Quand les pétrodollars pleuvent sur les haras normands
Nathalie Jourdan
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Le haras de Fresnay-le-Buffard était, depuis 1979, la propriété de la famille du milliardaire grec Stavros Niarchos.
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Le haras de Fresnay-le-Buffard était, depuis 1979, la propriété de la famille du milliardaire grec Stavros Niarchos.
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Ils se sont affrontés mercredi dernier par clubs interposés sur la pelouse du parc des princes. Mais la vieille rivalité entre le Qatar, propriétaire du PSG, et les Émirats Arabes Unis (EAU), actionnaires du club de Manchester, s'illustre aussi, plus discrètement, sur l'herbe grasse des prairies de l'Orne et du Calvados. Férues de chevaux et de concours hippiques, les grandes familles des deux états pétroliers du Golfe se livrent à un duel à coup de millions pour mettre la main sur quelques-uns des plus prestigieux haras normands.
Sur ce terrain-ci, ce sont les Émiratis qui se sont distingués récemment avec l'acquisition par Mansour bin Zayed du somptueux domaine ornais de Fresnay-le-Buffard connu pour avoir donné naissance à des lignées de champions. Début janvier, le très riche cheikh d'Abu Dhabi s'est offert, pour 27 millions d'euros, ce haras de 320 hectares où trône en majesté un château du 18ème. Ce n'est pas le premier coup d'éclat du vice-président des EAU. Huit mois auparavant, son écurie avait repris pour une somme quatre fois moindre une autre propriété équine, celle de Ginai située à quelques kilomètres. Le pays détient également le haras de Clairfeuille dans le même département.
De son côté, le Qatar, premier investisseur au monde sur le marché du cheval de course, a de quoi en remontrer à son voisin. Ces dernières années, les proches de l'émir Al Thani ont acquis et remis aux meilleurs standards pas moins de trois domaines à commencer par le légendaire haras de Victot-Pontfol, joyau patrimonial du pays d'Auge acheté pour près de 7 millions. Pas très loin de là, la famille régnante a également apposé son blason au fronton du domaine de Bouquetot (devenu base d'élevage de l'écurie Al Shaqab bien connue des turfistes) ainsi que sur celui du haras des Cruchettes dans l'Orne -rebaptisé depuis Al Shahania Stud. Quand on aime, on ne compte pas.
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Dans le bocage normand, cette pluie de pétrodollars est accueillie diversement. « Ce sont des gens qui changent d'avis comme de chemises. Cela peut fermer du jour au lendemain, sans remettre forcément la propriété en vente », ronchonne un bon connaisseur.
Nathalie Jourdan