Rachat de Cora par Carrefour : le changement d'enseigne débute mardi
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À partir de ce mardi, les magasins français de l'enseigne Cora vont progressivement passer sous la marque Carrefour. Ce dernier l'a annoncé ce lundi dans un communiqué. « Finalisée en juillet dernier, l'acquisition du distributeur Cora par Carrefour entre dans une nouvelle phase avec la bascule progressive des 60 magasins sous leur nouvelle enseigne », peut-on lire. Concrètement, cette « intégration » se fera en trois temps. « Une première [vague] de 19 magasins » ce mardi 1er octobre, puis une « deuxième de 20 magasins à compter de la mi-octobre » et « une dernière vague de 21 magasins à partir de fin octobre ».
Le distributeur donne des détails sur ce changement progressif. Ainsi, c'est d'abord, et sans surprise, l'enseigne qui sera remplacée en même temps que « l'offre de produits Carrefour dans les rayons [qui] sera singulièrement renforcée ». Suivis par « la signalétique et les tenues de travail ». Carrefour prévoit enfin un « grand temps fort commercial » destiné à « célébrer ce changement d'enseigne ».
Carrefour assure par ailleurs que ce changement va induire « une baisse de prix d'au moins 10% sur plus de 3.000 références » dans les ex-magasins Cora et « de nombreuses promotions sur des produits du quotidien ». Des promesses déjà formulées en juillet par le PDG du groupe, Alexandre Bompard. Reste désormais à les voir se concrétiser.
Outre les 60 magasins Cora, ce sont 115 supermarchés Match que le groupe Carrefour a récupérés, ainsi que leur centrale d'achats Provera, auprès du groupe belge Louis Delhaize, à l'aube de l'été. À la différence des Cora, les Match conservent leur nom et ne basculent pas sous celui de Carrefour. Alexandre Bompard avait expliqué, dans un courrier adressé aux nouveaux salariés en juillet, que Cora doit « bénéficier d'un nouveau souffle » tandis que Match « gardera sa singularité ».
L'ensemble de ces magasins, souvent situés dans le quart nord-est de la France, représente environ 2,4% du très bataillé marché de la distribution alimentaire, et emploient 22.000 personnes, d'après Carrefour. Cette acquisition n'est d'ailleurs pas anodine pour le géant français. C'est « la plus importante depuis le rachat de Promodès » en 1999, dixit Alexandre Bompard. Surtout, elle permet à Carrefour de conforter sa deuxième place derrière E.Leclerc, qui détient près du quart du marché, et de rester devant Les Mousquetaires/Intermarché qui ont racheté de nombreux magasins au groupe en difficulté Casino - Carrefour en a également acquis quelques-uns.
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Alexandre Bompard avait précisé cet été que les magasins rachetés « seront développés à ce stade de manière intégrée » et non pas en franchise ou en location-gérance. Ces modes d'exploitation de magasins sont plébiscités par le distributeur, qui mise dessus pour « transformer son modèle ». Car cela lui permet d'ouvrir à tour de bras des magasins de proximité et donc de préserver sa part de marché commerciale. Surtout, ces magasins sont très rentables pour lui, car les commerçants indépendants paient une redevance pour utiliser l'enseigne, s'approvisionnent auprès de la centrale d'achat et supportent l'essentiel des coûts, à commencer par les salaires.
Mais ces modèles de fonctionnement sont fortement critiqués par ses syndicats. Ainsi, la branche services de la CFDT a assigné Carrefour début mars devant le tribunal d'Evry (Essonne), critiquant des « délocalisations locales » qui pénalisent les salariés concernés. Et une « association des franchisés de Carrefour », qui se plaint d'un « déséquilibre significatif » dans la relation franchisé/franchiseur, l'a aussi assigné devant le tribunal de Rennes.
Cette association a d'ailleurs reçu, mi-juin, le soutien du ministère de l'Économie, qui a versé à la procédure un rapport au vitriol jugeant « déséquilibrée » la relation du groupe avec les gérants de ses magasins exploités en franchise. Bercy y suggère d'infliger au distributeur 200 millions d'euros d'amende - ce qui ne préjuge toutefois pas de la décision du tribunal de Rennes.
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Première vague : Arcueil (94), Creil Saint-Maximin (60), Ermont (95), Essey-Lès-Nancy (54), Forbach (57), Garges-Lès-Gonesse (95), Grosbliederstroff (57), Longeville-lès-Saint-Avold (57), Lunéville (54), Massy (91), Metz-Technopole (57), Mondelange (57), Moulins-lès-Metz (57), Nancy-Houdemont (54), Saint-Dizier (52), Sainte-Marie-aux-Chênes (57), Sarreguemines (57), Toul (54), Verdun (55).
Deuxième vague : Belfort-Andelnans (90), Bruay-la-Buissière (62), Cambrai-Proville (59), Colmar-Houssen (68), Courrières (62), Dorlisheim (67), Dunkerque-Coudekerque (59), Haguenau (67), Lens 2 (62), Montbéliard (25), Mulhouse-Dornach (68), Remiremont (88), Saint-Quentin (02), Saint-Dié-des-Vosges (88), Sarrebourg (57), Strasbourg-Mundo (67), Vesoul (70), Villeneuve-d'Ascq-Flers (59), Wattignies (59), Wittenheim (68).
Troisième vague : Alès (30), Amphion (74), Auxerre-Monéteau (89), Blois (41), Caen-Rots (14), Clermont-Ferrand (63), Dijon-Perrigny (21), Dole (39), Dreux (28), Evreux-Saint-Taurin (27), Limoges (87), Livry-Gargan (93), Pavillons-Sous-Bois (93), Reims-Cormontreuil (51), Reims-Neuvillette (51), Rennes-Pacé (35), Saint-Jouan-des-Guérets (35), Soissons (02), Val-d'Yerres-Boussy (91), Vichy (03), Villers-Semeuse (08).
(Avec AFP)
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