Quand le crowdfunding s’allie à l’énergie solaire et à la blockchain

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Lumo, pour sa part, veut tester la multiplication des SolarCoins et leur valorisation grâce au crowdfunding.
Lumo, pour sa part, veut tester la multiplication des SolarCoins et leur valorisation grâce au crowdfunding. (Crédits : DR)
En rejoignant une initiative internationale autour du solaire et de la blockchain, Lumo, plateforme française de financement participatif dédiée aux énergies renouvelables, veut donner une vraie valeur à une crypto-monnaie solaire.

Depuis deux ans, les particuliers producteurs d'énergie solaire de 21 pays peuvent recevoir des SolarCoins, une crypto-monnaie distribuée par la fondation américaine éponyme, indépendamment des éventuels soutiens publics apportés au secteur dans les pays concernés. Leur valeur d'échange, qui, sur la base de l'offre et la demande, plafonne aujourd'hui autour des 5 centimes, pourrait bientôt décoller grâce sous l'impulsion de la plateforme française de crowdfunding Lumo. Spécialisée dans les énergies renouvelables, celle-ci vient en effet d'intégrer l'initiative ElectricChain impulsée il y a quelques semaines lors d'un événement au MIT sur l'énergie et la blockchain.

ElectricChain a pour vocation d'accélérer le développement de l'énergie solaire, des objets connectés, et des projets utilisant la technologie blockchain. Elle fonctionne comme un incubateur où sont regroupés plusieurs projets concourant à un titre ou un autre à faire progresser ces sujets. Cela va de la recherche météorologique à l'espace en passant par des projets d'énergies renouvelables hors réseaux et de microfinance en Afrique. L'objectif est de construire un réseau d'au moins 7 millions d'installations solaires et d'y collecter des données à des fins scientifiques, météorologiques ou financières.

Valorisation des SolarCoins

Lumo, pour sa part, veut tester la multiplication des SolarCoins et leur valorisation grâce au crowdfunding. "Tous ceux qui auront participé au financement d'une centrale solaire recevront des SolarCoins", précise Alex Raguet, co-fondateur de Lumo. Ce qui va contribuer à les populariser et à multiplier le nombre de détenteurs ; d'autant plus qu'à l'issue d'une phase de test avec Lumo d'ici à janvier 2017, le système a vocation à être étendu à d'autres plateformes de crowdfunding en France et en Europe, ce qui contribuera à accroître la valeur des SolarCoins.

Dans un deuxième temps, fort de cette force de frappe réunie sous sa casquette de président de l'European Crowdfunding Network (ECN), Alex Raguet entend convaincre des partenaires acteurs de « l'impact investing » de valoriser ces SolarCoins pour acheter des biens ou services. Dans sa ligne de mire : des B Corp telles que Patagonia ou Natures et Découvertes, qui, à l'instar de Lumo, première startup française labellisée, ont pour point commun de combiner recherche de performance économique et poursuite d'objectifs environnementaux et sociaux. Mais aussi des entreprises visant les 100% d'énergies renouvelables membres de RE100 telles que Ikea, Nestlé, etc. On pourrait ainsi imaginer qu'au lieu de payer 100€, pour acquérir une veste Patagonia, un détenteur de SolarCoins puisse verser 90€ + 10 SolarCoins. Côté entreprises, cela pourrait s'inscrire dans le « 1% pour la planète », qui les engage à consacrer 1% de leur chiffre d'affaires à des associations ou projets éco-responsables.

Convertibilité étendue ?

Une centrale solaire installée à la Rochelle va être utilisée pour la phase de test. La valeur d'échange des SolarCoins est de 1 pièce pour 1 MWh. Selon la puissance des projets concernés, la somme correspondante sera répartie entre les personnes qui auront contribué à les financer. Ce test doit notamment permettre de valider l'appétence des Lumonautes - les utilisateurs de la plateforme Lumo - pour ces SolarCoins, ou encore de vérifier les aspects juridiques des contrats.

A terme, la blockchain garantissant la traçabilité des financements auxquels elles ont contribué, on peut imaginer que des collectivités acceptent de collecter une partie de l'impôt sous forme de SolarCoins.

