1.000 gigawatts de solaire et d’éolien installés dans le monde

 |   |  635  mots
1000 GW d'éolien et de solaire étaient installés dans le monde au 30 juin 2018
1000 GW d'éolien et de solaire étaient installés dans le monde au 30 juin 2018 (Crédits : Fotolia)
Selon Bloomberg New Energie Finance (BNEF), les capacités de production d’énergie solaire et éolienne ont passé le cap du térawatt (TW) en juin dernier. Les experts prédisent que le deuxième TW sera atteint d’ici à mi-2023, et coûtera deux fois moins que le premier.

Au 30 juin dernier, selon les calculs de Bloomberg New Energie Finance (BNEF), le monde avait installé un total de capacités de production éolienne et terrestre de 1 térawatt (TW), c'est-à-dire 1.000 gigawatts (GW) ou 1.000.000 mégawatts (MW). Si on y ajoute l'hydroélectricité, ce sont 2 TW d'énergies renouvelables qui sont déjà opérationnelles sur la planète.

Ces capacités se répartissent presque également entre l'éolien (54%) et le solaire (46%), les deux nouvelles énergies renouvelables les plus répandues. À elles deux, elles ont vu leurs capacités de production multipliées par quatre depuis 2010, et par... 65 depuis 2000 ! Mais, à en juger par leurs évolutions respectives, l'éolien devrait bientôt céder le pas au photovoltaïque. En 2007, on comptait déjà 89 GW d'éolien, pour seulement 8 GW de solaire. Mais depuis, ce dernier a connu un développement fulgurant, avec une base installée multipliée par 57 en 10 ans.

Les seuls panneaux solaires photovoltaïques ont ajouté plus de capacités de production électrique en 2017 que le charbon, le gaz et le nucléaire réunis.

Le prochain Térawatt vert deux fois moins cher que le premier

Plus impressionnant encore que les capacités de production, l'évolution du coût correspondant. En effet, BNEF évalue à 23.000 milliards de dollars le capital investi pour financer ce premier Térawatt, mais à seulement 12.300 milliards l'investissement nécessaire entre 2018 et 2022 inclus pour y ajouter un deuxième TW, soit une baisse du coût unitaire du MW installé de 46%.

En 2017, hors gros hydraulique, le secteur des renouvelables a mobilisé 279 milliards de dollars (plus de la moitié dans le solaire) contre 103 milliards dans les nouvelles centrales électriques à gaz ou au charbon, 42 milliards dans de nouveaux réacteurs nucléaires, et 45 dans les grands barrages. D'ici 2050, BNEF anticipe des investissements de 11.500 milliards de dollars dans de nouvelles capacités de production d'électricité renouvelable (dont les 2/3 dans l'éolien et le photovoltaïque), contre seulement 1.500 milliards dans les autres sources faiblement carbonées, dont l'hydraulique et le nucléaire.

51% d'énergies vertes dans le mix français en 2050 ?

En France, bien que ces nouvelles énergies vertes, hors hydroélectricité, aient représenté 10% (31% avec l'hydroélectricité) de l'électricité consommée au deuxième trimestre de cette année, nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire pour atteindre l'objectif de 23% du mix énergétique en 2020. Mais une étude commanditée par Energy Union Choices et la Fondation européenne pour le climat en partenariat avec le Cambridge Institute for Sustainable Leadership montre qu'il serait possible d'accélérer fortement le déploiement des énergies renouvelables solaires et éoliennes en visant 90 GW (gigawatt) en 2030. Selon cette même étude, il serait possible de réduire ses capacités nucléaires d'environ un tiers (-20 GW), sans renoncer à fermer ses centrales à charbon. La part des énergies renouvelables dans la production électrique française pourrait ainsi atteindre 51 % en 2030, à comparer avec un objectif actuel de 32%, récemment révisé à 31%.

