L’objectif du gouvernement d’atteindre d’ici 2035 40% de gaz « vert » devra se traduire dans l’Hexagone par une accélération du nombre d'usines de méthanisation. Le Centre-Val de Loire est la région pilote du programme MéthaBoost initié par GRDF, avant d'être déployé en France.La méthanisation prend de l'ampleur en France avec déjà 750 unités opérationnelles, produisant du gaz renouvelable à partir de déchets organiques. En Centre-Val de Loire, GRDF ambitionne de tripler le nombre de méthaniseurs d'ici 2030, passant de 41 à 120 installations grâce à son programme MéthaBoost, au service de la transition énergétique et de l'agriculture.
Les derniers ateliers du programme, lancé en 2024 par GRDF en Centre-Val de Loire pour accélérer la construction de méthaniseurs se sont conclus en novembre à Châteaudun avec un premier résultat concret. Suivis par une quinzaine d'agriculteurs, ces cessions d'accompagnement, notamment financier et administratif, déboucheront en principe d'ici à deux ans sur trois nouveaux projets de méthaniseurs dans le secteur de la Beauce, en Eure-et-Loir et dans le Loiret.
Multiplier la méthanisation par cinq
« Nous aidons les exploitants agricoles candidats, d'une part sur la levée de fonds auprès des banques car les investissements se chiffrent en moyenne entre 7 et 10 millions d'euros, explique Rached Ait Slimane, directeur régional de GRDF en Centre-Val de Loire. Le programme Méthaboost intègre d'autre part des conseils sur le choix du constructeur, enfin, il passe en revue les formalités administratives nécessaires pour obtenir l'autorisation d'installation ».
S'inscrivant au cœur du plan européen Fit For 55, qui prévoit une diminution de 55% des émissions de gaz à effets de serre entre 1990 et 2030 (et la neutralité carbone en 2050), l'objectif des pouvoirs publics est de réduire de façon drastique la part du gaz naturel dans la consommation totale. Elle s'est encore élevée à 96% en 2023. Le gaz bas-carbone et renouvelable, issu notamment de la méthanisation, doit en principe passer de 4 à 20% de la production à l'horizon 2030, soit une multiplication par cinq par rapport aux chiffres actuels. L'étape suivante est d'atteindre 40% cinq ans plus tard.