Très peu d'entreprises résistent au marasme ambiant. Air Liquide en fait partie. À rebours de la sinistrose, ce géant mondial de la fourniture de gaz et de technologies pour l'industrie et la santé a dévoilé le 10 décembre avoir reçu une aide de 110 millions d'euros de l'UE pour son projet de production et de distribution d'hydrogène bas carbone en Belgique, dans le port d'Anvers-Bruges.
Il y a tout juste un an, le groupe révélait un investissement de plus de 400 millions d'euros en Normandie, pour la mise en route d'un électrolyseur (qui permet la fabrication d'hydrogène via l'électricité), en partenariat avec l'Allemand Siemens. « Nous avons annoncé trois projets de production d'hydrogène en France ces deux dernières années », souligne son directeur général, François Jackow, 55 ans, à la tête de l'entreprise depuis deux ans.
Des annonces qui détonnent alors que, pour la première fois depuis 2015, la France accuse cette année un déclin industriel d'autant plus frappant qu'il est soudain. Selon le cabinet Trendeo, créateur d'un baromètre des usines implantées dans le pays, la tendance positive s'est maintenue pendant les six premiers mois de 2024 pour s'inverser ensuite, très précisément depuis l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale, le 9 juin.
Le mouvement s'amplifie, avec aujourd'hui 260 annonces de mise à l'arrêt de sites, de baisse et de suppression d'effectifs ou de procédures de redressement judiciaire, dans tous les secteurs, des aciéries aux composants automobiles, de la chimie à la papeterie. Un repli industriel également constaté dans l'Union européenne, avec une production en recul de plus de 2 % entre juillet 2023 et juillet 2024.