Trois fois plus de gaz et deux fois plus de pétrole qu'en 1973

Ces chiffres impressionnants ne doivent pas nous faire oublier que les énergies fossiles demeurent encore très largement majoritaires dans le mix mondial. Ainsi en 2015, les énergies renouvelables, hors hydroélectricité, produisaient 7,1% de l'électricité mondiale, et seulement 1,5% de la consommation d'énergie primaire. La consommation, de gaz naturel avait triplé entre 1973 et 2015, et celle de charbon avait été multipliée par deux dans le même temps. Dès lors, rien d'étonnant si les émissions de gaz à effet de serre liée à la combustion d'énergie ont doublé sur cette période, alors qu'il faudrait atteindre globalement la neutralité carbone dans la seconde moitié de ce siècle pour limiter la hausse des températures à +2°C et espérer échapper à un emballement du réchauffement climatique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/08/2018 à 9:02 :
Le solaire et l'éolien ont pour avantage une grande sécurité de mise en oeuvre et une absence de déchets hautement toxiques que personne ne veut enterrer dans son jardin. La progression de ces énergies dans le mix énergétique est ineluctable, mais encore une fois la France traîne en chemin, aidée par une bureaucratie et des réglementations d'un autre âge. Cest notre fardeau, on aime faire la morale aux autre pays et paraître leader, dans les faits nous sommes les mauvais élèves. Les français sont prêts pour cette révolution, importante à leurs yeux, le gouvernement n'en prends pas la mesure, cet écart se payera dans les urnes. Il apparait que seul un nouveau gouvernement peut infléchir cette trajectoire bien molle du renouvelable dans le mix énergétique, Mr Hulot n'est pas à la hauteur des révolutions qui doivent être mises en oeuvre, principalement reglementaires pour libérer l'esprit d'entreprise des particuliers et limiter les durées d'accord définitif d'implantation.
Réponse de le 13/08/2018 à 13:51 :
Je souscris a 100% !
a écrit le 11/08/2018 à 14:58 :
Nicolas Hulot à demander aux citoyens de prendre leurs responsabilités devant le changement climatique mais il n'a toujours pas compris que nous sommes prêts depuis longtemps et que ce sont les politiques qui ne font pas leur job et il est temps que ces gens que nous payons une fortune prennent leurs responsabilités en faisant des lois pour le bien être général et non pour des lobby ! On peut arriver à 100% de renouvelables très vite car la technologie est là, seule la volonté politique ne suit pas ...
Réponse de le 12/08/2018 à 17:30 :
Pour info, nulle part dans mon commentaire, je ne parle de rentabilité. Au contraire, je parle de réalités physiques qui semblent échapper au défenseurs des renouvelables. Et perso, j’agis contre le réchauffement climatique, contrairement à beaucoup d’ecolos de salon: j’ai une zoe électrique, un vélo pour aller au travail et une pompe à chaleur pour l’eau chaude et le chauffage et en effet j’ai besoin d’une Énergie nucléaire qui fonctionne en permanence pour l’une pas emettre de gaz de gaz à effet de. Serre.
Pour la rentabilité des renouvelables, les allemands sont bien placés pour le savoir , ils payent leur électricité deux fois plus chers qu’en France.
Et ils émettent toujours deux fois plusieurs de co2 qu’un français: merci la transition écologique...et ils ont’ toujours du nucléaire en fonctionnement...et ils’ importent de l’électricité nucléaire française lorsque le vent n’en souffle pas
a écrit le 10/08/2018 à 19:41 :
Quelques remarques:
1) comparer la puissance installée entre renouvelable et nucléaire ou fossile n’est pas un bon critère, car les renouvelables ne produisent pas en moyenne à leur puissance maximale (ex sur le photovoltaïque qui ne produit pas la nuit). Le facteur de charge est plutôt aux environs de 20%, il faut donc investir 5 fois plus en renouvelable qu’en nucléaire pour avoir la même production. Et encore, la qualité de la production n’est pas la même du fait de l’intermittence et de l’ajustement en temps réel à l’an consommation. Savez vous que c’est l’inertie des turbines qui permet de s’ajuster chose qui est impossible avec des éoliennes
2) les chiffres de l’article sont éloquents: pour baisser la production du nucléaire de 20 gw, soit la réduire de 30%,il faut une puissance de renouvelable de 90gw soit pratiquement la puissance nécessaire en pointe en hiver et 50% de plus que la puissance nucléaire installée ! Ce qui veut dire qu’en été on aura à midi deux fois plus d’electricite produite que consommée. Si tous les pays européens font là même chose le réseau électrique va fondre.
Bref, toutes ces prévisions ne tiennent pas la route et ne seront jamais physiquement réalisés, c’est le principe de réalité
Réponse de le 11/08/2018 à 15:03 :
L'énergie renouvelable, ce n'est pas qu'une question de technologique mais aussi de mentalité. Quand je vois que vous n'arrêtez pas de parler argent et rentabilité ... alors qu'il s'agit surtout de produire de l'énergie en respectant l'environnement tout simplement. A quoi sert de produite de Khw en nucléaire si l'on se retrouve avec des tonnes de déchets ultra dangereux dont on ne sait pas quoi faire ? Quel prix donnez vous à cette incroyable nuisance que l'on lègue à nos enfants ? Pour être sérieux, il faut aussi lui donner un prix et comparer après avec le renouvelable ...
Réponse de le 13/08/2018 à 12:33 :
Je crois que comme beaucoup de nos décideurs vous n'avez pas perçu la disruption en cours et que vous raisonnez toujours suivant des modèles anciens. L'important n'est pas dans les comparaisons sur les rendements ou les prix actuels, mais dans ce qu'ils seront dans 5 ou 10 ans. Si des entreprises telles LG, fabricant en électronique, ou Mercedes Benz fabricant de voitures commercialisent des batteries pour l'habitat, ce n'est pour une quelconque idéologie écologique ou pour gaspiller leur argent, c'est parce qu’ils ont compris que c'est un avenir potentiel, voire probable.
On peut toujours faire le pari inverse et attendre confirmation. Mais il ne faudrait surtout pas se tromper, la transition technologique, c’est maintenant que cela se passe.
a écrit le 10/08/2018 à 16:00 :
Ca aurait été bien de preciser que depuis quelques années, une part grandissante de cette puissance installée est dédiée à l'auto-consommation, donc sans aucune aide publique.
Réponse de le 11/08/2018 à 6:26 :
Il existe de multiples subventions publiques au photovoltaïque, y compris lorsqu’il est utilisé pour de l’auto consommation.

