Pour sortir de la dépendance au gaz russe, l'Allemagne accélère sur un premier terminal méthanier (GNL)
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Un terminal méthanier dans la chaîne de transformation du GNL (gaz naturel liquéfié)
Franck Badaire/Elengy
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Un terminal méthanier dans la chaîne de transformation du GNL (gaz naturel liquéfié)
Franck Badaire/Elengy
Alors que le conflit mené par la Russie contre l'Ukraine risque l'enlisement, l'Allemagne, ultra dépendante au gaz du belligérant, doit de toute urgence bâtir des alternatives pour son approvisionnement. Tandis que la Russie fournit 55% de ses importations en gaz, les prévisions sont aussi devenues particulièrement critiques en matière d'offre et demande depuis la suspension de la certification du gazoduc Nord Stream 2 reliant l'Allemagne à son premier fournisseur gazier.
Dès lors, Berlin doit accélérer. Et d'annoncer samedi avoir conclu un accord pour la construction d'un premier terminal méthanier important de gaz liquéfié (GNL) situé à l'embouchure de l'Elbe, selon le ministère de l'Economie et du Climat. Un marché européen que compte d'ailleurs bien disputer les Etats-Unis aux Russes.
Le gouvernement allemand via la banque publique KfW, l'opérateur public néerlandais Gasunie et le groupe d'énergie allemand RWE "ont signé un protocole d'accord pour la coconstruction d'un terminal d'importation de gaz naturel liquéfié sur le site de Brunsbüttel" situé dans le nord du pays, selon le communiqué du ministère.
Alors que ce type de chantier peut durer des années, les partenaires du projet travaillent à une mise en œuvre "le plus rapidement possible", selon le communiqué.
Dans un discours qualifié d'"historique" outre-Rhin il y a huit jours devant le Parlement, chancelier Olaf Scholz n'exclut plus le recours au nucléaire ou encore de constituer des réserves de charbon. Mais si Berlin a annoncé la construction future de deux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le nord du pays, les goulots d'étranglement risquent toutefois d'être nombreux.
Mais contrairement aux pipelines terrestres qui acheminent directement le gaz, le GNL nécessite un terminal méthanier la plupart du temps transporté par voie maritime. Des infrastructures dont la France est à date davantage dotée.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

La future infrastructure, financée à 50% par la KfW et opérée par Gasunie, aura une capacité annuelle de regazéification de 8 milliards de mètres cubes afin de livrer directement le marché allemand en gaz naturel.
Malgré tout, la nouvelle coalition en place ne renonce pas à l'objectif ambitieux du pays de parvenir à la neutralité carbone d'ici à 2045.
Le futur terminal méthanier sera ainsi équipé dès le départ pour passer dès que possible "à l'hydrogène vert ou aux dérivés d'hydrogène", de manière à aider la première économie européenne à converger vers la neutralité climatique, selon M.Habeck.
Outre le respect des engagements pour l'environnement, la coalition au pouvoir doit surtout veiller à ne pas faire plonger le pouvoir d'achat de ses foyers, entrainant une crise sociale majeure. Déjà soumis à l'inflation liée à la reprise post-Covid, les Allemands ont déjà vu leur facture de gaz exploser.
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Sur le plan politique, le gouvernement d'Olaf Scholz (SPD, libéraux et Verts) doit même entreprendre une véritable chasse aux sorcières pour satisfaire l'opinion publique. A commencer par l'ancien chancelier (SPD) Gerhard Schröder, proche de Vladimir Poutine et placé au conseil de surveillance du géant russe Gazprom. "Il n'y a pas d'affaire privée dans le cadre d'une fonction publique", a asséné Olaf Scholz cette semaine.
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