A Marseille, la croisière n'amuse plus personne

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Le Independance of the Seas, en rade à Marseille, le 5 juillet 2018. Ce géant des mers est équipe de 6 moteurs diesel principaux qui consomment des milliers de litres de fioul lourd à l'heure, et qui restent en fonctionnement lorsque le navire est amarré pour produire de l'énergie électrique. Mais le port de Marseille, qui a été le premier en France à installer un système de branchement électrique pour les ferries, envisage d'étendre la solution aux paquebots.
Le "Independance of the Seas", en rade à Marseille, le 5 juillet 2018. Ce géant des mers est équipe de 6 moteurs diesel principaux qui consomment des milliers de litres de fioul lourd à l'heure, et qui restent en fonctionnement lorsque le navire est amarré pour produire de l'énergie électrique. Mais le port de Marseille, qui a été le premier en France à installer un système de branchement électrique pour les ferries, envisage d'étendre la solution aux paquebots. (Crédits : Reuters)
Malgré la manne financière générée par cette activité touristique, les habitants des quartiers nord de la cité phocéenne, deuxième ville de France, n'en peuvent plus : le coût environnemental de l'accueil accordé à ces mastodontes des mers (plus de 500 par an) qui brûlent du très toxique fioul lourd par dizaines de milliers de litres, est maintenant jugé insupportable. Par ailleurs, l'opposition fustige l'absence totale de paiement de taxe de séjour par les 1,5 million de croisiéristes qui profitent chaque année pourtant des lourdes infrastructures mises à leur disposition.

Premier port de croisières français avec plus de 500 escales annuelles, la deuxième ville de France profite de la manne financière générée par cette activité touristique, mais les habitants des quartiers Nord dénoncent son coût environnemental exorbitant.

Pendant le premier week-end de juillet, la cité phocéenne a accueilli cinq mastodontes des mers qui se sont alignés le long du môle Léon-Gourret, le terminal "méga paquebots" du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), au nord de la ville.

Le plus grand paquebot du monde, le Symphony of the Seas, était à quai mardi. Le navire de l'armateur américain Caribbean Cruises Ltd, sorti en mars du chantier naval STX de Saint-Nazaire, poursuit sa saison inaugurale en Méditerranée avec ses 7.000 passagers et 2.000 membres d'équipage avant de gagner à l'automne son port d'attache de Miami (Etats-Unis).

310 millions d'euros de retombées économiques en 2016

"Les retours économiques sont indéniables", dit Jean-François Suhas, président du Club de la Croisière Marseille-Provence en charge du développement de l'activité.

Selon une étude réalisée par la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, elle a généré 310 millions d'euros de retombées économiques en 2016, soit l'équivalent de 2.000 emplois temps plein, créés ou conservés. Elle a aussi permis de relancer la réparation navale dans la deuxième ville de France, qui avait été mise à terre par la crise pétrolière et l'émergence de la concurrence asiatique.

L'opposition municipale veut une taxe de séjour pour les croisiéristes

Mais le boom de la croisière fait réagir l'opposition socialiste, qui a tenté de faire voter le 25 juin par le conseil municipal une taxe de séjour sur les croisiéristes.

Le chef de file de l'opposition socialiste au conseil municipal de Marseille, Benoît Payan, avait déposé vendredi 22 juin un amendement pour demander que les touristes qui débarquent dans le premier port de croisière de France paient une taxe de séjour au même titre que dans l'hôtellerie.

"Aucun euro n'est réclamé aux multinationales de la croisière qui bénéficient pourtant lourdement des infrastructures et services municipaux: office du tourisme, stationnements réservés, aménagements portuaires...", s'insurgeait l'élu.

L'amendement discuté le lundi suivant au prochain conseil municipal a été rejeté par la majorité Les Républicains. Dans un communiqué, le président du groupe socialiste s'insurge :

"C'est incroyablement injuste pour les Marseillais qui, non seulement paient pour les infrastructures des croisiéristes, non seulement subissent la pollution pharaonique de l'air par ces bateaux fonctionnant au fioul lourd, mais en plus compensent via leur taxe d'habitation ce manque à gagner!"

