquoi leur avis n'est-il pas mentionné ?

En bref, le débat sur la Transition Énergétique, nécessaire pour réduire les émissions de CO2, est une fois de plus enlisé sur l'électronucléaire alors que l'électricité n'émet pas de CO2 et ne représente que 20 % de l'énergie que nous consommons !!
Ce qui n'empêche pas des tas d'ONG et de journalistes de prendre partie et d'affirmer des arguments ou des chiffres dont ils sont bien loin d'apporter la démonstration.
Le débat français quoi.
a écrit le 03/07/2018 à 15:21 :
L'heure de vérité? Ce serait plutôt l'heure de mensonges éhontés et d'analyses fantaisistes pour tenter de disqualifier la seule énergie propre et fiable, le nucléaire.
Réponse de le 03/07/2018 à 20:29 :
Les écolos sont complètement à coté de la plaque, seul le nucléaire peut garantir la consommation en perpétuelle augmentation (voiture électrique, entre autre). Les énergies renouvelables ne pourront pas prendre la place des centrales nucléaires car trop dépendantes du climat (manque de vent, ciel nuageux etc) et leur puissance est vraiment ridicule comparée au nucléaire.
Réponse de le 03/07/2018 à 20:33 :
Les écolos sont complètement à coté de la plaque, seul le nucléaire peut garantir la consommation en perpétuelle augmentation (voiture électrique, entre autre). Les énergies renouvelables ne pourront pas prendre la place des centrales nucléaires car trop dépendantes du climat (manque de vent, ciel nuageux etc) et leur puissance est vraiment ridicule comparée au nucléaire.
a écrit le 03/07/2018 à 10:11 :
L'epr est necessaire à l'evolution de la filière nucléaire française. C'est peut-être l'heure de vérité pour le nucléaire mondial mais ce n'est en moins une renaissance ou une relance de la filière nucléaire. Le fait que le reacteur de Taishan 1 en Chine se soit mis en route est une excellente nouvelle pour la filière EPR. D'ici 2020, l'EPR de Flamanville sera mis en service et l'on pourra accroitre les capacités de d'utilisation du MOX. On ne peut retourner en arrière et revenir sur ce choix, malgré un coût exhorbitant et une construction très longue : on peut critiquer l'EPR mais comme pour le compteur Linky il faut faire confiance aussi à la technologie c'est capital. En 2008,j'etais aller à une convention de la SFEN à Paris et j'avais beaucoup appris sur le futur des filières à eau préssurisé (REP) devenant EPR; J'ai toujours defendu la fière EPR car en tant qu'ingénieur je pense que c'est la bonne voie à suivre : expliquer moi pourquoi aux USA il n'y a pas de filière de retraitement du plutonium et que les déchets radioactifs sont stockés dans des mines de sels. Le choix du combustible MOX est la bonne solution pour l'usage du combustible en centrale nucléaire et pour le retraitement : de plus à terme le reacteur 3 de Flamanville pourra être totalement moxable donc oui je pense que l'EPR est le meilleur choix fait pour le nucléaire actuel. Le plus gros problème reste celui des déchets et du retraitement du plutonium qui ne peut être utiliser de façon militaire. Donc il faudra trouver une solution technique pour recycler le plutonium et les produits de fission. L'idée et le developpement d'un demonstrateur comme le démosntrateur ASTRID à Marcoule montre que la recherche dans le domaine de surregeneration continue et que l'on doit s'y atteler à long terme.
Dans le cadre d'un politique d'energie propre et de protection de l'environnement et de la planète, le nucléaire reste une solution viable , très faible emettrice de CO2 dont on doit analyser les déchets et les produits de fission. Donc oui à l'heure de vérité pour l'EPR et vive le nucléaire français.
Réponse de le 03/07/2018 à 11:19 :
Ok pour l'EPR comme réacteur plus sûr.

Dans le cas de Flamanville :
- avec une cuve moins "margée" pas sûr qu'il soit 100 % moxable,
- EDF joue un jeu dangereux en voulant construire une piscine centralisée notamment pour mettre la pression sur Orano et in fine fragiliser le retraitement et la filière toute entière
a écrit le 03/07/2018 à 10:05 :
"Pierre-Franck Chevet confirme le raisonnement concernant l'effet de série sur le coût des équipements. « Mais la question demeure de savoir combien coûtera in fine le premier EPR et combien on gagnera avec les suivants. » " Ce Monsieur sort entièrement de son mandat qui est de s'occuper de sûreté pas d'économie mais Corps des Mines comme la sinistre Anne Lauvergeon, il se croit peut-être tout permis surtout quand le chef du syndic de liquidation est au pouvoir (cf Affaire Alstom).
a écrit le 03/07/2018 à 9:59 :
Ayant noté dans cet article la référence à des articles interessants une alternative énergétique possible qui seraient pris en compte dans la PPE, je suis allé lire le rapport de "Energy Union Choices (EUC), collectif européen d'universitaires, de consultants et d'associatifs". Je suis effondré que des universitaires soient tombés à ce niveau de discours qui ne s'éloigne pas du "il faudrait que, il n'y a qu'à", Erasme doit se retourner dans sa tombe. La première chose à noter c'est que la politique de réduction des consommations des trois précédents gouvernements est un echec cuisant: la consommation des Français par habitant a augmenté depuis 20 ans en prenant en compte les rejets CO2 délocalisé par les importations.
Vouloir dans ces conditions réduire de 50 % la consommation des citoyens français est de la fumisterie.
Je crains le pire: peut-être que le gouvernement actuel et Monsieur Hulot veulent se défausser sur des soi-disants gens bien intentionnés de la politique énergétique dont ils ont la responsabilité,mais si c'est bien de cela qu'il s'agit je crois plutôt qu'ils vont favoriser le populisme et accentuer le rejet des politiques par les français
a écrit le 03/07/2018 à 8:19 :
Beaucoup voire que des pro-nucléaires qui écrivent.

