Ehpad: deux investisseurs intègrent le capital d'Orpea et critiquent le plan de la nouvelle direction
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Orpea avait une dette de 9,5 milliards d'euros au 30 septembre.
STEPHANE MAHE
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Orpea avait une dette de 9,5 milliards d'euros au 30 septembre.
STEPHANE MAHE
En pleine tourmente, le groupe Orpea voit deux nouveaux acteurs entrer à son capital. Mat Immo Beaune, actionnaire du groupe de maisons de retraite les Opalines jusqu'en 2021, et Nextstone, spécialisé dans l'investissement non-coté et l'immobilier en France, ont « conclu une action de concert » mercredi 26 octobre au soir. Ils ont ainsi franchi « à la hausse le seuil légal de 5% de la société Orpea », comme annoncé dans un communiqué commun ce jeudi.
Ils en ont profité pour tacler la conciliation ouverte hier devant le tribunal de commerce de Nanterre. Ils jugent « prématurée » la « conversion en capital de 4,3 milliards d'euros de dettes non sécurisées » d'Orpea, annoncée par la nouvelle direction du groupe. Cette solution « risque d'entraîner à terme la détention de la société par des fonds spéculatifs étrangers », mettent-ils en garde.
Il leur semble plutôt « opportun, à l'issue de la revue des actifs du groupe Orpea en France et à l'international, dont la plupart sont d'excellente qualité, de se donner du temps pour permettre la réalisation d'un plan de cession d'actifs conforme aux accords souscrits avec les créanciers bancaires en juin 2022 », arguent-ils. Ils recommandent que cette revue des actifs soit menée « au travers de la création d'un comité dédié pour soutenir le management ».
Affirmant s'inscrire « dans la durée » et se vouloir « force de proposition pour accompagner et soutenir la direction d'Orpea dans le redressement en cours », ils « n'excluent pas d'augmenter leurs participations à l'avenir ».
Hier, le directeur général d'Orpea, en poste depuis juillet, a justifié l'ouverture de cette nouvelle procédure amiable de conciliation. « L'entreprise est trop endettée en raison du développement international et immobilier mené à un rythme effréné, à l'initiative de l'ancienne direction générale », a expliqué à l'AFP Laurent Guillot.
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Il fait ici référence à un programme de développement international et immobilier qui a conduit Orpea à posséder plus de 1.100 établissements dans 23 pays, principalement en Europe. Le groupe avait une dette de 9,5 milliards d'euros au 30 septembre.
Orpea avait déjà réalisé cette année une procédure de conciliation amiable qui lui avait permis d'aboutir à un accord avec ses banques pour assurer son financement. Mais le groupe risque de ne plus être en mesure de s'y conformer en raison de différents facteurs, comme l'inflation. L'objectif envisagé serait de « convertir une partie de la dette d'Orpea en capital et de lever à nouveau de l'argent en dette et en capital auprès des investisseurs », affine le dirigeant. Orpea anticipe également de nouvelles dépréciations d'actifs, estimées entre 2,1 et 2,5 milliards d'euros. « La situation a en outre été fortement affectée par les malversations et les manquements éthiques de la direction précédente », a affirmé Laurent Guillot.
Orpea est dans la tourmente depuis la sortie en janvier du livre-enquête « Les Fossoyeurs », qui l'accuse de maltraitance envers les résidents, de fraudes comptables et de pratiques contestables en matière de ressources humaines.
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L'action d'Orpea a plongé de 33,34%, après l'annonce de l'ouverture d'une nouvelle procédure amiable pour renégocier sa dette avec ses créanciers. Le titre a perdu jusqu'à 45% en séance et depuis le début de l'année, la valorisation de l'entreprise a fondu de près de 90%. Son cours était en recul de 8,9% à 8,95 euros ce jeudi aux alentours de 11h20.
(Avec AFP)
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