EDF : les syndicats toujours vent debout contre la réorganisation

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Face à l'opposition syndicale, Bruno Le Maire a annoncé le 23 avril l'abandon du nom projet Hercule, mais pas l'abandon du projet de réorganisation d'EDF.
Face à l'opposition syndicale, Bruno Le Maire a annoncé le 23 avril l'abandon du nom "projet Hercule", mais pas l'abandon du projet de réorganisation d'EDF. (Crédits : BENOIT TESSIER)
L'interfédérale syndicale énergie et mines CGT, CFE-CGC, CFDT et FO rappelle dans un communiqué son opposition au projet Hercule et explique être "davantage soudée" pour s'y opposer.

L'interfédérale syndicale énergie et mines CGT, CFE-CGC, CFDT et FO ne désarme pas contre la réorganisation d'EDF et assure mardi dans un communiqué qu'elle est "davantage soudée pour s'opposer au projet Hercule".

"L'interfédérale réaffirme son opposition totale à ce projet de démantèlement d'EDF", écrit-elle.

"Pour l'interfédérale, consciente que le statut quo n'est pas tenable pour EDF, il n'y a aucune urgence à recourir à un processus législatif précipité. Elle demande au gouvernement de prendre en compte sa proposition de mettre en place, dans les plus brefs délais, une commission pour concrétiser un projet ambitieux pour l'avenir d'EDF" ainsi que des "mesures immédiates" comme "la réévaluation du prix de l'aReNH", l'électricité issue du nucléaire qu'EDF vend aux opérateurs alternatifs.

Lire aussi : L'Etat détaille son plan pour réorganiser EDF

De "nombreuses zone d'ombre"

L'interfédérale, qui dénonce des "nombreuses zones d'ombre liées aux contreparties exigées par la commission européenne", "n'admettra pas qu'EDF soit sacrifiée sur l'autel du règlement des contentieux engagés par l'Europe contre l'État français et dont EDF et ses agents sont bien les premières victimes".

Dans le détails, les syndicats s'inquiètent "de l'éventuel caractère temporaire de la renationalisation prévue pour EDF" et demandent au gouvernement "de laisser à Enedis le statut de filiale directe EDF".

Sans quoi, la cohabitation d'un monopole naturel régulé avec des activités concurrentielles dérégulées, pourrait être contestée à l'avenir par Bruxelles comme par les concurrents d'EDF, redoute l'interfédérale.

Lundi, dans un courrier adressé au président d'EDF, Jean-Bernard Lévy, que l'AFP s'est procuré, le président de la CGT-FNME l'accusait d'avoir tenté de "diviser pour mieux régner" afin de fracturer l'unité syndicale.

Face à l'opposition syndicale, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé le 23 avril l'abandon du nom "projet Hercule", mais pas l'abandon du projet de réorganisation d'EDF.

Alors que les discussions avec Bruxelles sont dans la dernière ligne droite, l'Etat a détaillé pour la première fois, le 12 avril, son projet de réorganisation dans un document transmis aux syndicats du groupe.

Celui-ci prévoit qu'EDF, aujourd'hui détenu à 84% par l'Etat, soit réorganisé en trois entités pour lui permettre de se développer dans les énergies renouvelables, tout en assurant de lourds investissements dans le nucléaire.

L'une des filiales "contrôlée très majoritairement par EDF SA", la société publique tête du groupe, serait consacrée essentiellement au développement des activités renouvelables et aux réseaux de distribution (Enedis).

Lire aussi : Jean-Bernard Lévy : sans Hercule, EDF décrocherait dans la course aux énergies renouvelables

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Commentaires
a écrit le 05/05/2021 à 10:27 :
Franchement je me demande que font les syndicats, il ne faut pas s'étonner de la colère grandissante des usagers. Tout augmente, l'Etat se retire de tout (ils sont payés pourquoi nos politiques ?) privatisation toutes azimuts des télécom, Edf, banques, santé et plus.....
Les gilets jaunes ont de beaux jours devant eux car actuellement ils doivent faire face à une bande d'escrocs à cols blanc (téléphonie, internet, forfaits prohibitifs, pannes intempestives.... en argumentant que le papier pollue les administrés sont spoliés d'informations et se détachent de l'administration public et privée. Il ne faut pas s'étonner si une partie de la population souhaite s'exiler au fin fond des forêts !
a écrit le 04/05/2021 à 18:51 :
Les syndicats ont-ils un plan de développement pour EDF? Si leur action ne vise qu'à sauvegarder l'emploi (et, plus vraisemblablement leurs avantages ou privilèges), ils sont perdants d'avance, et, avec eux, le personnel. L'occasion est unique, entre les syndicats, la direction et l'Etat, de négocier l'avenir de l'entreprise au profit de la collectivité; mais, si un accord se fait, ce serait bien la première fois.
Réponse de le 04/05/2021 à 23:54 :
Le problème, c'est que notre gouvernement prévoit de diviser d'un côté les activités de production et de l'autre les activités commerciale. Dans ce contexte, la production publique serait vendue à des sociétés commerciales privées pour nous être revendue ensuite. Donc les investissements coûteux seraient pour la partie publique (nos impôts) et les marges bénéficiaires du côté d'entreprises privées qui n'apportent aucune plus valu. Cela ne vous perturbe pas que l'on fasse cadeau à des sociétés privés d'investissements publics pour qu'elles en retirent des rentes -privées- sur notre dos (comme les sociétés d'autoroutes). Rajouter des intermédiaires diminue rarement le prix de vente final d'un produit.
a écrit le 04/05/2021 à 15:37 :
"Décarboner l’économie est une impérieuse et urgente nécessité. Mais la seule chose qui est certaine, c’est que ce que nous sommes en train de faire en France au système électrique ne peut en aucun cas se revendiquer de ce domaine d’action, ni même d’une quelconque analyse rationnelle des risques. Cette dernière commanderait plutôt d’arrêter demain matin de mettre le moindre euro supplémentaire dans l’éolien et le solaire, qui en France vont déjà nous couter près de 100 milliards « pour rien » avec les installations déjà en place, pour tout mettre dans la « vraie » décarbonation.

Ce qui doit recueillir notre financement, et d’urgence, c’est la rénovation du bâtiment, la modification des systèmes de transport, la baisse et la décarbonation des flux de transformation de matière (ce que l’on appelle « industrie » en général), la modification des systèmes agricoles, ou encore la création d’un enseignement et de règles économiques adaptés au monde en contraction que nous allons avoir, et non au monde infini dont nous rêvons encore. Il n’y a pas vraiment le luxe de perdre notre temps et notre argent dans des illusions !" JM Jancovici.

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