Peut-être que certains font le choix d’y renoncer, mais jusqu’à présent c’est resté anecdotique, l’immense majorité des propriétaires de ces installations prenant tout ce l’Etat veut bien leur donner.
a écrit le 10/08/2018 à 15:11 :
Tout cela est bien beau, mais la consommation de combustible fossile continue à augmenter, et on n'arrivera jamais à la remplacer si la demande en énergie continue à croître : l'éolien et le solaire sont justes des énergies d'appoint.
Et pas le truc qui va sauver la planète.
Juste un truc de plus pour faire du fric, quitte à saccager les paysages ?
a écrit le 10/08/2018 à 8:05 :
Merci pour le rappel de ces chiffres, qui commencent à devenir impressionnants.
Loterie environnementale ou stratégie ? Si l’on veut profiter de cette croissance, cela démontre qu’il ne faut pas se tromper dans les stratégies industrielles et commerciales.
Côté technologies, on n’est qu’au début de l’évolution et de nombreux problèmes restent à résoudre. Dont celui du stockage et on peut imaginer que les batteries étant une utilisées de manière quasi universelle, elles vont rapidement évoluer. En ce qui concerne la production d’électricité, si les prix continuent à chuter l’étape suivante pourrait être celle du suréquipement pour compenser l’intermittence. Ce qui pourrait amener à de la surproduction d’électricité verte pour les pays les plus favorisés en soleil ou en vent. De quoi réorganiser les infrastructures des réseaux et les économies elles même pourraient en être chamboulées. On le constate déjà au niveau des plus gros consommateurs d’énergie, qui choisissent leur implantation en fonction des secteurs en croissance économique, mais aussi des prix et de la disponibilité de l’énergie. Et peut être bientôt en fonction de la stabilité climatique et de la non pollution ?
Si elle en avait la volonté, la France pourrait cocher toutes les cases, à condition de ne pas passer à côté des secteurs en croissance.
Réponse de le 10/08/2018 à 9:47 :
Ne pas oublier que dans le prix du kw/heure actuellement payé par le consommateur, 1/3 correspond au transport, 1/3 aux taxes diverses notamment pour financer le renouvelable, et seulement 1/3 à la production !!!
Réponse de le 10/08/2018 à 15:59 :
Ne pas oublier que repeter una anerie à tue-tete n'en fait pas une verité.
Pour avoir analyser de nombreuses factures, c'est plus 50% pour la production, 25% pour l'acheminement et 25% pour les taxes, dont 1/3 pour la TCCFE/TDCFE, reste 2/3 de 1/4 pour la CSPE, dont 2/3 pour le soutien aux EnR, dont la co-generation de l'incineration de dechets, ca ne fait plus grand chose.
En gros, 1 c€ HT / kWh sur 13 pour le soutien aux EnR nouvelles, dont le solaire, et dont les installations les vieilles et les plus fortement soutenues cesseront de l'etre en 2027 soit dans 8,5 ans.
Merci de retablir la realité.
a écrit le 09/08/2018 à 17:42 :
«…. le monde avait installé un total de capacités de production éolienne et terrestre de 1 térawatt (TW) »
Bien lire que sont ce 1 térawatt, est « installé ». Ce qui veut dire que, c’est environ 35 % de cette puissance disponible qui sont produits, si on s’en rapporte à la production réelle, et compte tenu de l’intermittence du système.
Réponse de le 10/08/2018 à 17:06 :
Juste pour votre info le ratio n'est pas de 35% mais de 10 % pour le photovoltaïque, 20 % pour l'éolien terrestre et environ 30 à 35 % pour l'éolien maritime mais qui lui est beaucoup plus cher et beaucoup plus technologique. Pour arriver aux 35 % il faut ajouter l'hydroélectrique , le meilleur mais les possibilités d'installations nouvelles sont très limitées.
Réponse de le 13/08/2018 à 13:32 :
@technique. Oui mais bon tout cela est parfaitement clair. D'ailleurs je vous met au défi de trouver un article sur les EnR où quelqu'un ne vient pas rappeler ce fait.

