Casino: employés et élus battent le pavé à Saint-Etienne pour sauver leurs emplois
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STEPHANE MAHE
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Etranglé par son endettement, le groupe Casino s'est accordé avec ses créanciers fin juillet pour une restructuration très importante de sa dette, accompagnée d'un changement d'actionnariat avec une prise de contrôle par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, le Français Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds britannique Attestor. Le passage de témoin de celui qui est encore PDG et premier actionnaire du groupe, Jean-Charles Naouri, est prévu au premier trimestre 2024.
Une situation qui inquiète les équipes du distributeur. Après une grande manifestation ayant réuni le 5 décembre près de 1.000 personnes dans les rues de Saint-Etienne, l'intersyndicale a été reçue à Bercy mercredi dernier par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire qui s'est dit « attentif » à ce que « le maximum d'emplois soient préservés » dans les offres de reprises. Depuis, la mobilisation ne faiblit pas.
Aux côtés des cinq organisations représentatives des salariés du groupe (FO, CGT, CFDT, UNSA, CFE-CGC), plus de 2.000 personnes, employés, sous-traitants, élus et habitants de la région viennent de battre le pavé pour défendre les emplois et dire leur attachement à l'enseigne emblématique de leur ville, en grande difficulté financière.
Le cortège rassemblé près du siège imposant de Casino, long paquebot de verre sis face à la gare TGV de la ville, s'est élancé en fin de matinée sous un ciel bleu et un soleil d'hiver, par 2° au thermomètre, direction: la préfecture de la Loire.
« On vit par et pour Casino. Ca risque d'être un désastre », redoute Thierry Renaud, patron quadragénaire d'une imprimerie dépendant à 80% du groupe de grande distribution depuis plus de trois décennies. « Tout s'est arrêté, on n'a plus de commande »", constate-t-il, alors que la ville vit une lente hémorragie économique depuis quarante ans.
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Les syndicats ont appelé à la mobilisation les employés du Casino, les sous-traitants, « la population attachée à l'enseigne » et « les joueurs et supporters de l'AS Saint-Etienne ». Le club de foot, qui s'appelait à sa naissance l'Association sportive Casino évolue aujourd'hui en ligue 2, loin des années de gloire des Verts. Le stade Geoffroy-Guichard porte le nom du fondateur de Casino.
« Aujourd'hui, on attend des politiques, des sportifs, des gens lambda, du bassin stéphanois et au-delà », a affirmé le délégué syndical CGT et porte-parole de l'intersyndicale Jean Pastor dimanche matin sur RMC.
De nombreux élus locaux ont rejoint le défilé. « Beaucoup de salariés habitent dans la plaine du Forez (située au cœur du département), on ne mesure pas encore le gros impact que ça va avoir sur nos communes », déplore l'adjoint du village voisin de Saint-Cyprien.
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Depuis des mois, les syndicats de l'entreprise tentent de mobiliser pour éviter « un nouveau Manufrance ». La liquidation de la société de vente par correspondance en 1985 - près de cent ans après sa création - a laissé un souvenir cuisant localement, tout comme, une décennie plus tard la fermeture par l'État de sa manufacture d'armes militaires.
(avec AFP)
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