Au pays du cheval roi, l'économie de l'équidé bat son plein
Nathalie Jourdan
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Filière équine en Normandie
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Filière équine en Normandie
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1863. La date trône au fronton de l'hippodrome de Deauville-La Touques, dont le patron, Franck Le Mestre, se plaît à rappeler qu'il a été construit « avant l'église et avant la station balnéaire ». L'histoire, pour être anecdotique, n'en est pas moins vraie. Cent cinquante ans que la Normandie s'affiche comme une terre bénie pour le deuxième meilleur ami de l'homme. Cette réputation n'est pas usurpée. Aucune autre région n'abrite autant de haras, d'élevages et d'hippodromes au kilomètre carré. Question de topographie. L'équidé aime à pâturer et à galoper dans les vastes plaines sans dénivelés qui abondent dans ce coin de France ; il apprécie les bains de mer souverains pour ses jarrets. Mais on aurait tort de ne considérer que la carte postale. Derrière cette image romantique s'épanouit une filière forte de près d'un milliard et demi de chiffre d'affaires.
« Dans le Calvados, elle génère plus d'emplois que le tourisme », précise Laurence Meunier, présidente du Conseil des chevaux. Plus de 6500 entreprises gravitent autour de l'animal à crinière : constructeurs de vans ou de camions, cabinets vétérinaires, centres de formations, selliers, fabricants d'aliments, de produits de soins, négociants... « Même les cavaliers comme moi sont des entrepreneurs puisqu'ils entraînent des cracks en vue de les vendre », renchérit Astier Nicolas, cador du concours complet qui a posé ses valises dans le pays d'Auge. C'est aussi dans le Calvados que sont installés les deux premiers éleveurs français de chevaux de sport : Emmanuèle Perron-Pette, propriétaire du haras des Coudrettes et vice-présidente du groupe NGE, et le couple Megret, Dominique et Geneviève, à la tête du haras de Clarbec.
Rien d'étonnant à ce que soit né, dans ce creuset, le seul pôle de compétitivité voué à la filière équine. Discret mais efficace, Hippolia a accompagné, depuis 2005, 180 projets « avec pour chacun au moins un titre de propriété industrielle », indique sa responsable, Audrey Aussibal. Reconduit lors de la phase IV, il est notamment à l'origine de la création d'Equiressources, le Pôle emploi du cheval. Le cluster a aussi pris le virage du digital, plusieurs startups spécialisées dans les objets connectés (sangles, selles, capteurs...) ayant vu le jour sous son aile. Les élus ont bien compris le parti qu'ils pouvaient tirer de cet ADN équin. Sous l'impulsion de son maire, Philippe Augier, Deauville a financé, avec quelques passionnés fortunés dont Gérard Mestrallet, un Pôle International du cheval (PIC), à la fois centre d'entraînement et site de concours internationaux.
Nathalie Jourdan
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