"Des non-fumeurs qui décèdent de pathologie respiratoire"

Selon l'élu socialiste, les recettes correspondantes auraient pu par exemple "servir à lutter contre la pollution atmosphérique qu'engendrent ces bateaux".

En juillet 2017, puis en septembre 2017, France nature environnement (FNE)  estimait le nombre de particules fines dans l'air jusqu'à 100 fois plus élevé à proximité du port qu'ailleurs dans la ville.

"Des gens non fumeurs de nos quartiers meurent de pathologie respiratoire", dit à Reuters Wilfrid Robion, le président de Cap au Nord, une association qui regroupe les habitants des XVe et XVIe arrondissements de la ville, qui souligne que les navires brûlent du "fioul lourd moins cher et dont personne ne veut. On n'est pas la poubelle de Marseille!"

L'amertume dans ces quartiers défavorisés est d'autant plus grande que les habitants ne bénéficient guère des retombées économiques générées par l'activité croisière.

"Les touristes, on ne les voit pas dans les quartiers Nord", dit le président de Cap au Nord.

Bordeaux va mesurer la pollution des bateaux de croisière

En avril dernier, "Le Parisien", dans un article sur la pollution des bateaux de croisière signalait que la ville de Bordeaux allait désormais mesurer la pollution atmosphérique notamment aux particules fines des grands navires de croisière qui accostent :

"Piscine, restaurants, sorties balcons, bars... à quai, ils doivent pouvoir continuer à couvrir leurs besoins en électricité à bord : « Or un paquebot pollue autant qu'un million de voitures, en termes d'émissions de particules fines et de dioxyde d'azote », explique Michel Bromel de France Nature Environnement (FNE). C'est ce qu'avait mesuré cette association, il y a trois ans, à Marseille, remarque le quotidien national.

Promesses des armateurs et des autorités portuaires

Si du côté de la municipalité phocéenne, on affirme "être vigilant", armateurs et direction du port de Marseille se sont engagés à réduire l'impact environnemental des navires à quai. Le groupe italien Costa, leader européen de la croisière, et le port vont notamment déployer des technologies de nettoyage des gaz permettant d'éliminer jusqu'à 97,1% du dioxyde de souffre et environ 90% des particules fines.

Le groupe Costa s'est engagé à déployer des navires propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL), dont le premier exemplaire à sortir des chantiers de construction finlandais, le Costa Smeralda, est attendu en avril 2019 à Marseille.

La compagnie italienne, dont les 27 navires sont la propriété du groupe Carnival, le plus important opérateur mondial de croisières, dit avoir déjà réduit d'un tiers la consommation d'énergie à bord de ses bateaux, qui représentent chacun l'équivalent d'une ville de 6.000 personnes.

Marseille déjà mobilisé sur l'arrêt des moteurs thermiques au port

Le port de Marseille a pour sa part été le premier en France à installer un système de branchement électrique pour les ferries, un dispositif qui pourrait être à terme utilisé par les navires de croisière pour passer du fonctionnement moteur à l'alimentation électrique "sans rupture de service" à bord.

Un "changement de paradigme" que le groupe Costa dit déjà avoir pris en compte avec une majorité des navires de sa flotte capable techniquement de se connecter électriquement à quai.

Sur le marché des croisières, Venise lève le pied

Leader français sur le marché de la croisière, Marseille a accueilli l'an dernier 1,486 million de passagers et en attend en 2018 1,75 million grâce à 513 escales assurées par 88 navires différents opérés par 31 compagnies.

Marseille a ravi la 4e place méditerranéenne sur le marché des croisières à Venise, qui a mis un frein au développement du secteur pour des raisons environnementales.

Selon les chiffres communiqués en mars 2017 par le Cruise Lines International Association France (CLIA France), l'Allemagne reste leader d'un marché européen en croissance de 3,4% en 2016, à 6,674 millions de passagers, devant le Royaume-Uni, l'Italie, la France et l'Espagne.