Ce qui m'amuse, c'est qu'ils semblent ne pas suivre l'évolution des produits sur le marché, ni même les succès liés aux panneaux solaires.

https://www.huffingtonpost.fr/2016/06/07/energie-solaire-gratuite-chili_n_10333264.html
https://e-rse.net/classement-pays-champions-energies-renouvelables-efficientes-25108/#gs.4aYegYA
Réponse de le 03/07/2018 à 9:23 :
Puisque la filière PV fonctionne si bien, on peut arrêter de la subventionner.
Réponse de le 04/07/2018 à 17:50 :
Ben non, il y a aussi un antinuc qui s'exprime.
Comme d'hab, sans profondeur et au point qu'il en est réduit à citer des articles de presse.
"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement" : c'est à vous !
a écrit le 03/07/2018 à 4:17 :
La consommation électrique va augmenter de 50% avec :
- L'augmentation des véhicules électriques,
- La fin du gaz (et pour baisser les rejets de CO2) cela va nécessiter de remplacer nos chaudières fossiles par des chauffages électriques.
La production électrique avec du gaz, du fioul et du charbon rejettent beaucoup de CO2, et pour ne plus aggraver le réchauffement de la planète, il faut les interdire totalement.
La production hydraulique est à son maximum en France.

Le dimensionnement de la production électrique doit se faire par rapport à la consommation maximale de pointe :
En hiver, une nuit (sans soleil) sans vent, ce sont les autres moyens de production qui doivent fournir la puissance requise.
Donc, l'ensemble des centrales nucléaires doivent pouvoir fournir la totalité nécessaire pour 2020, 2030, 2050 ...
Hors périodes de pics de consommation, la production de nos centrales nucléaires est réduite. Une centrale nucléaire produisant 30% de sa puissance nominale ne vieillie pas moins, elle n'est pas moins dangereuse, elle ne produit pas moins de déchets ...
Avoir d'autres moyens de production électrique, c'est presque totalement inutile.

La fabrication d'éolienne et de panneaux solaires nécessite des ressources naturelles, leur fabrication est polluante. Donc, pour polluer le moins possible, ne produisons aucun panneau solaire ni aucune éolienne.

Une centrale nucléaire neuve, avec toutes les nouvelles sécurités, est plus sûre que les anciennes. Pour diminuer le risque, il faut remplacer toutes nos actuelles centrales nucléaires. (Elles seront aussi plus performantes).

En résumé, il faut augmenter la capacité de production électrique nucléaire de 50%.
Il faut donc mettre en chantier 58(+50%) réacteurs de même puissance à nos actuels réacteurs.
Notons aussi que la production en série coûte moins cher qu'à l'unité.

Pour ne pas manquer d'énergie, il faut construire au moins 3 réacteurs par an. C'est à dire en avoir 21 en chantier en permanence.
De plus, la France doit convaincre tous les autres pays d'adopter cette même stratégie. (Et leur ventre des centrales nucléaires.)

Sans ces décisions courageuses de tous les pays, il sera impossible de stopper le réchauffement climatique. Toutes autres décisions seraient irresponsables.
Réponse de le 03/07/2018 à 8:03 :
Que de pretention. Merci professeur.
a écrit le 02/07/2018 à 22:21 :
l administrateur mr Hulot va fermer tout cela.... mais pour l instant démanteler ! ! ! ???
a écrit le 02/07/2018 à 20:07 :
Le débat sur la sortie du nucléaire vient seulement de la peur que ça nous pète à la tronche et que on ne peut pas, par définition, faire confiance à AIEA.

La réalité, c'est que nous devons passer aux moteurs électriques et préparer les 20-30 prochaines années à CHANGER de nucléaire...

La FISSION de l'Uranium est peut couteuse et permet de fabriquer des bombes (A). Mais il y a déjà des bombes à FUSION (Bombe H). Il faut maintenant mettre tout ça en pratique pour faire des centrales électriques (ITER) (avantage pas de risque de réaction non controlés par définition).

