Sigmar Gabriel presse la Chine d'appliquer des règles du jeu équitables

latribune.fr

latribune.fr
Hier, jeudi, le quotidien Ouest France titrait : "L'Allemagne refuse de se faire manger par la Chine" à propos de l'incident diplomatique entre les deux pays après le refus de Berlin de laisser racheter deux de ses entreprises par des groupes chinois. De fait, ce vendredi, Sigmar Gabriel, le ministre allemand de l'Economie, en visite officielle depuis mardi en Chine, a expliqué au Premier ministre chinois Li Keqiang qui le recevait que les règles du jeu ne semblaient pas équitables pour les entreprises allemandes en Chine.
Au cours de sa visite, Sigmar Gabriel a appelé Pékin à abaisser les barrières pour les entreprises allemandes souhaitant faire des affaires en Chine et à créer des règles équitables, des demandes qu'il a rappelées à Hong Kong vendredi.
Gabriel a ajouté qu'il n'avait discuté du rachat du groupe de semi-conducteurs Aixtron, une des sources de la tension actuelle entre l'Allemagne et le gouvernement chinois.
Quelques jours avant un voyage officiel en Chine, Berlin avait retiré son autorisation au rachat (par OPA) de l'équipementier de semi-conducteurs Aixtron par un groupe chinois. Mais il avait également opposé son refus au rachat d'une filiale de la société d'éclairage Osram par un autre consortium chinois. Deux refus coup sur coup, de quoi faire monter la pression et déclencher la colère de l'ex-Empire du Milieu.
Dès le mercredi 2 novembre, le ministère chinois du Commerce avertissait l'Allemagne de son déplaisir après les initiatives récentes de Berlin contre les acquisitions par des entreprises chinoises en Allemagne, souhaitant qu'elles restent "une exception".
A l'en croire, les inquiétudes de Berlin concernant la fuite de technologies et d'emplois vers la Chine n'ont pas lieu d'être.
Pourtant, les statistiques disent obstinément le contraire. Depuis le début de l'année, les investisseurs chinois ont réalisé 47 acquisitions d'entreprises allemandes pour un montant total de 10,3 milliards d'euros, contre 29 opérations pour 263 millions d'euros sur la totalité de l'année 2015, selon les données de Thomson Reuters.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

La visite de Sigmar Gabriel fait suite à celle, lundi, de Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères, qui a tenu des propos du même ordre à ses interlocuteurs. Il avait clairement désigné les entraves aux investissement étrangers, le manque de réciprocité entre les partenaires commerciaux, bref l'attitude protectionniste de l'ex-Empire du Milieu, cela dans un contexte de déferlements d'investissements chinois en Europe :
Jean-Marc Ayrault a rappelé les bienfaits des investissements français en Chine:
Dans l'autre sens, les investissements chinois vers l'Union européenne (UE) ont bondi de 44% en 2015 à 20 milliards d'euros, ce qui représentait le double des investissements européens vers la Chine.
(Avec Reuters)
---
LIRE AUSSI
À lire également
latribune.fr