Cinéma : le géant chinois Alibaba investit dans la société de production de Spielberg

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Alibaba, fondé par Jack Ma (photo) avait déjà partiellement financé Star Trek Sans Limites et Mission : Impossible - Rogue Nation en 2015.
Alibaba, fondé par Jack Ma (photo) avait déjà partiellement financé "Star Trek Sans Limites" et "Mission : Impossible - Rogue Nation" en 2015. (Crédits : Reuters)
Amblin Entertainment, société de Steven Spielberg, espère coproduire entre 6 à 9 films par an avec Alibaba. D’ici 2018, la Chine devrait être le premier marché mondial du cinéma, juste devant les Etats-Unis.

Le géant chinois Alibaba ne cache plus son intérêt pour le cinéma américain. En 2015, le groupe fondé par le milliardaire Jack Ma a partiellement financé Star Trek Sans Limites et Mission : Impossible - Rogue Nation. Dimanche, le groupe d'e-commerce a officialisé une "alliance stratégique" avec Amblin Entertainment, lui permettant de coproduire et distribuer les films de la société de production de Steven Spielberg. Alibaba Pictures, la branche cinéma du groupe, a acquis une participation minoritaire et aura un siège au conseil d'administration d'Amblin Entertainment, qui inclut les studios DreamWorks.

La société américaine va bénéficier d'un soutien de poids pour se développer sur le marché chinois, tant convoité mais difficile à approcher. Dans l'Empire du Milieu, le nombre de films étrangers diffusés dans les cinémas du pays est limité à 34 chaque année. Mais les films coproduits avec une société locale sont considérés comme chinois. Les productions d'Amblin Entertainment ne seront donc plus concernées par ce quota.

Celles-ci profiteront aussi du service de streaming Youko Tudou ou encore de la plateforme de billetterie en ligne détenue par le géant chinois. Shao Xiaofeng, président du conseil d'Alibaba Pictures, assure que "l'écosystème" du groupe "créera de nouveaux débouchés pour que les films d'Amblin touchent des centaines de millions de consommateurs chinois". Les partenaires espèrent "produire entre six à neuf films par an" pour la Chine et l'international, assure à Bloomberg Jeff Small, directeur adjoint chez Amblin.

Mieux cerner le public chinois

La société de Steven Spielberg pourra également consulter les données collectées sur les 500 millions d'utilisateurs d'Alibaba, rapporte le Wall Street Journal. Une aide précieuse pour mieux cerner les goûts des cinéphiles chinois, qui réservent parfois de bonnes surprises à Hollywood. Des blockbusters boudés par le public américain se sont vu offrir une seconde vie en Chine. Need for Speed, produit par DreamWorks en 2014, est l'un des premiers films à avoir alerté Hollywood des disparités entre les box-offices des deux pays, souligne le Wall Street Journal. Le film a récolté 66 millions de dollars en Chine, quand il a rapporté "seulement" 43 millions de dollars aux Etats-Unis. Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg, qui sort cette semaine en Chine, compte sur cette sortie pour rentrer dans ses frais. Le film n'a récolté que 55,4 millions de dollars aux Etats-Unis alors que son budget de production était de 140 millions de dollars.

+49% de recettes pour le box-office chinois en 2015

D'ici 2018, la Chine devrait voler la vedette aux Etats-Unis en devenant le premier marché mondial du cinéma. En 2015, les recettes du box-office chinois ont bondi de 49% pour atteindre les 6,8 milliards de dollars, selon l'association interprofessionnelle Motion Picture Association of America. La même année, les Etats-Unis battaient leur record avec 11,1 milliards de dollars de recettes.

L'attraction entre Hollywood et les capitaux chinois ne cesse de se vérifier. Détenu par Wang Jianlin, première fortune de Chine, le conglomérat Dalian Wanda Group multiplie les investissements. En 2012, il rachetait pour 2,6 milliards de dollars AMC Entertainment, l'une des plus grandes chaîne américaine de cinémas. Pour 3,5 milliards de dollars, il a mis la main en janvier dernier sur le studio hollywoodien Legendary Entertainment (Jurassic World, Godzilla...) Le groupe Wanda ne s'arrête pas là. En septembre, il a conclu un contrat pour la production des films de Sony Pictures et il est actuellement en négociation exclusive pour le rachat de Dick Clark Productions, le studio de production des Golden Globe.

"Pas de religion. Pas de nudité. Pas de politique."

Cette avalanche d'investissements fait craindre une censure des productions américaines. "Pas de fantôme. Pas d'histoire d'amour entre homosexuels. Pas de religion. Pas de nudité. Pas de politique", énumère le réalisateur chinois Jevons Au auprès du Guardian. Pour pouvoir être diffusés en Chine, certains films sont retravaillés afin de répondre aux règles de censure. Des scènes de violences ont ainsi été coupées dans Kingsman et le James Bond Skyfall, où un agent de sécurité chinois était assassiné par un tueur à gages dans la version originale. Fin août, le Bureau du cinéma en Chine a publié des directives générales, souligne The Hollywood Reporter. Il recommande aux films de se conformer aux idéologies traditionnelles et de transmettre une "énergie positive".

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Commentaires
a écrit le 10/10/2016 à 17:37 :
Tout cet argent ne devraient pas arranger la situation du cinéma américain qui devient de plus en plus insipide car en manque cruel d'idées neuves.

Les chinois aiment ce qui brille, c'est ce qui devrait finir de les perdre.

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