Travailler 4 jours par semaine ? L'idée n'est certes pas nouvelle, mais se développe à grand pas depuis le Covid et les mutations managériales qui s'en sont suivies. Reste à savoir de quoi parle-t-on réellement : d'une semaine de 4 jours où le temps de travail est réduit ou d'une semaine en 4 jours où le temps de travail est compressé. Si l'objectif principal repose bien dans les deux cas sur la flexibilité des organisations, l'enjeu en revanche, n'est pas le même.
Pour autant et, selon le baromètre Odaxa réalisé pour AGPI, Challenges et BFM Business en février dernier, 77% des actifs seraient prêts à travailler 4 jours par semaine au lieu de 5 sans réduire la durée hebdomadaire de travail. Le sujet est donc bel et bien inspirant. Concrètement, il peut, comme bien souvent, faire le bonheur des uns et le malheur des autres.
C'est le cas à l'Urssaf Picardie où l'expérimentation s'est avérée inadaptée aux rythmes de vie des salariés. Proposée fin 2022 par la direction locale, dans le but d'améliorer la qualité de vie au travail, seuls 3 employés sur les 284 se sont portés volontaires. Autant dire un flop ! Expliqué en grande partie par le fait qu'une journée de travail de 9h n'est pas compatible avec la parentalité d'autant plus quand 70% de la masse salariale est féminine. Cet exemple aussi loupé soit-il a l'avantage de démontrer que la flexibilité du temps de travail ne peut exister qu'en s'adaptant aux contraintes des salariés et des métiers (la pénibilité de certains ne peut supposer de longues journées chômées).