(Avec Reuters et AFP)

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a écrit le 09/07/2018 à 12:48 :
"....L'amertume dans ces quartiers défavorisés..." pas seulement, j'habite près de La Joliette dans la rue de la République et c'est étouffant. Quand on voit la couleurs des dépôts sur les vitres et ce qui rentre par les aérations on imagine bien ce qu'on respire!
a écrit le 08/07/2018 à 19:01 :
Ah, la question des bateaux de croisière, une vrai question "titanesque" !
a écrit le 08/07/2018 à 8:03 :
ILS SONT DES POLUEURS DES MERS . DES HLM FLOTTANT.
VOIR CES BATEAUX ME FAIT VOMIR
a écrit le 06/07/2018 à 8:22 :
Les "servitudes" d'un navire de la (très grosse) classe de paquebots de croisière "oasis" sont largement couvertes par un seul de ses Diesel, de quelques 12.500kW de puissance.
Soit l'équivalent de celle de 50 à 60 poids lourds routiers semi-remorque. En puissance, en consommation c'est un peu moins, du fait du rendement supérieur des Diesel marins.
Et le tout est - au moins un peu - dépollué.
On est donc très loin du "million de fois plus polluant" annoncé par les pleurnicheurs habituels.
Qui feraient mieux de s'intéresser aux grosses motos de la ville, dont un seul millier pollue beaucoup plus que le Symphony of he seas...
Réponse de le 06/07/2018 à 12:37 :
un camion brule du diesel
un bateau deu fuel lourd
soit ce que l on appele le fond du baril en raffinage
pour y avoir bosser 20 ans en raffinerie je vous garanti que ce n est pas la meme chose
maintenant il y a diferents type de fuel lourd
aux etats unis il est interdit a ces navires de bruler du fuel lourd hts haute teneur en souffre dans les eauc teritoriales US
les navires passent donc sur un combustible moins polluant quand ils accostent dans les ports us
on pourrais deja faire ca chez nous
Réponse de le 06/07/2018 à 12:39 :
un camion brule du diesel
un bateau deu fuel lourd
soit ce que l on appele le fond du baril en raffinage
pour y avoir bosser 20 ans en raffinerie je vous garanti que ce n est pas la meme chose
maintenant il y a diferents type de fuel lourd
aux etats unis il est interdit a ces navires de bruler du fuel lourd hts haute teneur en souffre dans les eauc teritoriales US
les navires passent donc sur un combustible moins polluant quand ils accostent dans les ports us
on pourrais deja faire ca chez nous
Réponse de le 10/07/2018 à 22:33 :
@cdepc : Sur ce chiffre, voyez l'infographie de "Courrier International" qui source "The Guardian" (deux journaux pas très portés sur les bobards, non ?)
L'infographie explique que 1 navire de taille moyenne consomme 150 tonnes de carburant par jour soit l'équivalent de la pollution de 1 million de voitures.

https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_940/public/assets/images/web_breve-pollution-bateaux.jpg?itok=Nb7vlac6

Mais votre doute m'a conduit à vérifier : et ça a l'air pire en fait. Dans cet (autre) article du Guardian, outre que la pollution aux particules fines sur le pont d'un navire de croisière est plus du double de celle du quartier le plus pollué de Londres (Piccadily Circus), on apprend que 30 navires de croisière polluent autant que TOUTES les voitures du Royaume-Uni.

https://www.theguardian.com/travel/2017/jul/03/air-on-board-cruise-ships-is-twice-as-bad-as-at-piccadilly-circus

Il faudrait sûrement aller encore au plus près des sources, des chiffres, mais ces articles sont pesés et vérifiés (en terme d'analyse de données, de "data journalism", le Guardian a la réputation d'être un précurseur)

Pour finir, un article bourré de chiffres, toujours du Guardian, daté de 2009 (comme quoi tout ça n'est pas nouveau, mais si on ferme les yeux bien fort -ce que je fais aussi- on réussit à échapper à bcp de remises en cause sur l'état dans lequel nous allons remettre la planète à nos descendants), article mis à jour en 2015 concernant le nombre de morts, précision macabre certes mais qui donne une idée de la qualité du suivi de l'information dans ce journal :
https://www.theguardian.com/environment/2009/apr/09/shipping-pollution

