La fraude à la carte bancaire diminue enfin en France

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La fraude à la carte bancaire a diminué de 4 millions d'euros en l'espace d'un an, pour se limiter à 235 millions d'euros sur l'ensemble de l'année 2014.
La fraude à la carte bancaire a diminué de 4 millions d'euros en l'espace d'un an, pour se limiter à 235 millions d'euros sur l'ensemble de l'année 2014. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le taux de fraude sur les paiements et les retraits par carte a baissé en 2014, selon l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement. Une première depuis la création de celui-ci, il y a douze ans.

L'histoire d'amour entre les Français et la carte bancaire pourrait connaître un nouvel élan. En effet, la fraude au moyen de paiement préféré des Français a diminué l'an dernier, selon le rapport annuel de l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, publié jeudi 9 juillet. Du jamais vu depuis la création, en 2003, de cet Observatoire présidé par Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France. En 2014, le taux de fraude sur les paiements réalisés en France avec des cartes émises dans l'Hexagone a ainsi été ramené à 0,043%, contre 0,046% en 2013.

En valeur, la fraude à la carte bancaire a diminué de 4 millions d'euros en l'espace d'un an, pour se limiter à 235 millions d'euros sur l'ensemble de l'année 2014. Surtout, cette baisse concerne aussi bien les paiements à distance - au premier rang desquels les transactions en ligne - que ceux dits de proximité, c'est-à-dire effectués en magasins. Pour ces derniers, le taux de fraude est ressorti l'an dernier à 0,010% du montant total des paiements, contre 0,013% l'année précédente. Un taux qui a été ramené de 0,269% à 0,248% dans le cas des paiements à distance.

La fraude sur les transactions internationales devient supérieure à celle sur les opérations domestiques

Si les arnaques à la carte bancaire sont enfin en recul, c'est d'abord grâce à la généralisation de la carte à puce, une spécificité française qui garantit un niveau de sécurité autrement plus élevé que le système de bandes magnétiques équipant la quasi-totalité des cartes de paiement aux Etats-Unis. De fait, à 266 millions d'euros, le montant de la fraude sur les transactions internationales - dont les paiements réalisés par des porteurs de cartes étrangères chez des commerçants français - a dépassé en 2014 le montant de la fraude domestique (235 millions d'euros). Une première, là aussi, depuis la création de l'Observatoire, il y a douze ans.

Ensuite, la baisse des arnaques à la carte bancaire en France résulte également du développement des dispositifs d'authentification renforcée utilisés dans le cadre des paiements à distance, à l'image de "3D Secure", ce système qui nécessite de saisir un code reçu par SMS pour valider un achat en ligne. En effet, en France, 58% des cybermarchands sont aujourd'hui équipés de tels dispositifs, contre 43% en 2013. Un "progrès important", que Christian Noyer n'a pas manqué de "saluer."

Des réserves au sujet des solutions d'authentification biométrique

Pour autant, à 0,248%, le taux d'arnaques à la carte bancaire sur les transactions à distance demeure environ 20 fois supérieur à celui observé sur les paiements en magasin (0,010%). Aussi, "les efforts en matière de sécurisation de ces transactions doivent se poursuivre", a prévenu Christian Noyer. En France, mais plus encore à l'étranger, nombre de pays étant à la traîne de l'Hexagone en matière de dispositifs d'authentification renforcée des porteurs de carte. Un retard que l'Eurosystème et l'Autorité bancaire européenne les pressent de combler, avec l'entrée en vigueur, le 1er août prochain, de leurs recommandations. Celles-ci prévoient que les prestataires de services de paiement exigent des e-commerçants que ces derniers mettent en place des dispositifs d'authentification renforcée.

A cet égard, Christian Noyer a émis certaines réserves au sujet des projets d'authentification biométrique. "Dans la mesure où les données d'authentification biométrique des utilisateurs ne sont, par définition, pas modifiables, leur protection contre tout risque de compromission est cruciale", a averti le gouverneur de la Banque de France. Pour ce dernier, les solutions d'authentification biométrique à l'étude doivent donc faire l'objet d'analyses permettant de s'assurer que leur niveau de sécurité n'a rien à envier à celui de la carte à puce, couplée à la saisie d'un code confidentiel.

