Eramet dégringole en Bourse après l’arrêt de l’extraction dans l'une de ses mines au Gabon
latribune.fr

Eramet a expliqué que « la durée de cet arrêt sera ajustée en fonction de l'évolution du marché ».
Vincent Kessler
latribune.fr

Eramet a expliqué que « la durée de cet arrêt sera ajustée en fonction de l'évolution du marché ».
Vincent Kessler
Difficile début de journée en Bourse pour Eramet. Le cours du groupe minier a dégringolé ce mercredi sur la place parisienne, perdant jusqu'à -18,73%, à 53,60 euros, un peu après 10h00 (8h00 GMT) par rapport au niveau de clôture de la veille. L'action s'est ensuite très légèrement reprise, s'affichant néanmoins encore en lourde chute (-16,15% à midi passé).
Cette importante baisse est liée à l'annonce faite mardi soir par le groupe, dans un communiqué, de suspendre l'extraction de minerai de manganèse d'une de ses mines, celle de Moanda, située au Gabon, « pendant au moins trois semaines ». Ce, en raison du « fort recul de la production d'acier au carbone en Chine cet été » qui « a entraîné une nette baisse des achats de minerai par les producteurs chinois d'alliages de manganèse » et donc « une offre excédentaire sur le marché ». Il faut dire que la première puissance asiatique traverse depuis de nombreux mois une crise de son secteur immobilier, ce qui impacte la construction et donc la demande de matériaux, dont l'acier.
Eramet a expliqué ce mardi que « la durée de cet arrêt sera ajustée en fonction de l'évolution du marché », précisant toutefois que « les ventes et expéditions se poursuivront pendant cette période ».
Dans ce contexte, le groupe a prévenu réviser à la baisse ses objectifs annuels concernant cette activité. Il compte désormais écouler entre 6,5 et 7 millions de tonnes de manganèse en 2024, contre 7 à 7,5 millions précédemment.
Eramet connaît par ailleurs des difficultés aussi avec les ventes de sa production de nickel. Le groupe indique que les autorités indonésiennes ont délivré en début de semaine à sa filiale PT Weda Bay Nickel - ou PT WBN, une coentreprise avec le chinois Tsingshan - « un permis de vente de minerai de nickel inférieur aux attentes ». Ainsi, les ventes annuelles sont limitées à 32 Mth (millions de tonnes humides, unité de référence sur le marché du nickel) « pour 2024 et les deux prochaines années ». Ce, alors que la coentreprise visait 44 Mth en 2024 « avec une augmentation progressive à plus de 60 Mth à moyen terme ».
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Pour la suite, le groupe et son associé Tsingshan prévoient, d'après le communiqué, de demander une révision du permis d'exploitation pour 2025 et 2026 afin d' « augmenter progressivement » la production.
Le géant minier, qui doit présenter la semaine prochaine ses résultats du troisième trimestre, ne précise pas encore à ce stade dans quelle mesure ces événements, concernant à la fois le manganèse et le nickel, affecteront sa performance globale. Sachant que, sur la première moitié de l'année, l'exploitation des mines a été perturbée en Nouvelle-Calédonie, notamment en raison des émeutes qui ont touchés l'île au printemps. Si bien que le groupe avait enregistré sa première perte nette semestrielle depuis 2020, à -41 millions d'euros.
À lire également
Eramet se disait alors confiant pour l'année, annonçant une performance « nettement supérieure » au second semestre grâce à une remontée des prix. Le directeur financier, Nicolas Carré, avait assuré que la deuxième partie de l'année est traditionnellement meilleure pour le groupe en raison de la météo, surtout au troisième trimestre. Rendez-vous la semaine prochaine pour voir si ces prédictions se confirment ou non, puis mi-février 2025 pour la publication de son exercice décalé.
(Avec AFP)
latribune.fr