Pour les petites entreprises, La Poste a son sésame chinois

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A l'assaut de la grande muraille numérique, La Poste veut rendre la vente en ligne en Chine plus accessible aux marques françaises.
A l'assaut de la "grande muraille" numérique, La Poste veut rendre la vente en ligne en Chine plus accessible aux marques françaises. (Crédits : JACKY NAEGELEN)
La Boutique France, une initiative de GeoPost, organise un tour de l'Hexagone des PME pour leur proposer d'accéder à l'e-commerce chinois à moindre coût.

Contourner la « grande muraille » numérique chinoise, pas si simple, même en matière de commerce. Traduction de pages Internet, adaptation des fiches-produits et surtout du marketing aux goûts locaux, sans compter les frais logistiques... Les barrières entre les PME et la classe moyenne chinoise, et ses centaines de millions de consommateurs ultra-connectés restent nombreuses. Pour tenter d'en lever certaines, même pour de très petites entreprises, La Poste a créé La Boutique France en 2017. De Marseille à Lille en passant par Lyon ou encore Bordeaux, elle boucle actuellement une tournée dans l'Hexagone pour tenter d'appâter des PME. Des marques telles qu'Éram, Parashop, Arcancil ou encore Oliviers & Co ont déjà répondu à l'appel.

Argument principal : rendre la vente en ligne en Chine plus accessible aux marques françaises. « À moins d'un million d'euros d'investissement, ce n'est pas la peine d'y aller », estime ainsi Marc Lissak, responsable de ce service créé par GeoPost, filiale de La Poste. Un montant bien plus élevé que celui évoqué chez Alibaba. « Pour 50 000 euros par an », La Boutique France propose un ticket d'entrée sur les plateformes chinoises comprenant la traduction des pages produits en mandarin ainsi que le taux de change, mais pas les frais d'envoi ni de douane. Surtout, elle vend un accès à Tmall mais aussi à ses concurrents JD.com et Kaola, et bientôt WeChat, incontournable sur les réseaux sociaux.

Guerre commerciale

Une diversification qui a de quoi séduire. En effet, si les places de marché d'Alibaba restent les principales voies d'accès à l'e-commerce chinois, elles ne sont pas les seules. Et elles sont aussi sujettes à controverse.

« Le taux de conversion [rapport entre le nombre de visites et les achats réellement effectués, ndlr] de Tmall n'est pas extraordinaire », confie ainsi un spécialiste du secteur.

Derrière la « grande muraille » numérique, la guerre commerciale que se livrent les géants de la vente en ligne vis-à-vis des marques étrangères se révèle particulièrement féroce. En témoigne la récente dénonciation, par des distributeurs américains ayant refusé des contrats d'exclusivité, de mesures de rétorsion prises par Alibaba. Une perte de visibilité leur aurait fait perdre jusqu'à 20% de leurs ventes, selon une enquête d'Associated Press diffusée le 22 avril. Des pratiques démenties par des responsables du groupe.

Reste que les marques étrangères, y compris françaises, sont aussi courtisées par le principal rival de Tmall. JD. com a aussi créé sa "boutique" pour les marques françaises. Début janvier, alors qu'Emmanuel Macron en visite en Chine rencontrait Jack Ma, le patron d'Alibaba, JD.com annonçait un accord avec Business France pour écouler « pour 2 milliards d'euros de produits français au cours des deux prochaines années ».

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Commentaires
a écrit le 14/05/2018 à 14:50 :
les francais ne font deja pas de marketing en france, alors dans un autre pays ca fait d'autant plus sourire que la concurence anglosaxonne en fait, et est en presence en force.......... le nombre de boites qui reviennent la queue entre les jambes devrait etre publie, ca en ferait reflechir plus d'un!

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