Gaz industriels : pourquoi Air liquide fait une acquisition à près de 3 milliards d'euros
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

(Photo d'illustration.)
Sarah Meyssonnier
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

(Photo d'illustration.)
Sarah Meyssonnier
Il s'agit de la plus grosse acquisition réalisée par Air liquide depuis le rachat de l'américain Airgas il y a dix ans. Ce vendredi 22 août, le spécialiste tricolore des gaz industriels a annoncé avoir noué un accord pour le rachat du sud-coréen DIG Airgas. Montant de l'opération : 4,6 billions de wons sud-coréens, soit 2,85 milliards d'euros. Jusqu'à présent, l'entreprise DIG Airgas était contrôlée par le fonds australien Macquarie. L'acquisition devrait être finalisée au premier semestre 2026.
«Cette acquisition positionne idéalement Air liquide sur un marché en pleine croissance », s'est félicité dans un communiqué François Jackow, directeur général d'Air liquide. Pour l'entreprise française, la Corée du Sud est en effet the place to be. Non seulement le poids de l'activité industrielle y est très important, représentant près de 28 % du PIB, contre à peine 10 % en France. Mais c'est aussi une industrie très gourmande en gaz industriels. La Corée du Sud est ainsi la 6e économie manufacturière dans le monde et le 4e marché mondial des gaz industriels. Et celui-ci est en plein essor, tiré notamment par les besoins des semi-conducteurs, eux-mêmes stimulés par le boom de l'intelligence artificielle, qui nécessite des puces de plus en plus puissantes et spécialisées. Air liquide estime ainsi que le marché sud-coréen devrait doubler d'ici à 2035.
À lire également
Les grands groupes électroniques, comme Samsung, sont en effet de grands consommateurs de gaz industriels. « Nous fournissons à la fois des gaz vecteurs, pour contrôler l'atmosphère des usines, et des matériaux avancés qui servent à la gravure et au dépôt des couches de matière sur les puces », expliquait récemment à La Tribune Armelle Levieux, directrice innovation et technologie d'Air Liquide, en charge notamment de l'électronique. Les gaz vecteurs, comme l'azote, l'argon et l'hydrogène, par exemple, permettent de nettoyer les réacteurs et de purger les surfaces pour éviter toute impureté dans les salles blanches où sont produites les puces.
Juliette Raynal