Emirates condamnée à limiter sa croissance en France

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Emirates assure moins de 5 vols par jour en France contre 7 en Italie, 9 en Allemagne et 12 au Royaume-Uni
Emirates assure moins de 5 vols par jour en France contre 7 en Italie, 9 en Allemagne et 12 au Royaume-Uni
Après une très forte augmentation de ses capacités depuis 2011, l'offre en sièges de la compagnie de Dubai en France ne progressera que de 5% en 2014 faute d'autorisations supplémentaires de Paris.

En 2014, ce sera la première fois depuis une dizaine d'années que la croissance des capacités d'Emirates en France sera aussi faible. Seuls 5% de sièges supplémentaires seront en effet commercialisés entre la France et Dubai. Une paille par rapport aux 18% de 2013, et aux 75% cumulés en 2011 et 2012. Ayant atteint dès décembre 2012 son quota de vols autorisés par l'accord bilatéral entre la France et les Émirats arabes unis signé début 2011, la compagnie du Golfe ne peut grossir en dans l'Hexagone qu'en ajoutant des avions de plus grande capacité.

Trois vols par jour au départ de Paris en A380

Le dernier des trois vols quotidiens entre Paris et Dubai sera, comme les deux autres, assuré en Airbus A380 et non plus en B777. Ceci à partir de juin 2014. Sur la liaison au départ de Lyon, ouverte il y a un an, l'A340 assurant les 5 vols hebdomadaires sera remplacé en février prochain par un B777 de plus grande capacité. A Nice, c'est un B777 de plus grande capacité que l'actuel qui exploitera le vol quotidien. Mais Emirates ne veut pas se contenter d'une croissance aussi modérée. Les ambitions que traduit son carnet de commandes d'avions colossal, ne l'y autorise pas.

"Nous demandons la possibilité de passer en vol quotidien sur Lyon et de desservir en quotidien une autre ville française", explique Thierry de Bailleul, le nouveau directeur général France d'Emirates, un transfuge d'Air France, citant "Marseille, Toulouse et Bordeaux"."Il n'y a pas de réponse favorable. Le dossier est un peu refermé, mais il est toujours sur la table », précise-t-il.

Les autorités françaises sont en effet réticentes, pour l'heure, à accorder, de nouveaux droits de trafic aux compagnies du Golfe (Qatar Airways en demande également) en raison des difficultés d'Air France, en pertes depuis six ans, laquelle demande depuis des années aux différents gouvernements d'arrêter de donner des vols supplémentaires aux transporteurs du Golfe.

Un argument repris ce lundi par le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), qui accuse "les compagnies du Golfe de détruire lentement mais sûrement, le tissu industriel européen du transport aérien qui représente en France plusieurs centaines de milliers d'emplois directs". Emirates répond qu'elle a embauché 700 Français (100 en France) dont 74 pilotes.

Afin de donner du poids à ses demandes de droits de trafic, Emirates assure qu'elle contribue à hauteur de 200 millions d'euros par an à l'économie française. Un chiffre qui n'inclut pas les achats d'Airbus, dont Emirates est l'un des principaux clients avec sa commande de140 A380 et de 70 A350. En 2013, la compagnie a transporté 1 million de passagers entre Dubaï et la France, en hausse de 15 à 20%.

Un dossier très complexe

Le dossier des droits de trafic est extrêmement compliqué. Il faut d'une part convaincre l'Etat français du bien fondé d'un accroissement des vols et d'autre part englober l'ensemble des Emirats arabes unis dont deux autres ont des compagnies aériennes (Abu Dhabi, Sharjah). Ensuite, ce dossier va bien au-delà des services aériens entre la France et Dubai.

Si Air France rappelle que le trafic sur cette route ne justifie pas de vols supplémentaires dans la mesure où les avions sont essentiellement remplis de passagers prenant une correspondance à Dubai pour aller ailleurs en Asie, les Emirats portent les discussions à un niveau supérieur. Pour eux, la négociation de droits de trafic supplémentaires est un sujet commercial plus global. C'est pour cela, que toute négociation avec les Emirats sont tendues et que le Quai d'Orsay est impliqué dans les discussions.

Lors des dernières discussions début 2011, Paris avait eu des assurances des Emirats sur une commande de Rafale, qui n'a toujours pas été signée depuis.

