Un groupe d'études sur l'hydrogène à l'Assemblée : pour quoi faire ?

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Le député (LREM) de la 2ème circonscription de Dordogne Michel Delpon est à l'initiative du groupe d'études Hydrogène de l'Assemblée nationale.
Le député (LREM) de la 2ème circonscription de Dordogne Michel Delpon est à l'initiative du groupe d'études Hydrogène de l'Assemblée nationale. (Crédits : Assemblée nationale)
Les députés du groupe d'études Hydrogène, co-présidé par Michel Delpon, entendent auditionner les entreprises et les élus intéressés par cette énergie bas carbone. L'association Régions de France et l'association française pour l'hydrogène et la pile à combustible (AFHYPAC) demandent au Premier ministre de soutenir davantage la filière.

Œnologue de formation, Michel Delpon dit s'être intéressé à l'hydrogène dès ses études de chimie, avant de convaincre son entreprise de commercialisation de vins, Producta Vignobles, de s'y convertir. À peine élu député (LREM) de Dordogne, il doit faire face à son premier dossier "chaud" : la fermeture de la ligne TER Bordeaux-Bergerac-Sarlat (qui rouvrira en septembre 2019, ndlr).

Convaincu que la solution passe par des trains à l'hydrogène, il se rend alors en Allemagne où 35 trains ont été commandés à Alstom. Aujourd'hui, le conseil régional d'Occitanie ayant déjà impulsé le mouvement, Michel Delpon travaille à une expérimentation dans sa circonscription avec le vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine.

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L'ancien conseiller municipal (SE) de Bergerac entre 2001 et 2008 a également testé le vélo à hydrogène le long de la Dordogne l'été dernier. Objectif : convaincre les 15 maires des communes voisines de "débloquer" leurs esprits. Il joue également le rôle d'animateur de réseau pour un cluster d'entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables et l'hydrogène. Situé sur un terrain militaire de 25 hectares, un ancien entrepôt de vêtements de 7.000 mètres carrés accueille déjà trois jeunes pousses.

Échanger avec les entreprises du secteur

Membre de la commission des affaires économiques, Michel Delpon profite de l'examen du projet de loi sur l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, et une alimentation saine, durable et accessible à tous (Egalim) pour défendre les tracteurs fonctionnant avec une pile à combustible. La PAC permet en effet de stocker l'hydrogène produite d'origine renouvelable (éolienne, panneau solaire).

Lire aussi : Les professionnels de l'hydrogène peinent-ils vraiment à convaincre ?

Le plan Hydrogène lancé le 1er juin 2018 par l'ex-ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a donc envoyé, selon, lui, "un signal fort" après "un débat un peu utopique". C'est pourquoi, avec son collègue Gérard Menuel (LR, Aube), le député marcheur vient de créer le premier groupe d'études dédié à cette énergie décarbonée afin d'échanger avec les experts et les entreprises du secteur.

Le contexte s'y prête effectivement avec la création récente de deux joint-ventures : Air Liquide, Toyota et les taxis Hype veulent renforcer l'offre de véhicules bas carbone pour les JO 2024, tandis que SymbioFCell, Michelin et l'équipementier Faurecia avancent ensemble sur la pile à combustible. EDF a également annoncé ce 2 avril le lancement d'Hynamics "une filiale pour produire et commercialiser de l'hydrogène bas carbone".

Accélérer le déploiement de la filière

Les professionnels se félicitent d'ores et déjà de la création de ce groupe de travail. Le fondateur d'H2V Product, qui prévoit la création d'usines de production d'hydrogène vert, salue « une mobilisation des élus très positive ».

« Ce sera créateur d'emplois, de valeur ajoutée, de devises et de développement industriel », poursuit Lucien Mallet.

Comme d'autres, cet acteur espère par exemple pouvoir introduire cette énergie dans les réseaux de gaz, ce que la loi interdit actuellement. Son homologue de chez Sylfen, qui associe différentes énergies locales dans les bâtiments, qualifie, lui, cette annonce "d'excellente nouvelle". « L'ensemble de la filière est mobilisée », souligne Nicolas Bardi, « pour une approche dépassionnée et offensive, et afin d'accélérer le déploiement ».

Lire aussi : Vers des bâtiments autonomes en énergie grâce à l'hydrogène

En attendant, le président de l'association Régions de France Hervé Morin et le président de l'association française pour l'hydrogène et la pile à combustible (AFHYPAC) Philippe Boucly, viennent d'adresser un courrier au Premier ministre pour lui demander de soutenir davantage la filière. Dans cette lettre, le patron du conseil régional de Normandie et l'acteur privé exigent « la pleine concrétisation » des 100 millions d'euros débloqués pour 2019 ainsi que « sa pérennisation pour les prochaines années ».

