Solaire : les promesses du marché français

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(Crédits : Reuters)
Le think tank Solar Plaza publie une étude en amont de l'événement "Solar future France" dont La Tribune est partenaire. L'occasion de faire le point sur le marché mondial du solaire, en pleine expansion, l'évolution du marché français et ses perspectives à l'horizon 2030 et au-delà.

Ses coûts n'en finissent plus de baisser, et cela se reflète désormais dans les volumes. Avec 94 gigawatts sur un total de 171, le solaire a représenté la plus grosse part des nouvelles capacités renouvelables installées dans le monde en 2018, selon les chiffres publiés début avril par l'agence internationale des énergies renouvelables (IRENA).

Si la capacité photovoltaïque installée (480 GW) reste aujourd'hui encore inférieure à celles de l'éolien et surtout de l'hydroélectricité, la spectaculaire baisse de ses coûts de production observée depuis 10 ans, et qui se poursuit encore, pourrait permettre au solaire d'accroître sa part du gâteau des renouvelables. En Europe et en France, les nouvelles capacités éoliennes dépassent celles du solaire, mais le photovoltaïque représente malgré tout 30% des nouvelles capacités installées en 2017.

En retard pour 2020, ambitieuse pour 2030

A ce jour, la France fait plutôt partie des mauvais élèves de l'Union européenne, puisqu'avec une part de son énergie issue à seulement 16,3% d'énergies vertes (essentiellement hydroélectricité et bois, devant les biocarburants) dans son mix en 2017, elle est mal partie pour respecter son engagement de 2008. A l'époque, dans le cadre du paquet énergie climat européen, sous la présidence française, elle s'était fixée un objectif de 23% de renouvelables à l'horizon 2020.

Mais les choses pourraient changer. D'ailleurs la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) prévoit une multiplication par 2,5 des capacités éoliennes installées à l'horizon 2028, et de 5 à 6 pour le solaire, qui doit passer de 7 GW en 2017 à 35 GW en 2028. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) estime pour sa part qu'un objectif de 52 GW en 2040 est à notre portée.

Des prix toujours plus compétitifs

Pour l'heure, les chiffres présentés par France Territoire Solaire à la fin du mois de mars montrent que les raccordements de parcs solaires ont baissé au quatrième trimestre 2018, aboutissant à un volume total de 850 MW de nouveaux raccordements, comme l'année précédente. Un rythme qui reste insuffisant pour atteindre les objectifs de la PPE, mais qui a quand même permis au solaire de produire près de 4% de l'électricité française au troisième trimestre.

En revanche, en France aussi, les prix ont poursuivi leur dégringolade et, à 52 euros par mégawattheure pour les centrales au sol, se rapprochent de ceux de l'électricité conventionnelle. L'ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique) est en effet aujourd'hui à 42 euros/MWh.

Mesures de simplification à l'étude

Certes, diverses mesures sont dans les tuyaux pour « libérer » l'énergie solaire, pour la plupart esquissées dans le cadre du groupe de travail « Place au soleil » convoqué en 2018 par Sébastien Lecornu, alors secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique. France Territoire Solaire tire un bilan mitigé des travaux de ce groupe, laissés un temps en suspens, mais qui ont repris récemment sous la houlette d'Emmanuelle Wargon, qui a remplacé Sébastien Lecornu.

Ces ambitions, associées à la baisse des prix, à une accélération des appels d'offres et à l'émergence de nouveaux modes de développement (notamment les PPA, ou power purchase agreements, contrats passés de gré à gré entre un fournisseur et un acheteur) font du marché français l'un des plus attractifs au monde aux yeux du think tank spécialisé Solar Plaza, qui a publié une étude sur le sujet là l'occasion de l'événement Solar Future France dont La Tribune est partenaire.

