De la perceuse à la friteuse, la révolution de l’économie du partage

Maxime Giraudeau
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Photo d'illustration
FREDRIK SANDBERG / TT News Agency via AFP

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Besoin d'une perceuse pour accrocher un miroir ? Empruntez celle de vos voisins. Vite, un réchaud pour partir en camping ? Quelqu'un dans le quartier peut sûrement vous en louer un. Des pots de fleurs pour embellir un balcon ? Il y a forcément une main verte pas loin qui peut vous en donner. Sinon, vous pourriez acheter tous ces objets. « Posséder seul des objets neufs, c'est absurde », répondent ces nouvelles plateformes qui motivent à basculer de la « propriété individuelle à la prospérité collective ».
Elles s'appellent Geev, Poppins ou Partage Club pour les plus branchées, Donnons, Corecyclage ou JeDonne pour les plus basiques. Toutes pensent qu'il n'est plus incontournable de posséder des objets pour en profiter. La dernière à s'être lancée dans la démocratisation du partage s'appelle Poppins. Elle est l'œuvre de Lucie Basch, fondatrice de Too good to go, expérience numérique devenue réussite populaire face au gaspillage alimentaire.
L'application Poppins vise à organiser le partage gratuit ou la location monétisée d'objets dans les grandes villes. Lancée le 8 avril dernier à Paris, elle compte déjà 50 000 inscrits pour quelques centaines d'actions de partage conclues. « On réalise que ça devient plus fun de partager ses objets que de juste les posséder. Les gens peuvent être très fiers d'avoir loué une perceuse pour 2 euros. L'idée autour de cet acte c'est de créer une marque qui embarque dans un mouvement sociétal », expose Lucie Basch à La Tribune.
L'entrepreneuse était de passage à Bordeaux en mai pour y lancer le service. C'est la deuxième ville qu'elle attaque et ce n'est pas un hasard. C'est ici que Geev avant elle a tissé un réseau actif sur le don d'objets entre particuliers. Poppins pense que le moment est venu d'accélérer. Quitte à exacerber la concurrence ? Les deux plateformes s'imaginent plutôt complémentaires.
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« Il y a quatre usages cousins en matière de circularité : la vente, le don, le troc et le prêt. Le plus populaire c'est la vente, le plus simple c'est le don. Le troc et le prêt sont très challengeants. Tous ces usages doivent se populariser et on est obligé de les dissocier sur des plateformes différentes car le mélange des genres est complexe », décrypte Hakim Baka, co-fondateur de Geev. « Nous sommes assez cousins avec Poppins, on fait les choses de manière grand public et positive, avec des plateformes simples et des expériences sympa, on est les plateformes des premières fois », vante-t-il alors que l'entreprise, qui compte sur la publicité et les abonnements, cherche toujours l'équilibre économique huit ans après son lancement.
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