Des compagnies françaises alertent l'Etat sur les dangers du projet low-cost d'Air France

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Dans une lettre ouverte au ministre des Transports Frédéric Cuvillier, XL Airways, Air Méditerranée et Europe Airpost expliquent que le projet d'Air France de développer fortement Transavia menace le pavillon privé français. Ils rappellent que Transavia n'a jamais gagné d'argent depuis sa création. Son renflouement par Air France, dont l'Etat détient une participation leur pose problème./

XL Airways, Air Méditerranée et Europe Airpost, trois compagnies aériennes françaises, spécialisées sur le marché loisirs, tirent à nouveau la sonnette d'alarme sur les dangers de Transavia France, la filiale mi-charter-mi low-cost d'AirFrance appelée à quasiment tripler sa flotte d'ici à 2015. Dans une lettre ouverte au ministère des transports Frédéric Cuvillier, elles alertent le ministre « sur le danger imminent que fait peser sur l'emploi de nos entreprises le volet Transavia du plan Transform 2015 (le plan de restructuration, ndlr) ». Antoine Ferretti, Président d'Air Méditerranée, Jean-François Dominiak, PDG d'Europe Airpost et Laurent Magnin, PDG de XL Airways, soulignent que le pavillon français sur le segment court et moyen-courrier loisirs est constitué aujourd'hui de 5 compagnies, dont Transavia, et représente une quarantaine d'avions et que le plan d'Air France d'augmenter de 14 avions la flotte de Transavia d'ici à 2015 conduirait à accroître de plus de 35% l'offre globale d'un secteur déjà presque saturé par l'arrivée en France de compagnies basées dans les pays émergents de l'Europe ».

2000 emplois

Ils n'ont rien contre la libre concurrence dans un cadre normal de compétition », mais ils dénoncent une concurrence déloyale de la part Transavia, qui n'a jamais enregistré un seul bénéfice depuis sa création en 2007 et qui « ne doit sa survie qu'u renflouement permanent de son actionnaire unique, Air France, dont l'Etat est actionnaire à hauteur de 15,8% (l'Etat est en fait actionnaire d'Air France-KLM, dont le groupe Air France est une filiale à 100%, ndlr) ». «La destruction du pavillon privé français par une entreprise dont l'Etat est actionnaire, même minoritaire », pose problème. Accepter la montée en puissance d'un outil rentable depuis sa création, pérennisera peut être provisoirement des emplois du groupe Air France , mais détruira ceux du pavillon privé français», expliquent les trois compagnies, qui rappellent au ministre qu'elles pèsent « 2000 emplois en France ».

L'une des raisons pour laquelle Transavia n'a jamais gagné d'argent en cinq ans, malgré la faiblesse de ses coûts, réside justement dans son actionnariat. La compagnie ne peut pas ouvrir les lignes qu'elles souhaitent pour ne pas faire de l'ombre à Air France.
 

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a écrit le 01/06/2012 à 7:22 :
Il faut plusieurs opérateurs dans le ciel français , qu ils soient charter ou réguliers ; les compagnies citées travaillent tous les jours dans des domaines différents et amènent des solutions adaptées aux besoins des voyagistes et autres clients .Ces compagnies occupent des segments de marché essentiels aux régions , au tourisme et représentent de nombreux emplois . La pluralité est essentielle !
a écrit le 01/06/2012 à 4:06 :
Low-Cost = Bas-Coûts
Réponse de le 01/06/2012 à 10:37 :
Bas-coûts = bas salaires + précarité . Vive le progrès !
Réponse de le 04/06/2012 à 11:25 :
Je suis désolé, je suis PNC dans une compagnie à bas coût et je m'estime très bien traité. Le seul hic c'est les CDD qui sont un peut longs, mais le salaire compense
Réponse de le 25/02/2013 à 17:01 :
Pouvez-vous m'éclairer sur les avantages ds votre compagnie (conditions, salaires,...etc...). J'ai un entretien chez XL Airways le mois prochain en tant que PNC. Trucs ou astuces?
Merci de me répondre.
a écrit le 31/05/2012 à 23:07 :
C'est la concurrence, mon coco!
a écrit le 31/05/2012 à 15:54 :
Bis repetita placent. C'est la deuxième fois que ce groupe de Compagnies, qui ne sont liées par rien, car leurs modèles respectifs sont très différents, s'insurgent et font front contre une pourtant très timide volonté de rentrer dans la logique du LCC, avec les mêmes arguments dépassés. Quant à Air France, elle a raté le coche à plusieurs reprises. Au lieu de s'évertuer à neutraliser toute velléité de concurrence en rachetant Britair puis Régional, en les engloutissant dans sa structure, elle aurait pu utiliser une de ses compagnies en la transformant en authentique Low-Cost et en faire un outil de conquête. Manque de courage pour affronter les corporatismes et étroitesse de vue. Air France aura beau fêter ses 80 ans en 2013, triste anniversaire d'ailleurs pour une compagnie cacochyme, le transport aérien français est loin d'atteindre le degré de maturité nécessaire à l'époque.
a écrit le 31/05/2012 à 15:32 :
Transport low-cost pour des "vacances low-cost", hôtels ou résidences "low-cost", nourriture "low-cost", des activités "low-cost"pour un plaisir... "low-cost" mais déjà trop cher payé.. "Low-cost", le synonyme c'est pas "m....." par hasard?
Réponse de le 31/05/2012 à 16:42 :
Bravo pour votre synthèse... vous êtes dans le vrai!
Merci de m avoir fais sourire alors que cette journée qui passe est...low-cost!
Réponse de le 01/06/2012 à 4:08 :
Merci de m'avoir faiT?
a écrit le 31/05/2012 à 13:33 :
Trop compliqué à comprendre pour l'équipe gouvernementale actuelle...
Réponse de le 31/05/2012 à 14:05 :
Votre mépris vous décrédibilise. Expliquez-nous, précisément, en quoi l'ancien gouvernement agirait mieux dans cette affaire?

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