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Commentaires
a écrit le 27/12/2013 à 16:19 :
on transfere le siege social a monaco,le personnel a jersey les avions loues en irlande ,et voilà j ai sauve air france !!
a écrit le 18/12/2013 à 13:04 :
Et allez hop ! un p'tit coup de journaLEUSME... Dans le même article, on écrit "protection", et la VRAIE raison: "bi-latéral". Cette approche, aussi vieille que le transport aérien, vise à EQUILIBRER les échanges. Que peut dire Emirates, face à l'argument d'Air France: "ce trafic n'est pas du France/Dubaï, mais est d'une autre nature" ? Rien. Le concept même d'une dissymétrie de l'offre en jouant sur la capacité des avions, est discutable. S'il ne s'agissait pas d'Emirates mais de n'importe quel pays, le processus serait strictement le même, mais on n'en parlerait pas; tellement CETTE compagnie sait "faire du O'Leary dans la communication". Le Golfe (hormis des approches extrêmement subjectives, telles que service et/ou duty free) n'est absolument PLUS pertinent, ni pour les européens, ni même pour les américains: les avions modernes ont des rayons d'action qui permettent d'aller loin, SANS escale. Dès lors, les compagnies du Golfe, gavées de pétro-dollars, recherchent LE client marginal par tout moyen. Quitte à vouloir bousculer un ordre établi depuis... des décennies et qui a prouvé sa pertinence; à tel point que d'autres pays ultra libéraux ne l'ont mis en cause...
Réponse de le 19/12/2013 à 7:45 :
Chiche, on ne prend que le trafic de point-à-point pour accorder les droits de trafic. Mais si on fait ça, KLM n'aura plus grand chose...
a écrit le 18/12/2013 à 10:14 :
Et pourquoi pas un peu de protectionnisme ? La cie AF ( ce n'est plus la cie nationale, il faut le rappeler, l'étant étant minoritaire dans le capital ) doit être protégée un minimum car elle représente des centaines de milliers d'emplois directs et indirects. Difficile effectivement de lutter avec les cies du golfe, qui n'ont pas les contraintes d'AF, aussi bien en terme de coûts salariaux, d'achat de carburant ou de facilités financières .
a écrit le 18/12/2013 à 9:31 :
La qualité et les services abord d' Emirates sont d'excellentes sans compter le prix du billet.
Tandis qu'chez Air France ne parlons pas de prix du billet et la qualité et les services sont
médiocres.C'est pour cela Emirates a transporté plus de 1million de passagers.
a écrit le 17/12/2013 à 23:36 :
Quand Emirates payera le carburant au même tarif que Air France nous pourrons en reparler.
Réponse de le 18/12/2013 à 7:31 :
on peut rajoute aussi les salaires ,le temps de travail;
et soyons fou la democratie.
a écrit le 17/12/2013 à 20:33 :
Voyageant assez souvent sur Emirates depuis Paris, je trouve leurs avions peu remplis en tout cas en classe éco, ceci jusqu'à Dubaï voire même au delà...Lors de mon dernier voyage on m'a même proposé de la Business Class à prix cassé quelques jours avant mon départ !
a écrit le 17/12/2013 à 18:16 :
Eh oui, socialisme quand tu nous tiens, une société qui fonctionne et qui se développe ... hop des bâtons dans les roues ... Espérons que le retour de bâton pour Air France sera à la hauteur de préjudice d'Emirates.
Réponse de le 17/12/2013 à 20:19 :
Mais de quoi parlez-vous? Que vient faire le socialisme là dedans? (Je ne suis absolument pas socialiste au passage). Ce n'est pas une question de gauche ou droite mais une question de bon sens. Quand on a une compagnie nationale en difficultés, fleuron industriel, on se doit de la soutenir un minimum.
C'est ce que fait les EAU avec Emirates, alors pourquoi en France nous n'aurions pas le droit d'en faire de même avec Air France.
Il faut faire un choix, soit on casse Air France en donnant des créneaux à Emirates, soit on protège AF un minimum. Permettez moi de préférer protéger une société française qui permet directement et indirectement de faire vivre plus de 300 000 personnes...
Réponse de le 18/12/2013 à 6:54 :
Pour souhaiter protéger et défendre une compagnie déficitaire chronique, vous devez avoir un petit fond de socialisme en vous ... Et c'est bien la triste mentalité de la France, on préfère défendre Air France qui ne rapporte rien, licencie, coûte, ... Plutôt que d'aider une compagnie qui apporte quelque chose ...
Réponse de le 18/12/2013 à 9:38 :
Air France ne rapporte rien? Son activité génère juste presque 2% du PIB français. Mais c'est pas grand chose, c'est vrai.
Si Air France licencie, ce n'est pas plaisir. C'est parce que dans les années 90, Air France était l'entreprise qui servait pour l'État à faire baisser le chômage. Donc sureffectif aujourd'hui.
Et Air France ne coûte rien au contribuable...
Si Air France est dans cet état, ce n'est plus de sa faute. Mais celle de l'État, de ses taxes et de ses impôts!
Réponse de le 18/12/2013 à 9:39 :
Conclusion, renseignez vous sur Air France et on en reparle après.
Réponse de le 18/12/2013 à 10:01 :
Euh, je suis d'accord avec vous sur la taxation excessive qui pèse sur AF et le pavillon français. De là à dire que si AF est dans cet état ce n'est pas de sa faute est pour le coup un peu aventureux...
Réponse de le 18/12/2013 à 18:20 :
Si Air France est dans cet état ce n'est pas de sa faute ... N'en dites pas plus, on a compris votre méconnaissance du sujet ...
Vous êtes sur que ce n'est pas la faute de la neige ou du vent?
Réponse de le 18/12/2013 à 23:42 :
Je n'ai pas écrit "pas de sa faute" mais "plus de sa faute". Il y a une nuance. Parce qu'à l'heure actuelle, Air France fait tout ce qu'elle peut pour remonter la pente. Et si elle a tant de mal, ce n'est PLUS de sa faute mais bien celle de l'État, des taxes, des impôts et des charges. Sans cela, Air France aurait des centaines de millions d'euros supplémentaires disponibles chaque année, qui lui permettraient de rembourser sa dette, d'investir dans de nouveaux appareils et dans bien plus de nouvelles lignes.
Réponse de le 20/12/2013 à 7:08 :
Et comment se fait-il que d'autres compagnies payant les même taxes savent s'en sortir? Si elle avait un buisness plan viable, tout ce que vous citez ne serait pas un problème ... mais encore faut il avoir une vision d'avenir, un personnel qui souhaite voir perdurer sa compagnie (on en doute lorsqu'on voit que les passagers seront une fois de plus pris en otage ce samedi ...), un personnel compétant, ...
Réponse de le 24/12/2013 à 16:12 :
AS: ce n'est jamais de sa propre faute , ben voyons. A.F a reçu plus de 6 milliards d'euros en aide, recapitalisation depuis sa création. Ce chiffre est disponible sur le site du sénat.
Expliquez-moi comment fait Lufthansa pour s'en sortir alors qu'elle possède la plus grande flotte long courrier en A340, gourmande en carburant.