De 80 à 1000 MW installés en deux ans

Solar Plaza rappelle dans cette publication que la France a été l'un des premiers pays européens à introduire un système d'obligation d'achat, même si ces derniers ne sont réellement devenus incitatifs qu'à partir de 2006. Ajoutée à d'autres incitations, notamment fiscales, cette politique de soutien généreuse a permis au parc solaire français de passer de 80 à près de 1.000 MW entre 2008 et 2010. L'explosion des coûts associés (payés par le consommateur sur sa facture d'électricité via la CSPE (contribution au service public de l'électricité) a conduit le gouvernement à imposer un moratoire à la fin de l'année 2010, qui a laissé des traces durables dans le secteur.

Malgré tout, ce n'est qu'en 2013-2014 que ses effets se sont fait sentir sur les installations, les projets déjà approuvés ayant permis d'installer 1,7 GW supplémentaires en 2011 et 1,2 GW en 2012. C'est fin 2014 que le gouvernement a commencé à lancer des appels d'offres qui ont permis de redresser la barre notamment dans le segment des installations commerciales et industrielles, notamment favorisé par la loi imposant aux bâtiments neufs du tertiaire d'être dotés de panneaux solaires.

C'est également en France que se trouve la plus grande centrale sur le sol européen, construite par le français Neoen, à Cestas (Aquitaine). Solar Plaza rappelle également que suite à la publication de la loi de transition énergétique en 2015, la ministre de l'énergie de l'époque (Ségolène Royal) a révisé à la hausse l'objectif national de 5.400 MW (déjà atteint à l'époque) à 8.000 MW pour 2020. Plusieurs appels d'offres ont été lancé à compter d'août 2016 afin de mettre le pays sur les rails de ces nouveaux objectifs.

Quel solaire en France demain ?

Lors de l'événement Solar Future France dont la Tribune est partenaire, organisé les 10 et 11 avril prochains à Paris, Solar Plaza fera un état des lieux à date du marché français, s'efforcera de dresser le portrait du producteur d'énergie de demain. Le programme consacre plusieurs focus à des tendances émergentes : les contrats de gré à gré entre fournisseurs et consommateurs (power pourchasse agreements, ou PPA), l'autoconsommation, le solaire flottant...Et dessinera les perspectives du marché français à l'horizon 2030 et au-delà.

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Commentaires
a écrit le 05/04/2019 à 8:29 :
"Avec 94 gigawatts..." quand il y a du soleil, autrement, 0.
Réponse de le 05/04/2019 à 12:48 :
la lumière suffit, pas besoin de plein soleil. Celui de mon balcon (souple, 7W, vertical) débite 50mA en ce moment à l'ombre (y a la montagne en face, ça doit être elle qui renvoie la lumière (le haut est blanc)). Quand le soleil va arriver en face cet apm ça montera à 250mA (vertical n'est pas le meilleur angle mais plus facile pour l'attacher solidement (ficelles), le vent est pénible par moment, mais ne vaut pas la peine d'un ventilateur inversé :-) ).
Réponse de le 05/04/2019 à 16:23 :
@Photo73
1) Votre panneau produit aussi la nuit ?

2) Vous comparez une puissance en Watt avec un ampérage. 50mA ou 250mA ne nous dit pas le rendement de votre panneau.

3) Le GIEC estime qu'un panneau solaire emet 45g de CO2/kwh (extraction des terre rares, construction, transport depuis la chine).
Ce chiffre est cependant pour un panneau solaire rigide avec une orientation sud et un angle parfait.

Votre panneau souple et placé verticalement ne doit pas dépasser un tiers du rendement choisi par le GIEC.

Les émission de votre panneau se situent plus vers les 150g CO2/kwh.

La moyenne de la production électrique française est au alentour de 60g~70g de CO2/kwh.