Le paiement sans contact, plus sûr qu'il n'y paraît

A l'inverse, Christian Noyer a voulu rassurer sur la sécurité du paiement sans contact, qui peine à décoller dans l'Hexagone, notamment parce que les Français ont peu confiance dans ce mode de règlement qui ne nécessite pas de taper un code secret sur le terminal du commerçant. Pourtant, à 0,015%, le taux de fraude sur les paiements par carte sans contact est à peine plus élevé que celui des paiements en magasin (0,010%). A 108.000 euros sur les neuf derniers mois de 2014, "la fraude demeure parfaitement contenue", estime Christian Noyer.

De plus, les cas de fraude dans ce domaine résultent du vol ou de la perte de la carte, mais pas d'une hypothétique capture des données bancaires au moment d'une transaction sans contact. "Les analyses n'ont pas mis en évidence de faille de sécurité dans la technologie sans contact elle-même.", insiste Christian Noyer. La preuve, pour le gouverneur de la Banque de France, "qu'innovation et sécurité ne sont pas incompatibles."

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L'UE soupçonne MasterCard de gonfler ses prix

La Commission européenne a informé jeudi 9 juillet le groupe américain MasterCard qu'elle le soupçonnait d'infraction aux règles de la concurrence. Dans sa communication des griefs, l'exécutif européen reproche à MasterCard, d'une part, d'augmenter artificiellement le coût des paiements par carte par le biais de ses propres règles sur les transactions transfrontalières au sein de l'Union européenne, et, d'autre part, via les commissions appliquées aux commerçants sur les paiements réalisés avec des cartes non-européennes. De son côté, le géant américain des cartes de crédit a indiqué qu'il "allait officiellement répondre à cette communication de griefs et travaillait avec la Commission européenne sur le sujet dans le cadre du dialogue constructif en cours."

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Commentaires
a écrit le 22/10/2015 à 13:46 :
ESSAI
a écrit le 15/07/2015 à 13:10 :
"Les analyses n'ont pas mis en évidence de faille de sécurité dans la technologie sans contact elle-même." : tu m'étonnes ! Imaginons juste un malfaiteur avec un appareil capable de saisir les données des cartes et téléphones sans contact, et qui circule dans un bus bondé. Comment vous allez prouver que vous vous êtes fait pirater votre carte ou votre téléphone par le paiement sans contact ce jour là à cette heure là ? Et pour retrouver par qui, bon courage ! La vérité c'est que c'est impossible. En fait le Gouvernement et les Banques se débarrassent du problème sur les pauvre naïfs de consommateurs, comme d'habitude.
Petite anecdote : vendredi dernier je fais les courses dans ma grande surface habituelle qui vient de mettre en place le paiement sans contact. Bien que j'en ai pour plus de 20 €, la caissière me fait l'article à ce propos (comme elle en a sans doute reçu la consigne). Je lui réponds que j'ai fait refaire ma CB justement sans paiement sans contact le mois dernier. Elle me répond alors : "Moi aussi. Ma fille travaille dans ce milieu, et vu qu'il y a plein de problèmes, c'est elle qui m'a conseillé de le faire !". Sans commentaire.
a écrit le 11/07/2015 à 13:20 :
On parle de fraude pour nous faire oublier la surveillance systématique de ceux qui possède et utilise une carte de paiement!
a écrit le 11/07/2015 à 11:15 :
Sur internet, j'utilise à chaque fois le générateur de numéro à usage unique de ma banque en ligne, et ne renseigne plus le numéro sur papier pour les abonnements (ai été piraté une fois), vive le chèque ou le prélèvement.
La carte ne sert que physiquement (j'avais collé un masqueur de code de sécurité mais elle a eu du mal à ressortir d'une pompe de carburant en Suède le mois dernier (épaisseur ? Elle passait pourtant partout jusqu'à maintenant)).
J'ai eu, en France, un rejet de ma carte en voulant prendre du carburant, le nettoyage de la puce n'a rien donné, c'était la bande magnétique qui était 'salie'(poussière ?), on y pense jamais à celle-là.

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