Baisse des émissions de CO2, développement de la filière bois et intérêt pour Equans : les points communs de Bouygues et d'Eiffage
César Armand
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Dans le BTP, le climat des affaires va désormais de pair avec le climat tout court. Depuis le printemps 2020, les grands groupes français du secteur dévoilent tour à tour leur stratégie bas-carbone. Eiffage a ouvert le bal en avril 2020 en publiant son premier rapport climat. Quelques mois plus tard, en décembre 2020, Bouygues lui a emboîté le pas en présentant son plan d'actions dans ce domaine, avant que Vinci le fasse à son tour en juin dernier. Tous les trois vantent le recours au béton bas-carbone ou à l'hydrogène ou le monitoring des consommations d'énergie.
Des programmes écologiques défendus avec plus ou moins de détails par Bouygues et Eiffage à l'occasion de la présentation des résultats semestriels, ce jeudi. Pour autant, pour certains, le discours n'est pas toujours le même aujourd'hui que celui tenu il y a encore quelques mois. En février dernier par exemple, le nouveau directeur général de Bouygues, Olivier Roussat, expliquait que l'année "2021 [était] destinée à franchir les différentes étapes". L'ensemble des actions dévoilées en décembre 2020 constituait des "choses raisonnables en termes d'investissements", poursuivait-il, promettant de les "préciser" dans le courant de l'année. Interrogé ce jeudi par La Tribune, Olivier Roussat a affirmé "utiliser l'année 2021 pour définir les capex [dépenses d'investissement, Ndlr]". Le calendrier a donc légèrement changé : le montant des investissements sera désormais "présenté à l'occasion des résultats annuels 2021". Autrement dit, en février 2022.
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Pourtant le temps presse. Bien avant la publication le 9 août dernier du dernier rapport du Giec (le groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat), la France s'est engagée, dans le cadre de la loi "Energie et climat" promulguée en 2019, à diminuer de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 1990, afin d'atteindre la désormais fameuse neutralité carbone en 2050. Bouygues veut ainsi jouer sur tous les scopes 1, 2 et 3, c'est-à-dire ses émissions directes de CO2, ses émissions indirectes liées aux consommations énergétiques et ses émissions indirectes en amont et en aval. Dès décembre 2020, le groupe au président éponyme a pris l'engagement de réduire, sur les bases de 2019 ou de 2020, ses émissions de 30 à 50% selon les filiales - Colas, Bouygues Construction, Bouygues Immobilier, Bouygues Telecom et TF1 - et le scope.
César Armand