« L'État doit se donner toutes les chances de bâtir une filière hydrogène verte et compétitive. Il en va de notre volonté collective de suivre une trajectoire compatible avec les objectifs impérieux de l'Accord de Paris. »

En réalité, Édouard Philippe serait déjà sensibilisé à la question de l'hydrogène d'origine renouvelable, qu'il a d'ailleurs citée lors du lancement des "territoires d'industrie" en novembre dernier.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2019 à 18:51 :
L'hydrogène n'est pas une énergie bas carbone.
1- C'est un vecteur d'énergie qui permet son transfert, avec évidemment un rendement et un coût.
2- Quant au bas carbone, cela dépend de la façon dont il est produit...
a écrit le 03/04/2019 à 11:34 :
Même Toyota est en train de changer son fusil d'épaule et de revenir à la batterie....VW vient de donner sa position sur l'hydrogène dans le cadre des engagements de réduction des émissions au gouvernement allemand...chiffre à l'appui. Tout ce que les scientifiques savent depuis longtemps, le rendement de la filière H2 est catastrophique, et le surplus d'énergie renouvelable dont elle est censé se nourrir est très loin d'être en vue, a fortiori avec le développement des VE. Messieurs les politiciens, arrêtez de vous faire mousser avec notre argent, et investissez le dans des projets réalistes, comme le déploiement des bornes de recharge, et la promotion de véhicules plus légers que les tanks de 2t proposés par nos constructeurs. Le bon sens quoi...
a écrit le 03/04/2019 à 10:28 :
Toujours en train de réinventer l'eau chaude avec notre pognon!
Solaire thermique sur les toits, roues à aubes, pipes d'eau potable équipés de turbines, énergie bois, trains/tram à volants d'inertie avec économie des câbles et recharges flash dans les gares grâce à encore des volants d'inertie!
Pourquoi les journalistes font-ils toujours la promotion du pire?
L'hydrogène c'est 13 euros le kilo, mais pas que...
Un kg de pétrole contient 12 kWh d’énergie sous forme de chaleur quand on le fait brûler. -
Le pétrole (ainsi que ses dérivés l’essence, le diesel,…) est un produit miraculeux car c’est
un condensé fabuleux d’énergie qui a surtout la bonne idée d’être liquide à la pression et
température ambiante et donc facilement stockable et manipulable (ce qui n’est pas le
cas par exemple du gaz naturel et surtout de l’hydrogène). -
Un litre d’essence pèse environ 0,7 kg (densité = 0,72) et contient 9 kWh (en fait, 8,8
kWh mais on retiendra 9 kWh). Dans la suite du document, le terme "essence" regroupe tous -
les carburants issus du pétrole (essence, gas-oil, kérosène,…) -
Dans la pratique d’une électrolyse industrielle, il faut 1 litre d’eau et 5 kWh d’électricité -
pour fabriquer un "normal mètre cube" (Nm3) d’H2 (soit 1000 litres d'H2 sous forme de gaz à
0° C, à la pression atmosphérique) qui contient 3 kWh d'énergie (rendement de 60% de
l'électrolyse). - Donc, 1000 litres d'H2 gazeux à la pression atmosphérique à 0°c contiennent
autant d'énergie que… 0,3 litres d'essence. -
Et là, on ne parle même pas du stockage et des matières premières couteuses pour avoir une pile à combustible! -
Nous vivons dans un pays qui dépense des milliards dans des soi-disant grandes écoles! - Expliquez-moi à quoi servent tous ces diplômés?
a écrit le 02/04/2019 à 17:48 :
Pour commencer :

Allez sur le site de la société Mc Phy Energy.

Tout est prêt depuis bien longtemps !!

( Je n'ai aucun lien, et je ne suis pas actionnaire).
Réponse de le 04/04/2019 à 12:04 :
Euh comment dire...
Vous pouvez aussi proposer d'aller sur le site d'Air Liquide... et alors???
Vous répondez à une démonstration scientifique (connue depuis bien longtemps) à propos de laquelle vous ne semblez pas vouloir réfléchir beaucoup, par le conseil d'aller voir ce site de lobbyistes???
Exactement le genre de propos d'un bon vieux gilet jaune qui ne comprend rien mais qui sait tout.
Je n'ai rien à faire de vos leçons, par contre j'aimerais bien échanger un peu avec vous sur la loi de conservation de l'énergie.
a écrit le 02/04/2019 à 16:02 :
Bien sur ! Il faut aussi développer la filière Méthanation, consistant à reconvertir le CO2 en Méthane. Là aussi les énergies renouvelables seront d'une grande utilité.

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