Remettre la France sur le devant de la scène face aux champions américains et asiatiques, tout en réduisant l'empreinte environnementale d'un secteur très polluant. L'enjeu est immense pour l'industrie hexagonale, au cœur du plan de relance sur deux ans annoncé en septembre 2020 par le gouvernement. Car son objectif de « redresser rapidement et durablement l'économie française » après la crise du Covid-19 devra se coupler à celui de la neutralité carbone en 2050, inscrit dans la loi depuis fin 2019.
Face à un tel défi, l'Etat s'est bien doté d'une politique en publiant une feuille de route, qui concerne d'abord la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Celle-ci doit permettre à l'industrie d'atteindre - 35% d'émissions de carbone en 2030 par rapport à 2015, et - 80% en 2050... tout en maintenant sa compétitivité. Et les leviers sont nombreux pour y parvenir : efficacité énergétique, électrification, adaptation des procédés, ou encore utilisation de sources de chaleur moins émettrices de CO2 (comme la biomasse et les combustibles solides de récupération).
Mais cet objectif exige des moyens financiers. Sur les 30 milliards d'euros du plan de relance dédiés à la transition, le gouvernement a alloué, en tout, deux milliards à l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (Ademe) - parmi lesquels plus de la moitié (1,2 milliard) servira à accompagner concrètement des projets de décarbonation de l'industrie. Un an plus tard, à mi-parcours, l'Ademe est revenu ce jeudi 9 septembre sur le déploiement de ce dispositif. L'investissement total pour les projets retenus s'élève aujourd'hui à 765 millions d'euros, dont 200 millions d'aides de l'Ademe - soit moins de 15% de son enveloppe pour le secteur.