On peut lire en français sur le même sujet un article qui se conclut ainsi :
"Selon l’ONG Transport and Environment, environ 50000 morts prématurés en Europe sont imputables à la pollution atmosphérique maritime. Et des mesures simples permettraient de réduire de 80% à 90% cette pollution."

http://www.liberation.fr/terre/2015/07/24/les-bateaux-de-croisiere-geants-des-mers-bien-polluants-pour-l-air_1353082
a écrit le 06/07/2018 à 6:22 :
Comment comprendre qu'autant de gens desirent partir en vacances tous ensemble sur ces fers a repasser flottants ? L'instinct gregaire ?.
a écrit le 05/07/2018 à 23:46 :
Sans les croisiéristes, le centre commercial "les terrasses du port" et ses centaines d'emplois serait voué a la désertification. Idem pour les dizaines de restaurants de la zone du port... Si on rajoute l'activité portuaire directe de ces bateaux (pilotes, lamaneurs, avitailleurs) c'est plusieurs milliers d'emplois directs et encore plus indirects. C'est en outre un secteur économique qui donne une image positive de Marseille, certains ont la nostalgie de la French connection et préfèrent les Kalashnikov
Réponse de le 10/07/2018 à 21:58 :
@Marcal > comment dire que votre raisonnement "libéral" est débile : vous mélangez tout. Soit vous êtes maso soit vous êtes un possédant cynique. Vous habitez près d'un débarcadère ? Et votre paresse intellectuelle à imaginer des solutions pour lier prospérité raisonnable et santé pour tous est franchement désolante. On vous rappelle que dans un premier temps, la solution ce sont des branchements au réseau EDF dès l'amarrage. Un peu comme de demander aux cars de couper le moteur dès qu'ils stationnent en ville. Rien que ça, ça va aider. Pas vos éructations et vos raisonnements binaires genre "les anti-pollution préfèrent les kalach".... pfff
a écrit le 05/07/2018 à 18:30 :
La pollution générée par ces monstres de la mer et qui ne paient pas la taxe de séjour , est encore un profit de plus pour les armateurs déjà richissimes.
Le maire de Marseille , le vieux Gaudin ne se soucie guère des dégâts écologiques ....il s' en tout complètement car dans 2 ans il tire sa révérence !!!!
Réponse de le 06/07/2018 à 6:39 :
Si seulement s'était vrai que Gaudin tire sa révérence mais j'ai lu un article dans lequel il disait se représenter à 74 ans......On appelle de nos voeux une équipe dynamique, ambitieuses et soucieuse de la santé des marseillais. Ils ont réussi à nous hisser au 1er rang des villes les plus polluées de France.
a écrit le 05/07/2018 à 18:03 :
...et pourtant ce sont entre autre les français qui construisent ces catastrophes éconologiques. Pourquoi ne font-il rien et installent par exemples des filtres à particules comme ils sont obligatoire aux états-unis?
a écrit le 05/07/2018 à 16:51 :
Super ! Les croisiéristes seront enchantés d'aller dépenser leurs sous ailleurs.
Réponse de le 05/07/2018 à 18:51 :
Pourtant quand vous fait une croisière on vous facture des frais de séjour
Réponse de le 05/07/2018 à 20:59 :
Mieux vaut cela que mourir asphyxié
Réponse de le 06/07/2018 à 0:34 :
Gérard .Et alors .. pour du pognon ,dont je ne vois pas la couleur ..Et en plus on ponctionne mes impôts ?car ils ne payent pas de taxes . Je devrai dire oui.. oui.. laisser moi choper le cancer..!!! Vous n'habitez au regali vous ....
a écrit le 05/07/2018 à 13:58 :
"Promesses des armateurs et des autorités portuaires"

LREM: des promesses pour les pauvres et des privilèges pour les riches.
Réponse de le 06/07/2018 à 8:46 :
Vous avez mis deux lettres en trop, c'est LR qui gère la ville depuis des dizaines d'année ;)
Réponse de le 06/07/2018 à 10:01 :
Ok mais bon ça marche pour tous les partis au final...

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