D'autres monnaies digitales se développent (venant récompenser des projets éco-responsables) avec lesquelles la convertibilité est envisageable à plus ou moins brève échéance. On n'en est pas encore là, mais les Nations Unies elles-mêmes réfléchissent à des « crédits développement durable ». Octroyés sur décision d'un conseil semblable à celui qui agrée les mécanismes de développement propre (MDP) prévus par les marchés du carbone,  ils pourraient, à terme, avoir de multiples utilisations, jusqu'au remboursement de prêts accordés dans le cadre de l'aide au développement...

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Commentaires
a écrit le 10/01/2017 à 17:59 :
Bonjour .de la part de hassan maissa d'oujda. Maroc .
Est ce que ce projet peut on le réaliser à travers l'engagement de la commune et le citoyen qui contribue à ce genre de projet par la colecte de la taxe d'edilite ou la taxe urbaine.
S'il ya une expérience dans ce genre en France veuillez nous contacter pour le proposer à notre commune ou à des associations ici au Maroc.
Merci
a écrit le 20/10/2016 à 12:01 :
C'est une bonne initiative et il faut impérativement et rapidement s'ouvrir à l’économie numérique.
Le prix de l’énergie solaire et de l’éolien est déjà compétitif et même si le marché est encore instable et subit des soubresauts.
L'avenir est aux smartgrids et au blockchain, à la décentralisation, au collaboratif, au participatif.
Il faut sortir des vieux schémas un peu archaïques du tout centralisé, qui ne nous protègent en rien de l’économie mondialisée et des révolutions en cours.

Voir le succès des GAFA et autres modèles reposant sur des concepts simples de réponse aux besoins des clients.
Et il n'y a pas besoin de créer des monopoles d'état pour cela. Les monopoles fonctionnent surtout à l’échelle nationale, alors que les bonnes idées se propagent maintenant au niveau mondial.

On ne peut se cantoner à des modèles administrés, sans prendre le risque de "scléroser" encore plus notre économie.
a écrit le 12/06/2016 à 16:22 :
Voilà un exemple parfait de l'expression "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué".
L'objectif est de faire de l'électricité fiable et bon marché, pour qu'elle profite à tous ?
Ce n'est pas avec des énergies intermittentes, chères (ne pas oublier les taxes qui les subventionnent) et par définition non fiable car dépendant de la météo qu'on y arrivera.
Il faut bannir charbon et gaz qui émettent du CO2 et autres cochonneries ?
Alors il reste deux solutions :
- l'hydraulique, autant qu'on peut installer de barrages car c'est une énergie propre et renouvelable
- le nucléaire car il est bon marché et s'ajuste à la demande (pas d'intermittence).
En fait, c'est le choix d'EDF et de la France (jusqu'à la loi de Transition Énergétique pondue par les Verts qui sont antinucléaires de naissance). Donc élisons un gouvernement sans Verts qui abroge cette loi et revenons en au choix énergétique d'origine qui est des meilleurs atouts de notre pays.
Réponse de le 31/12/2017 à 1:35 :
Le nucléaire compétitif quelle blague ...
Il n'y a qu'en franceque l'on entends de telles niaiseries.

Le solaire est déjà bien moins cher et dans peu de temps il le sera stockage compris ...
a écrit le 10/06/2016 à 2:10 :
Fiscalité du Financement participatif :

Cas d'un prêt, d'investissements dans des entreprises ou de dons

Prêt :

L'intérêt perçu par le prêteur est soumis aux prélèvements sociaux de 15,5% et imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu ou sous déduction d'un prélèvement à la source de 24%. Possibilité d'opter pour un taux forfaitaire de 24% lorsque le montant total des intérêts perçus par le foyer fiscal n'excède pas au titre d'une année 2.000 euros.

Depuis 2016 un particulier peut déduire les pertes nées d’un défaut de remboursement, des intérêts reçus d’autres prêts participatifs sur la même année ou sur les cinq années suivantes.