Le débats sur ce nucléaire est trop précoce (on devrais plutôt parler de comment diminuer les fuites radioactives).
a écrit le 02/07/2018 à 17:29 :
quid de la demande d'énergie ?
solaire et éolien peuvent faire face à l'explosion de la consommation ?
au moment des annonces sur les objectifs d'élimination des moteurs automobiles thermiques, on entendait dire qu'il faudrait ajouter à terme une douzaine de nouveaux réacteurs nucléaires. quel est l'équivalent solaire/éolien de 12 réacteurs nucléaires ?
voir aussi l'article Usine Nouvelle du 29 juin sur la consommation d'énergie due au stockage informatique.
quid aussi du recours accru à la clim du fait du réchauffement ? etc...
a écrit le 02/07/2018 à 16:51 :
La réalité est que non seulement on ne pourra pas fermer autant de tranches nucléaires que certains le pensent (on ne pourra le faire qu'au rythme de la baisse de conso de pointe), mais en plus il va falloir d'urgence lancer la construction de nouvelles tranches nucléaires, et en nombre :

Tant que le solaire et l'éolien seront intermittents, tant qu'on aura pas inventé de techno de stockage réellement massive (plusieurs TWh/dizaines de TWh) et très peu coûteuse, on ne pourra pas compter sur les ENRi pour produire au moment (à tous les moments) où on en a besoin.

Donc quelle que soit la quantité d'éolien ou de solaire qu'on installe, ça ne compte pas ou quasiment pas pour la sécurité d'approvisionnement. Et il faudra continuer à entretenir des centrales à charbon, à gaz, ou nucléaire.

Le charbon est exclu pour des questions climatiques, le gaz idem et pour des questions géopolitiques (en plus l'approvisionnement européen s'épuise), donc il ne reste plus que le nucléaire.

Il faut 10 ans minimum pour organiser les débats locaux et réaliser les chantiers. Si on veut fermer des tranches nucléaires à 50 ans et ne pas se retrouver à court de jus, il faut se mettre à construire des nouvelles tranches dès maintenant (genre "maintenant maintenant, on est déjà en retard").

Tout politicien qui prétend le contraire ment (ou ignore volontairement la réalité) pour des enjeux politiques de court terme. Toute mauvaise décision ou absence de décision aujourd'hui se traduira assurément par une récession économique dans dix ans, faute d'approvisionnement énergétique suffisant. Le sujet est dramatique, et les politiques comme les journalistes ont la tête dans la lune.
Réponse de le 03/07/2018 à 7:12 :
Bonjour,
"Tant que le solaire et l'éolien seront intermittents" et je crains qu'ils ne le restent indéfiniment. C'est là que l'on nous fait prendre des vessies pour de lanternes. Nous seulement "intermittentes" mais largement pompeuses de subventions en tout genre pour un rendement somme toute assez médiocre malgré, là encore ce que l'on veut nous faire croire, la panacée énergétique sous ces technologies.
a écrit le 02/07/2018 à 15:01 :
Les besoins en énergie augmentent, avec l'arrivée de la voiture électrique cette demande va s'intensifier, si on y ajoute la demande en climatisation, le stockages des données, je ne sais pas comment on va produire cette énergie avec des moulins à vent ?
Soit, on diminue la demande en énergie électrique,et on remise les voitures électriques au garage et on remplace l'air conditionné par des systèmes plus économiques comme les puits canadiens ou provençaux, par exemple, (efficace ??), soit.... ???
a écrit le 02/07/2018 à 12:37 :
400 Français tirés au sort pour voter ?? A NDDL aussi l'état nous a demandé de nous prononcer, vote démocratique. Est ce pour cela que l'état a été démocrate, NON, malgré les intentions de Sarko 2 (E Macron) de respecter la consultation démocratique de NDDL. Alors ce genre de consultation....
a écrit le 02/07/2018 à 12:30 :
Le drame de cette filière et du secteur électrique en général est que rares sont les personnes qui ont des connaissances suffisantes pour en comprendre les enjeux. A fortiori chez les journalistes :

Dire que les ENR intermittentes deviennent compétitives est une aberration complète alors qu'elles ne peuvent pas prendre la place des énergies pilotables. Elles ne font que s'y ajouter, ne permettant d'économiser que le combustible de ces moyens pilotables. Et vu que pour le nucléaire, le coût du combustible est minime, elles ne font que renchérir des factures, ce que les usagers constatent chaque jour.

On met dedans des sommes folles (120 milliards d'euros pour 5% de notre électricité, et pour des émissions de CO2 en hausse !!!), alors qu'on a aucune garantie qu'une technologie de stockage permette un jour de se passer du nucléaire (vu d'aujourd'hui, il faudrait même un miracle). Combien de temps va durer cette folie ?
a écrit le 02/07/2018 à 11:03 :
La vraie question est de savoir comment assurer une production de quelque 100GW, pour info par temps de neige, de grands froids et anticyclonique (pas de vent) comment fait-on? En outre, si nous stoppions une seule centrale nucléaire par an il faudrait 58 ans pour les stopper...Cette absence de politiques énergétiques (au sens large) nous mène tout droit vers une impasse et je crains de voir refleurir dans l'urgence une profusion de centrale à gaz….Actuellement quelque 75% de l'électricité est Nuc contre 5% pour l'éolien et 4000 éoliennes en France, se sont des faits.

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