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Pour faire remonter ses ventes en baisse, Casino mise sur la baisse de ses prix

latribune.fr

Publié le 04 mai 2023 à 08:19 - Mis à jour le 04 mai 2023 à 09:43

Un supermarche casino a nice

Casino a lancé une campagne de baisse de prix sur l'ensemble des rayons de ses supermarchés et hypermarchés. De « 5 à 10% » suivant les magasins, elle « s'est intensifiée sur la fin du premier trimestre ».

ERIC GAILLARD

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les ventes du distributeur ont baissé de 2,3% en France au premier trimestre 2023. Une mauvaise performance dans un contexte d'inflation qui gonfle le chiffre d'affaires de la grande distribution. Pour attirer les clients, Casino a dû sensiblement baisser ses prix depuis la fin de l’année dernière. Une stratégie qui, d’après le groupe, lui a déjà permis de « réduire les écarts avec les concurrents ».

[Article mis à jour le 4 mai à 11h40]

Déjà lourdement endetté, Casino a vu ses ventes baisser au premier trimestre 2023. Son chiffre d'affaires a atteint 5,4 milliards d'euros, soit une baisse de 1,8% au total. Pour la France (hors CDiscount), la baisse est légèrement plus marquée : 2,3%, les ventes totalisant 3,27 milliards d'euros.

Cette mauvaise performance n'a pas été commentée le groupe. À la Bourse de Paris, l'action de Casino plongeait de 11,84% à 7,38 euros ce jeudi vers 09h50 dans un marché en baisse de 0,30%.

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Casino reste dans le rouge, ses ventes baissent, l'action s'écroule en Bourse

Concernant l'activité en France au premier trimestre, Monoprix et Franprix, enseignes de proximité et de centre-ville du groupe Casino notamment présentes en Ile-de-France, ont enregistré une hausse de leurs ventes sur un an de respectivement 0,6% et 6,3%. Des augmentations à relativiser, compte tenu de la forte inflation des prix dans l'alimentaire, mesurée à près de 16% sur un an en mars.

Les supermarchés et hypermarchés Casino ont, eux, connu « un nouveau trimestre difficile », conçoit le groupe. Ils ont amorcé « dès le mois de décembre une campagne substantielle de baisse de prix sur l'ensemble des rayons, permettant de réduire les écarts avec les concurrents ». Cette campagne, « de l'ordre de 5 à 10% » suivant les magasins, « s'est intensifiée sur la fin du premier trimestre », précise encore Casino.

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Le « trimestre anti-inflation » prolongé au-delà du 15 juin dans les rayons des supermarchés

Stabilité de la dette

Le groupe d'origine stéphanoise, qui emploie 200.000 personnes dans le monde dont un gros quart en France, se débat depuis plusieurs années avec des difficultés d'endettement. D'abord des sociétés holding par lesquelles le PDG, Jean-Charles Naouri, contrôle le distributeur (sociétés Rallye, Foncière Euris, Finatis et Euris), puis du groupe lui-même.

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Daniel Kretinsky et Intermarché prêts à sauver Casino

L'Ebitda, un indicateur de la rentabilité de l'activité du groupe, est toujours orienté à la baisse - 204 millions d'euros au premier trimestre 2023 contre 282 un an plus tôt - notamment en France. L'objectif est « d'arrêter cette baisse dès que possible », a indiqué le directeur financier de Casino, David Lubek, ce jeudi 4 mai lors d'une visioconférence de presse.

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Il a précisé que la dette du groupe était restée stable à fin mars par rapport à fin 2022, à 4,5 milliards d'euros, malgré la cession d'une participation de 18,8% dans l'enseigne brésilienne Assai - qui n'est plus consolidée dans les activités de Casino depuis mars. La priorité donnée au désendettement pèse sur le destin du groupe, car c'est autant d'argent qui n'est pas réinvesti dans l'activité commerciale. Dans une activité très concurrentielle, l'enseigne ne peut baisser ses prix autant que certains de ses concurrents. Un problème quand l'inflation pousse les clients à redoubler de vigilance sur l'addition finale.

Un avenir à éclaircir

Casino, qui vend son empire petit à petit, ne cesse de perdre des parts de marché en France. Le groupe reste toutefois puissant en Ile-de-France, en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Rhône-Alpes. Il suscite même des convoitises, notamment ses enseignes Monoprix et Franprix.

Il y a actuellement des discussions sur un rapprochement avec Teract, (Jardiland, Gamm vert, Boulangeries Louise), dont l'actionnaire majoritaire est le géant de l'agroalimentaire InVivo. Fin avril, la 3e chaîne de supermarchés en France, Intermarché, s'est jointe à ces discussions.

Il y a aussi l'offre de prise de contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, deuxième actionnaire du groupe. Le 24 avril, il avait proposé à Casino d'injecter 750 millions d'euros via une augmentation de capital réservée de plus d'un milliard d'euros au total. Si elle était menée à son terme, elle entraînerait la perte de contrôle du groupe par l'actuel PDG.

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Daniel Kretinsky a d'ailleurs déclaré hier dans l'hebdomadaire Le Point. « Nous avons des éléments qui montrent en toute objectivité que la situation financière (du groupe) n'est plus tenable sans une intervention rapide ». Et d'ajouter : « Notre offre n'est pas hostile » et « n'est pas contradictoire avec le projet » Teract. Mais pour le milliardaire, son offre « est celle qui traite le premier sujet de Casino : sa dette ». Il a aussi précisé que « Jean-Charles (Naouri) pourrait conserver une place éminente ».

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Ces options sont sur la table - le groupe n'a d'ailleurs pas souhaité les commenter ce jeudi - mais rien n'empêche que d'autres émergent. L'assemblée générale des actionnaires est en tout cas prévue le 10 mai prochain à Paris.

(Avec AFP)

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