Ca n'empêche pas 2 choses:
- Toutes les productions sont sujettes à un facteur de charges. Pas que les EnR. Allez voir les chiffres sur les centrales à charbons allemandes pendant la canicule. Certes les EnR ont des facteurs moindres mais dans la mesure où c'est connu du producteur, ou est le problème? Ils savent très bien là où ils mettent leur argent.
- Le prix (LCOE - donc on parle bien de production, pas de puissance installée) de l'éléctricité produites par les EnR est devenu trés compétitif. En Allemagne, des contrats d'achat d'éolien ont été récemment signés pour moins de 5 cents le kwh. Dans beaucoup de pays l'ENR sont déjà meileur marché que le fossile/nucléaire. Alors pourquoi le monde s'en passerais... Même si il faut avoir 500% de puissance installé comparée à la demande. Quelle différence cela fait si c'est moins chèr.
a écrit le 09/08/2018 à 16:54 :
installer des GWs de solaire et d'éolien est un gâchis monumentale la France à dépensée 120 milliards d'€ pour rien les GES n'ont pas diminué d'un iota. il faut investir dans l'isolation des bâtiments, dans une agriculture sans intrant et remplacer les chaudière à fioul par des pompes à chaleur !
Réponse de le 12/08/2018 à 11:03 :
En plus de l'isolation, le solaire thermique, moins cher et plus rentable que le solaire photovoltaïque, qui lui entre en concurrence du nucléaire, qui nous produit assez d'électricité. Le mix français fait qu'il n'est pas nécessaire de produire de l'électricité solaire ou éolienne (on peut, à la marge, pour le fun, ou si on est antinuke). Ces productions électriques "green" ne réduisent en rien le chauffage fuel/gaz, et en rien la consommation diesel/essence de nos bagnoles...
a écrit le 09/08/2018 à 16:38 :
Dommage que les lobbys freinent des deux pieds les maisons autonomes en électricité, dommage qu'il y a des hommes d'affaires et des politiciens pour nous imposer l'hyper concentration des énergies pour leurs seuls intérêts à eux au détriment de celui de tous.

On sait faire les maisons autonomes mais bon l'actionnaire milliardaire et son copain politicien ont dit non. Encore 20 ans à attendre en sommes...
Réponse de le 09/08/2018 à 17:41 :
Autonome... pas vraiment. Soit c’est le réseau qui assure le backup lorsqu’il n’y a pas de soleil, soit c’est un groupe électrogène diésel.
Réponse de le 10/08/2018 à 8:38 :
@ multipseudos: Les maisons 100% autonomes existent depuis plusieurs années maintenant, vous mentez ouvertement.

En plus la nuit il n'y a jamais de soleil, vous savez les gens autour de vous pensent aussi hein mon pauvre vieux... -_-
Réponse de le 12/08/2018 à 11:08 :
La notion de maison autonome existe en effet depuis des décennies, mais ca n’intéresse pas le capital, puisque cela revient a ne plus payer le "loyer" mensuel pour l'énergie, et la consommation de divers services... Comme nos pilotes ne sont au final que des VRP du capital central , ils ne vont jamais faire en sorte de démanteler les mammouths de l'économie, qui sont leur rente de situation. Si le peuple se mettait a produire sa propre énergie, où irait-on ? Déjà qu’autrefois il produisait sa bouffe, alors on l'a bien mis sous contrôle, en ne payant sa production que par des mécanismes de subventions, en s'assurant qu'il ne puisse pas vivre sans cela :-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :