Industrie : la robotisation avance à grand pas dans le monde

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L'automatisation des économies s'accélère dans le monde
entier : la nouvelle moyenne globale de densité robotique dans les industries manufacturières est de 74 unités de robots pour 10.000 employés (66 unités en 2015) signale la fédération internationale.
L'automatisation des économies s'accélère dans le monde entier : la nouvelle moyenne globale de densité robotique dans les industries manufacturières est de 74 unités de robots pour 10.000 employés (66 unités en 2015) signale la fédération internationale. (Crédits : Reuters)
Dans sa dernière étude, la Fédération internationale de robotique indique que le nombre de robots dans l'industrie mondiale pourrait s'élever à plus de 3 millions d'ici 2020. Cette montée en puissance de la robotique pourrait engendrer des mutations importantes dans le monde du travail.

L'automatisation monte en puissance dans l'industrie mondiale. Selon des chiffres de la Fédération internationale de robotique publiés le 30 mai dernier, le nombre de robots d'ici 2020 s'élèverait à 3,05 millions. Cela signifie que ce type d'outil pourrait doubler entre 2014 et 2020 avec une véritable accélération ces dernières années. Et qu'en moyenne, le stock de robots a progressé entre 12% et 14% sur cette période. Au-delà de ces chiffres, ces nouvelles projections risquent de susciter des débats houleux sur la place de l'automatisation dans le monde du travail.

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Lire aussi : Automatisation : 375 millions de personnes forcées de changer d'emploi d'ici 2030 ?

L'Asie en tête

Ces données à l'échelle mondiale masquent de véritables disparités régionales. Pour faciliter les comparaisons internationales, l'organisme a calculé des densités de robots par pays. Il apparaît que l'Asie domine le classement des continents les plus équipés. Selon des chiffres de la fédération publiés en février dernier, la Corée du Sud est le pays qui connaît la densité de robots (nombre de robots pour 10.000 employés dans l'industrie manufacturière) la plus importante au monde (631 pour 10.000), suivi de Singapour (488 pour 10.000) et enfin l'Allemagne (309 pour 10.000). En Corée du Sud, la densité de robots dépasse de 8 fois la moyenne internationale."Ce taux est le résultat d'installations continues d'un grand nombre de robots, en particulier dans l'industrie électrique / électronique et dans l'industrie automobile." La France arrive plutôt en bas de classement parmi les pays étudiés avec 132 robots pour 10.000 employés sachant que la moyenne mondiale du ratio est de 74 pour 10.000.

En Chine, l'essor de la densité de robots a été la plus plus dynamique au monde. Si la puissance économique asiatique n'occupe que le 23e rang mondial, le gouvernement a l'ambition de faire entrer son économie dans le top 10 des nations les plus automatisées au monde d'ici 2020. Ce qui correspondrait à la volonté de l'exécutif d'opérer une transition de son modèle économique.

"D'ici là, sa densité de robot devrait atteindre 150 unités. En outre, l'objectif est de vendre un total de 100.000 robots industriels produits dans le pays d'ici 2020 (en 2017, 27.000 unités provenaient de fournisseurs chinois, 60.000 de fournisseurs étrangers)."

La fédération tente de rassurer

Pour tenter de rassurer l'opinion publique, l'organisation internationale de robotique a développé plusieurs idées qui devraient alimenter les échanges entre les travailleurs.

"En dépit des peurs diffusées dans les articles de presse, il n'existe pas de preuve concrète que l'automatisation a un impact différent sur le travail que les précédentes vagues de technologie lors des siècles passés avec un mélange de suppressions d'emplois, de créations d'emplois et de transformation du travail".

Pour les auteurs de l'étude intitulée "Les robots et le lieu de travail dans le futur", ce qui change réellement est la transformation des profils de poste et des compétences exigées "qui semblent aller plus vite que par le passé". Cette mutation combinée "aux effets de la mondialisation [...] peut créer de l'insécurité." La plupart des experts interrogés dans le rapport indiquent que dans les trois industries étudiées (industrie manufacturière, logistique et santé), les humains et les machines vont continuer à travailler ensemble. L'amélioration de la productivité et des avantages compétitifs va dépendre "des capacités des entreprises à mettre en place des organisations dans lesquelles les humains et les machines travailleront ensemble." Enfin les robots devraient rendre le travail plus sûr et moins dangereux physiquement en prenant en charge des tâches à risque.

L'enjeu de la formation

Face à l'essor de la robotique dans le secteur de l'industrie, le rapport recommande de développer des "politiques incitatives pour encourager les entreprises à investir dans la formation et/ou accroître leur financement pour l'éducation." Plusieurs organisations internationales comme la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) ont signalé que les robots pouvaient représenter une menace pour les emplois qualifiés dans les pays développés. "La menace que fait peser la robotisation sur les bons emplois s'étend à certains pays en développement", rappelle un récent rapport de l'institution. La formation représente ainsi un sérieux défi pour les pays déjà confrontés à des taux de chômage importants malgré une conjoncture mondiale favorable.

Lire aussi : Robots : les emplois qualifiés menacés dans les pays développés

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Commentaires
a écrit le 05/06/2018 à 13:51 :
Robotisez ou mourez !
a écrit le 04/06/2018 à 7:05 :
Personnellement, je trouve cela tres bien, l'homme n'est pas fait pour faire des traveaux dè force et répétitif.... Ceux qui trouve a hardire sur cette situation , on qu'un aller travailler dans les ussine a papa , histoire d'avoir un points de vue correcte de la realite .... A 16 ans j'ai le souvenir avoir confectionner des palette de peinture avec des pots de 25 kg , àu bouts de 3 heures se n'est plus drôles, alors én fin de journée....
Bon , mais cela ne regle pas le probleme de la sous robotisation des entreprises en France, le nombres de machine qui date du siècle dernier est inquiétant, se qui démonte un retardés certain ......
a écrit le 02/06/2018 à 13:37 :
J'ai été un des pionniers de la robotique industrielle dès les années 80. En particulier pour les senseurs et actionneurs. Mes clients constructeurs de robots étaient Suédois, Allemands, Japonais, Suisses et Italiens. En France, un polytechnicien m'a démontré que le capteur de position a interpolation que je lui proposais ne pourrait jamais fonctionner. Quelle horreur! j'en avait déjà livré des centaines à mes clients Suédois
ASEA et Allemand KuKa, et ils tournaient 24heures&7jours sans problèmes.
a écrit le 31/05/2018 à 18:55 :
Aujourd'hui nos dirigeants nous expliquent que la robotique est créateur d'emplois alors que le chômage est toujours dans les hautes sphères. Autrefois il n'y avait aucun robot et il y avait du travail pour tous, certains plus pénibles que d'autres cela va de soit, mais il y avait le plein emploi.Alors ?
Réponse de le 31/05/2018 à 20:18 :
Alors comment expliquer que les pays avec une importante densité de robots soit aussi ceux avec un taux de chômage le plus bas ?
Réponse de le 01/06/2018 à 5:34 :
Taux de non emploi sud Coree. 3,8%. Le pb de vos politiques corrompus, c'est que depuis plus de 30 ans il n'ont jamais eu de desseins pour le pays France. Seuls leurs avantages et prebendes primaient. l'avenir et le peuple ils s'en moquaient, ca continue de plus belle avec votre micro emperator..
La competition mondiale a ce jour est telle que la France ne pourra jamais rejoindre le peloton de tete des winners. Le retard est trop important, sans parler de la formation dans son ensemble.
Remerciez le medef et autres industriels qui ont delocalises en Chine et ailleurs pour se gaver davantage.
Ici, il est possible d'entreprendre sans entrave. Une creation d'entrepriwse est reglee en une journee, alors qu'en Frqance il faut des semaines.
Sans evoquer la question fiscale. Vous etes dans de sales draps.
Réponse de le 01/06/2018 à 14:30 :
antoineB : Qui quel pays? Je suis à l'écoute.
a écrit le 31/05/2018 à 17:54 :
La seule solution pour sauver le système de protection sociale et les retraites, c'est de taxer les robots de charges sociales.Après tout, ils occupent des emplois de salariés.
Réponse de le 01/06/2018 à 11:34 :
Moi je me sers tous les jours d'un robot, c'est celui qui pilote le métro de la ligne 1 à Paris ou tout simplement le tourniquet pour rentrer dans le métro.
Il faut taxer le tourniquet qui a pris la place du poinconneur ?
Réponse de le 01/06/2018 à 22:04 :
@ba : comme passéisme, on ne fait pas mieux !! Les robots, c'est le futur de notre industrie et vous voulez les taxer !! Je mettrais plutôt une taxe sur les c...., elle rapporterait un max !!!
a écrit le 31/05/2018 à 17:30 :
ah, les mechants robots!
avant vous faisiez vos additions avec erreurs sur un papier avec un crayon, maintenant vous utilisez excel!
avant vous faisiez votre compta a la main, maintenant vous avez un progiciel......
avant on ne savait pas miniaturiser les objets, maintenant a cause des robots, on peut faire des soudures au nanometre pres, ce qui enleve le pain de la boucher de soudeurs laborieux!
avant vous faisiez operer votre myopie par un docteur russe qui vous faisait une keratotomie, il est au chomage aussi a cause des robots qui permettent un lazik
et la liste est longue des griefs qu'on peut attribuer a ces nuisibles qu'il conviendrait d'interdire, histoire de vivre comme au moyen age!
Réponse de le 31/05/2018 à 20:26 :
Et maintenant on s'aperçoit que même sur ce sujet vous n'y connaissez rien : la notion de robot vous échappe totalement. Vous devriez prendre "john snow" comme pseudo.
Réponse de le 01/06/2018 à 11:38 :
Cela fait des siècles que l'on remplace l'humain par des machines (travail musculaire par des machines outils, travail intellectuelle par l'écriture, le boulier, la calculette, l'ordinateur...)
Le robot n'est qu'une étape de plus, associant du travail musculaire et du travail intellectuel.
Il nous permet de faire des choses que nous ne pourrions pas faire, il crée de nouveaux métiers.
Ceux qui ont peur des robots sont les mêmes qui ont peur du progrès, depuis l'invention du feu, de la roue, de l'imprimerie ou du métier à tissé.
a écrit le 31/05/2018 à 17:29 :
Il est temps de diminuer les charges sur les salaires et d'augmenter le prix de l’énergie car la robotisation ne fonctionne que si il y a consommation et je vois mal les machines le faire a notre place! A moins de vouloir entrer dans un cercle vicieux digne du dogme européiste!
Réponse de le 01/06/2018 à 8:03 :
Bravo, il suffirait d'appliquer la page 12 de la note n°6 du CAE.
a écrit le 31/05/2018 à 16:24 :
Mais plus en europe par contre...

"Kuka, le fleuron allemand des robots industriels passe sous pavillon chinois" https://www.la-croix.com/Economie/Entreprises/Kuka-fleuron-allemand-robots-industriels-passe-sous-pavillon-chinois-2016-08-18-1200783054
Réponse de le 31/05/2018 à 19:03 :
Heureusement il reste encore ABB
Réponse de le 01/06/2018 à 8:59 :
Pour combien de temps ?

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