C'est pénible de toujours entendre A.F se plaindre alors qu'elle devrait faire en sorte d'être plus efficace et avoir des dirigeants mieux inspirés.

Je me souviens du CDG-DXB en A380 par A.F, quelle belle connerie, çà n'a pas duré longtemps.
Ce n'est pas Emirates le concurrent le plus sérieux mais les compagnies low-cost qui ont, structurellement des coût de fonctionnement bien inférieur à A.F dans le cour-courrier.
a écrit le 17/12/2013 à 18:15 :
Eh oui, socialisme quand tu nous tiens, une société qui fonctionne et qui se développe ... hop des bâtons dans les roues ... Espérons que le retour de bâton pour Air France sera à la hauteur de préjudice d'Emirates.
a écrit le 17/12/2013 à 18:07 :
Et ouais, faut racheter l'OM et puis on peut discuter pour les créneaux aériens
a écrit le 17/12/2013 à 17:27 :
Apparament Mr Fabrice Gliszczynski est le nouveau porte-parole d'émirates... combien d'articles sur cette compagnie....
a écrit le 17/12/2013 à 17:02 :
"Emirates assure qu'elle contribue à hauteur de 200 millions d'euros par an à l'économie française..."
Merci mais on ne fait pas l'homone....enfin pas encrore...
Réponse de le 17/12/2013 à 20:16 :
D'autant plus quand on sait qu'Air France contribue à l'économie française à hauteur de plus de 26 Milliards par an...
Il serait peut-être temps qu'on a fasse à nos fleurons... (Je ne suis pas protectionniste loin de là...)
Réponse de le 20/12/2013 à 7:11 :
AS, des sources? Des sources m'étant surtout en exerce ces pseudos 26M€ contre ce que coûte à la France ces 10 000 suppression de postes, plus tout le reste ... Et pourquoi soutenir une compagnie qui a pratiqué du dumping social?
a écrit le 17/12/2013 à 16:50 :
Etihat a choisi une autre solution pour la France. Elle a acheté la société Suisse Darwin qui va s'appeler dorénavant Etihat Express et elle va proposer des vols depuis la France à Genève afin d'acheminer les gens à Abu Dhabi et plus loin. Merci à Etihat de créer de l'emploi à Genève et en Suisse.

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