ENQUÊTE. Face à une consommation qui se contracte, l'habillement made in France se voit comme une solution aux déboires de l'économie tricolore. Entre investissements, nouvelle usine, redressements judiciaires, cette filière en pleine mutation pourrait néanmoins être emportée par l'incertitude politique.
Jamais les Français n'ont autant épargné, cumulant, à la fin du premier trimestre 2025, 6 429 milliards d'euros de patrimoine financier, d'après la Banque de France. De quoi pénaliser la consommation qui se contracte sur certains pans de dépenses du quotidien, ou au mieux qui se stabilise.
C'est notamment le cas pour le textile. En juin, les dépenses dans l'habillement étaient +0,1 % supérieures au niveau de mai. Néanmoins, la Fédération Nationale de l'Habillement (FNH), qui défend les intérêts des commerces de mode indépendants, dresse un constat plus préoccupant. Selon son baromètre mensuel, le chiffre d'affaires de ses adhérents a diminué de 3,1 % par rapport à août 2024. « Ce chiffre est d'autant plus édifiant que durant le mois d'août, près de 80 % de ces boutiques ont poursuivi leur période de promotion, à la suite des soldes », commente l'organisation professionnelle.
Un contexte qui fragilise en particulier le made in France. Entre la concurrence accrue de plateformes comme Shein et l'inflation, la filière du textile fabriqué dans l'Hexagone pourrait être durement impactée par une baisse de la consommation. Surtout en période d'investissement pour se relancer. C'était en février dernier : le Slip français inaugurait, en compagnie de l'ex-ministre de l'Économie Bruno Le Maire, son usine Bonne nouvelle à Aubervilliers, associé à Wiltee et au Lab+.
Sept mois plus tard, le fabricant de boxers, de chaussettes, de chaussons, de culottes, de soutiens-gorges et de pyjamas revendique 90 emplois directs au cœur du Grand Paris et au total 200 emplois indirects dans quarante usines partenaires. Et ce malgré la fermeture récente de deux usines, l'une à Lyon, l'autre à Bourg-en-Bresse. Sans parler de la situation économique, politique et sociale qui n'incite guère à la consommation de produits haut de gamme. « Nous sommes lucides sur le contexte complexe, mais nous restons sur nos fondamentaux, à savoir continuer de produire de la qualité génératrice d'emplois localisés », évacue le président fondateur du Slip français Guillaume Gibault.
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