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L’horizon s’éclaircit (un peu) pour les banques françaises

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 27 juillet 2015 à 08:00 - Mis à jour le 27 juillet 2015 à 08:12

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne) donnera, jeudi 30 juillet, le coup d’envoi de la « saison des (résultats) semestriels. » L’agence de notation Moody’s vient de relever sa perspective sur le secteur bancaire français.

Bonne nouvelle pour les banques françaises, qui débuteront jeudi 30 juillet le traditionnel bal des publications de résultats semestriels. Moody's vient de relever sa perspective sur l'évolution de leur qualité de crédit pour les 12 ou 18 prochains mois, de « négative » à « stable. » Une première depuis le 15 juin 2011, quand la crise de la dette grecque avait conduit l'agence d'évaluation financière à placer sous surveillance négative les notes de BNP Paribas, de la Société générale et du Crédit agricole, alors significativement exposés à la Grèce.

En septembre 2014, lorsque Moody's avait fait paraître son bulletin de santé annuel du secteur, la crise de la dette grecque était certes derrières les banques françaises, mais celles-ci, comme d'ailleurs leurs concurrentes européennes, se trouvaient en butte à une nouvelle incertitude. A savoir la baisse du soutien public aux banques en difficulté, conséquence de la mise en place de la directive sur le redressement et la résolution des crises bancaires (Bank Recovery and Resolution Directive, BRRD), dans le cadre de l'union bancaire européenne.

Une diminution du soutien public

Celle-ci vise en effet à empêcher que les difficultés éventuelles de grandes banques ne coûtent à nouveau des centaines de milliards d'euros aux contribuables, comme cela avait été le cas lors de la crise financière de 2008. D'où l'instauration d'un régime de « bail-in », par opposition au « bail-out », dans le cadre duquel les Etats volaient immédiatement au secours de leurs banques. Un soutien public qui valait aux banques françaises « de bénéficier d'une note supérieure de trois crans à leur note intrinsèque », souligne Laurent Le Mouel, analyste senior chez Moody's. Dans le cas du « bail-in », ce ne sont plus les Etats qui sont d'abord appelés au chevet des banques pour éponger leurs pertes, mais les actionnaires, les déposants non protégés et les créanciers, junior mais également senior en cas de besoin, et, enfin, le fonds de résolution unique, abondé par le secteur bancaire lui-même.

Cette diminution de la protection des détenteurs de dette senior était, il y a un an, le principal motif du maintien, par Moody's, de sa perspective négative sur le secteur bancaire français. « Dans le cadre du bail-in, le rehaussement de note lié au soutien public n'est plus de trois crans, mais de 1 », précise Laurent Le Mouel. Pour autant, « les conséquences de la BRRD, en cours de transposition en France, sont aujourd'hui mieux connues. Nous savons aujourd'hui qu'en cas de résolution bancaire en France, les pertes des détenteurs de dette senior et des déposants non protégés seront faibles, compte tenu de l'importance des couches intermédiaires entre les actionnaires et les créanciers senior », explique l'analyste. Une sécurité qui a conduit Moody's à relever sa perspective sur les banques françaises, lors de la publication de son bulletin de santé 2015, mercredi 22 juillet.

Des bénéfices pas si éloignés de ceux de 2006

Un geste également motivé par l'amélioration des perspectives économiques en France. Moody's table sur une croissance du PIB (produit intérieur brut) de 1% en 2015, et de 1,5% l'année suivante, la politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne (BCE) devant inciter les ménages à consommer et les entreprises à investir. Et, donc, à solliciter des crédits bancaires. Revers de la médaille de la politique monétaire de la BCE, la faiblesse des taux pèse sur les marges d'intérêt des banques, coincées, d'un côté, entre les taux bas qu'elles facturent sur les prêts et, de l'autre, les taux auxquels elles rémunèrent l'épargne réglementée, et qui sont supérieurs à ceux du marché.

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Mais cette pression sur les marges d'intérêt des banques françaises est en partie compensée par les revenus issus de l'assurance et de la gestion d'actifs, deux métiers dans lesquels elles se développent de plus en plus. Aussi, « la capacité des banques françaises à dégager des profits s'est améliorée, ces dernières années, malgré la faiblesse des taux », estime Laurent Le Mouel. « Sans l'amende infligée (par les autorités américaines) à BNP Paribas, les bénéfices des banques françaises auraient été de 21 milliards d'euros au total en 2014, ce qui n'est pas si loin des 27 milliards dégagés en 2006, en pleine euphorie économique », renchérit Alain Laurin, « associate managing director » chez Moody's.

Un renforcement des fonds propres

L'agence de notation est d'autant plus optimiste pour la rentabilité des banques françaises que, si celles-ci demeurent exposées à des zones à risque comme la Russie et l'Italie, où la solvabilité des ménages et des entreprises se dégradent, elles ont cependant les moyens d'encaisser des pertes éventuelles grâce au renforcement de leurs fonds propres. Sous la pression des réglementations internationales décidées dans le sillage de la crise de 2008, les banques françaises ont augmenté leurs fonds propres de plusieurs dizaines de milliards d'euros, ces dernières années. Elles affichaient ainsi à la fin de l'année 2014 un ratio de fonds propres « durs » (de grande qualité) de 11,6%, contre 9,3% à la fin 2011.

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Sur le front de la liquidité, les banques françaises demeurent certes dépendantes des financements de marché, qui représentent 45,2% de leurs actifs, mais cela est compensé par l'allongement de la maturité moyenne de ces financements, et par les réserves de liquidités engrangées ces dernières années. Avec un ratio de liquidité à un mois déjà supérieur à 100%, elles sont en avance sur le calendrier de la réglementation de Bâle III et « sont en mesure de continuer à financer leurs activités en cas de crise de liquidités », affirme Laurent Le Mouel.

Christine Lejoux

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