Les minibons sont une nouvelle utilisation d’un procédé très ancien, les bons de caisse. Ils constituent un bon compromis entre la souplesse de fonctionnement de ces derniers et la réglementation applicable aux prêts participatifs. Ces derniers sont très simples d’utilisation puisqu’ils fonctionnent comme une reconnaissance de dette. Concrètement, l’entreprise emprunte à une autre entreprise ou à un particulier à un certain taux d’intérêt fixe, qui ne doit pas dépasser le seuil du taux de l’usure fixé chaque trimestre par la Banque de France. Ce dans le but de protéger l’emprunteur contre des taux manifestement excessifs qui pourraient lui être proposés. L’entreprise emprunteur remet ensuite un titre, désormais nominatif, en échange du crédit qui lui est accordé.

Les minibons sont soumis à plusieurs obligations : ils sont limités dans le temps (5 ans), et ne peuvent être émis que sur des plateformes de crowdfunding bénéficiant du statut de CIP (Conseillers en Investissement Participatif, qui sont contrôlés par l’Autorité des marchés financiers) ou de PSI (Prestataires de Services d’Investissement), statuts qui imposent des obligations de transparence et d’information. Elles doivent être en mesure de conseiller les investisseurs et de les mettre en garde face aux « risques de perte en capital » et « risques de défaillance de l’émetteur ». Le seuil des collectes réalisées par les CIP a été par ailleurs relevé de 1 à 2,5 millions d’euros.

Afin de sécuriser au maximum le prêteur, les entreprises emprunteuses doivent justifier d’au moins trois bilans comptables établis. Un moyen de s’assurer qu’elles sont matures et aptes à rembourser les investisseurs à échéance.

Toujours dans un souci de sécurité, les minibons vont être inscrits dans un dispositif d’enregistrement électronique partagé, ou blockchain.

Capital :

Lorsque l'investisseur choisit d'entrer au capital d'une entreprise via une plateforme de Financement participatif, il bénéficie d'une réduction d'impôt sur le revenu égale à 18% du montant des versements au titre de la souscription au capital d'une PME. Comme pour le PEA sous réserve d'une conservation des titres souscrits pendant cinq ans, ainsi que le plafonnement de l'assiette de l'avantage fiscal à 50.000 euros des versements annuels, ce qui revient à une réduction d'impôt maximale de 9.000 euros par personne et par an.

Par ailleurs la souscription peut ouvrir droit à une réduction d'ISF selon le dispositif «ISF-PME» : la moitié des sommes investies peut ainsi être déduite de l'ISF, la déduction ne pouvant pas excéder 45.000 euros.

Si l'investisseur ne sollicite pas de réduction d'impôt «à l'entrée», il peut choisir de placer ses titres dans un plan d'épargne en actions (PEA) ou dans un PEA-PME : dans les deux cas, les dividendes et les plus-values de cession ultérieures seront exonérés d'impôt sur le revenu (mais pas des prélèvements sociaux de 15,5%), toujours à la condition que les titres soient détenus pendant cinq ans.

L'arbitrage entre avantage fiscal à l'entrée (réduction d'impôt sur le revenu et d'ISF) et avantage à la sortie (exonération des dividendes et des plus-values) dépend des perspectives de développement de l'entreprise financée. Plus le gain anticipé est élevé, plus on aura tendance à opter pour l'avantage à la sortie.

Dons :

Dans le cas des dons effectués dans le cadre d'un Financement participatif. Ceux-ci peuvent le cas échéant ouvrir droit, soit à une réduction d'impôt sur le revenu égale à 66% de leur montant, soit à une réduction d'ISF de 75% du montant des sommes données, la réduction ne pouvant excéder 50.000 euros.
a écrit le 10/06/2016 à 1:19 :
Clair qu'il faut allier bobo et écolo : y'a du fric. Fric qui détruit la planète, bien sûr...
a écrit le 09/06/2016 à 20:50 :
on peut imaginer que des collectivités acceptent de collecter une partie de l'impôt sous forme de SolarCoins.> On peut toujours imaginer, ça ne mange pas de pain... Dans un Etat comme la France, je doute que le Trésor laisse une telle latitude aux communes pour s'essayer à des monnaies virtuelles...
Réponse de le 10/06/2016 à 2:18 :
La blockchain étant très sécurisée par ses multiples confirmations, cà n'interviendrait pas là exactement comme une monnaie mais plus comme un bon de caisse dont la traçabilité est assurée et dès lors peut servir de paiement à des taxes ou impôts sans être du tout incompatible avec le Trésor. Les banques et assureurs s'y intéressent d'ailleurs également.

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