Votre acte écologique, bien qu'il parte de bonnes intentions, est donc très néfaste pour la planète (en plus de couter cher aux français à travers la taxe CSPE).
a écrit le 05/04/2019 à 6:57 :
Rajouter le prix du pilotage (celui qui fait que votre four, votre aspirateur, votre téléviseur, votre ordinateur, etc...fonctionne quand vous en avez envie et pas seulement quand il fait suffisamment soleil) et on en reparlera de vos 52 € le megawattheure.
Essayez pour une fois de prendre un sujet dans son ensemble !!!!
Les Allemands ont plein d'éoliennes (renouvelable non pilotable aussi) et leur bilan carbone pour l'électricité est 10 fois le nôtre en première approximation.
Un peu de sérieux SVP.
a écrit le 05/04/2019 à 3:46 :
La contradiction d'ajouter toujours plus de capacité de production et dans le même temps ne pas être capable de fermer les centrales à charbon françaises (et même devoir construire de nouvelles centrales à gaz) n'est toujours pas relevée.

De la même manière, on nous répète que les renouvelables sont maintenant beaucoup moins cher que l'EPR et tout à fait rentables et pourtant, dès que les subventions sont supprimées, plus aucune installation de renouvelable.

La France s'est engagée à produire 23% de son électricité par des moyens que vous appellez renouvelables.
Quel est le but et l'intérêt Mme Pialot ?

Pourquoi 23% sera mieux que 16% ?

L'électricité sera-t-elle moins chère ?
Pour le moment cela ne marche pas: plus on installe de renouvelables et plus les prix et les taxes augmentent.

Les émissions de CO2 de la France seront-elles plus faible ?
Encore une fois, malgré l'augmentation des renouvelables, les émissions de CO2 fraiçaises ont augmenté en 2017 et 2018. De plus, la production électrique fraiçaise et déjà décarbonnée à 95% grace au nucléaire.

Il semble bien qu'il n'y ait aucun intérêt si ce n'est enrichir les actionnaires de groupes privés avec des subventions publiques.

J'attends votre réponse avec impatience.
a écrit le 05/04/2019 à 0:48 :
"spectaculaire baisse de ses coûts de production observée depuis 10 ans", c'est sûr, faire fabriquer les panneaux par nos esclaves chinois à l'aide de charbon au lieu d'ouvriers européens fait grandement baisser les coûts. Pourquoi est ce que cet article oublie de rappeler que certaines régions sont impropres à l'implantation de panneaux photovoltaïques en raison des contraintes physiques de leur utilisation? Pourquoi ne rappelle t'on pas que les cellules ne sont toujours pas recyclables, quelles ont une durée de vie de 30 ans et que les matières premières qui servent à les fabriquer sont limitées? Cette technologie devrait rester ce qu'elle est : une source d'appoint destinée à un marché de niche. D'un point de vue "écologique" et de la lutte contre le changement climatique, on sait déjà que c'est ailleurs qu'il faut investir.
a écrit le 04/04/2019 à 17:35 :
Si les panneaux sont fabriqués à l'autre bout du monde avec du bon charbon, puis voyagent avec du gazole ils auront déjà bouffés leurs doses de CO2 avant de produire le premier KW et quid de la régénération de ces panneaux..et les centrales à gaz qui vont avec..En attendant le cout de l'électricité explose en raison des taxes et autres bidules, exemple de facture pour une toute petite consommation : 30€ de consommation pour 173€ facturé..
a écrit le 04/04/2019 à 12:29 :
Pour les éoliennes, ce n'est pas le rêve de voir tous nos paysages et territoires couverts de mas avec des hélices à vous donner le tournis.
Le lieux d'implantation doivent être choisis avec discernement, car il faut savoir que pour les particuliers propriétaires de terrains, les communes et la chaîne des collectivités locales c'est une affaire très juteuse pour leur budgets et certains ne verraient pas d'un mauvais oeil des éoliennes sur toutes les crêtes.
A quand au sommet du Mont Blanc????
Réponse de le 05/04/2019 à 8:32 :
Moi j'en verrais bien au Palais de l'Élysée pour l'alimenter en électricité, quand il y a du vent. Quoique, pour brasser du vent il est déjà pourvu.
a écrit le 04/04/2019 à 12:17 :
la Camargue et le Larzac devraient etre couvert de panneaux solaires (terre inexploitable a part pour quelques moutons) et fournir de l'électricité a Millau et Arles ( minimum 300 jours de soleil/an)

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