Comment Paris et la Région veulent faire revenir les touristes d'affaires après la crise du Covid

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(Crédits : Reuters)
La capitale vient de lancer des "Assises du tourisme durable" et nommer le patron de Voyageurs du monde, Jean-François Rial, à la tête de l'Office du tourisme et des congrès. Objectif: préparer la reprise de l'industrie dès cet été. Le tourisme d'affaires, qui représente 50% de l'activité francilienne, y occupe d'ores et déjà une place de choix.

Frappée de plein fouet par la crise économique et sanitaire, l'industrie touristique parisienne prépare sa reprise. Avec 150 parties prenantes privées et publiques, la ville la plus visitée au monde vient de lancer des ''Assises du tourisme durable'' à travers sept groupes de travail : « Paris autrement », « flux / mobilité / transports », « transition écologique », « hospitalité / ville accueillante », « héritage événementiel », « emploi et formation » et « santé, gestion de crise et résilience ».

Un contrat régional de relance

« Nous voulons sortir des axes prioritaires et des propositions d'actions concrètes », a déclaré, lors d'une visioconférence le 25 mars, Corinne Menegaux, directrice générale de l'Office du tourisme et des congrès de Paris.
« Nous souhaitons un contrat territorial de relance à l'échelle de l'Île-de-France » a appuyé Frédéric Hocquard, adjoint (PS) d'Anne Hidalgo chargé du Tourisme et de la Vie nocturne.

La Ville veut tant mettre l'accent sur l'éco-responsabilité et l'environnement que lutter contre le sur-tourisme. Paris n'est pas au niveau d'Amsterdam ou de Barcelone, mais les locations meublées touristiques ont un effet « dévastateur ». « Il ne s'agit pas de les interdire, mais de les réguler plus fortement », a ajouté l'élu, annonçant une consultation des habitants en avril avant des résultats en mai.

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De la même manière que la capitale souhaite trouver des solutions de parkings pour les cars diesel, mieux utiliser le transport fluvial et travailler à des substitutions à l'avion comme le train de nuit. « Il nous faut travailler sur des séjours plus longs et de qualité, sur un autre tourisme, un tourisme plus accueillant », a poursuivi Frédéric Hocquard, citant le patron de Voyageurs du Monde, Jean-François Rial, nommé, le 24 mars, président de l'Office du tourisme et des congrès de Paris.

Première destination mondiale des congrès internationaux

« 50% du tourisme vient du tourisme d'affaires. Nous voulons continuer à être la première destination des congrès », a également insisté le maire-adjoint chargé du Tourisme, évoquant des remises sur les concessions et les loyers pour soutenir les professionnels.

« Le tourisme d'affaires est un pivot essentiel de la relance de l'attractivité touristique. La région est la première destination mondiale des congrès internationaux », confirme Hamida Rezeg, vice-présidente (Libres !) du conseil régional d'Île-de-France chargée du Tourisme.

Sans attendre la Coupe du monde de rugby (à l'automne 2023) et des JO (été 2024), l'élue aimerait que l'Etat « s'engage pour que les événements reprennent au plus vite avec un protocole unique ». D'autant que selon les chiffres du conseil régional, 700 salons et congrès ont été annulés depuis le début de la crise de la Covid-19, alors qu'en temps normal, la filière génère 22 milliards d'euros de chiffre d'affaires global et 6 milliards d'euros de retombées économiques pour le territoire.

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2021 « aussi sombre » que 2020 ?

« L'année 2021 s'annonce aussi sombre que 2020 », prévient, de son côté, la Chambre de commerce et d'industrie Paris Île-de-France dans une note publiée le 12 mars. D'après ces données, au premier trimestre 2021, 85 salons ont été contraints d'annuler leur édition physique, dont seuls 47 transposés en version digitale. 15 autres prévus entre avril et décembre ont également renoncé. Soit au total 100 salons depuis le 1er janvier dernier.

« Ces alternatives digitales permettent aux organisateurs de maintenir un contact avec leurs clients et constituent une opportunité de visibilité pour les exposants [mais] génèrent infiniment moins de retombées économiques » écrit la CCI francilienne.
« Les dépenses liées aux séjours des exposants et visiteurs sont nulles (transport, hôtels, restaurants, shopping, sorties culturelles...). Celles liées à l'organisation du salon sont quant à elles bien moindres dans la version digitale », précise encore la note.

Une partie essentielle de l'attractivité de Paris

« Nous travaillons avec les acteurs du quotidien pour porter des messages communs et trouver des solutions économiques et des actions de promotion », affirme la directrice générale de l'Office du tourisme et des congrès de Paris. En intra-muros, les hôtels sont par exemple occupés à 15-20% si bien que l'adjoint Frédéric Hocquard espère « un peu plus de retour dès cet été et septembre ».

« Nous souhaitons que le voyage d'affaires soit reconnu comme étant une partie essentielle de l'attractivité de Paris » réagit, pour La Tribune, le directeur général de Viparis (Villepinte, palais des congrès, porte de Versailles, Le Bourget, espace Grande Arche...).

« Si nous partageons les problématiques identifiées par la Ville, nous considérons que c'est à l'échelle de toute la destination, au-delà du périphérique donc, que les enjeux doivent être traités », poursuit Pablo Cerutti.

Des parcours culturels, gastronomiques et sportifs

Le conseil régional et la Ville tombent d'ailleurs d'accord sur une meilleure répartition du tourisme à l'échelle de la métropole du Grand Paris voire de la région. Le parisien Frédéric Hocquard rêve ainsi d'un « meilleur équilibre Est/Ouest des retombées économiques ». De la même façon qu'Hamida Rezeg revendique la création de parcours culturels, gastronomiques et sportifs partout en Île-de-France depuis son élection au conseil régional en décembre 2015.

« Nous avons le musée de la grande guerre à Meaux, la cité médiévale de Provins, les châteaux de Vaux-le-Vicomte, de Fontainebleau, la cité de Barbizon, la maison de Cocteau à Milly-la-Forêt, les peintures de Renoir à Chatou... » conclut-elle.

A titre de comparaison et au regard des informations du Comité régional du tourisme, seuls 9,4 millions de touristes ont visité la capitale et sa région au premier semestre 2020, contre 23,7 millions sur la même période en 2019.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2021 à 9:33 :
Vous devriez faire une loi pour obliger les parisiens à sourire, cela attirerait plus les touristes et nous permettrait plus de profiter de cette dystopie en marche.
a écrit le 27/03/2021 à 13:03 :
ce n'est le tourisme la principal préoccupation
mais bien la production industriel
et tans que ceci ne sera pris au sérieux la deconstruction continueras
et le tourisme ne sera qu'une partie mineur du redressement de la france
on attend toujours le plan de relance de m macron
qui visiblement est passe a trepas
Réponse de le 27/03/2021 à 18:19 :
Mais non faut pas s'en faire ,les touristes restent à demeure et ils en arrivent tous les jours . Certe beaucoup font du camping . Pour les hôtel c'est un manque à gagner , on peut pas tout avoir .
a écrit le 27/03/2021 à 1:11 :
Le tourisme "durable", ce sont -par exemple- les ouvriers nords africains qui vont récolter nos champs d'asperges (ou autres productions). Les touristes conso-gaspilleurs sont un de ces reliquats du passé à oublier rapidement si on veut donner des chances à l'Humanité de survivre au 22e siècle.

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